Sortie du Kankourang : l’arrêté préfectoral qui fache la communauté mandingue
La collectivité mandingue de Mbour a exprimé sa vive déception après l’arrêté préfectoral autorisant l’organisation du Kankourang, cérémonie classée patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO depuis 2008, par des personnes non garants de la tradition. Le préfet a permis à des non-initiés d’organiser leur cérémonie, au grand dam du bureau de la collectivité mandingue.
Le secrétaire général de la collectivité mandingue, assure avoir "reçu avec beaucoup d’amertume" la décision du préfet.
"J’ai aussitôt appelé le préfet pour accuser réception, mais aussi pour lui exprimer ma déception", a-t-il confié, rappelant que l’autorité administrative "demeure seule compétente pour faire respecter les lois et règlements".
Ce que dénoncent surtout le secrétaire général, c’est d’avoir été conviés à participer à une commission dont l’avis a tout bonnement été ignoré.
"Si nous avions su que la décision finale irait à l’encontre de nos recommandations, nous nous serions abstenus de désigner des représentants. Nous ne voulons pas être des faire-valoir", dit-il.
Tout en réaffirmant leur attachement au respect de la légalité républicaine, ils annoncent que le Conseil des sages rendra prochainement un avis officiel sur la question.
Depuis deux ans, la collectivité mandingue se mobilise contre ce qu’elle qualifie de "banalisation, folklorisation et profanation" du Kankourang. Pour elle, cette cérémonie n’est pas un simple spectacle :
"Le Kankourang n’est pas seulement une sortie dominicale. Derrière, il y a les leuls, avec des chants, des enseignements et une dimension ésotérique qui ne peuvent être transmis que par des initiés", explique M. Diop.
Il dénonce la prolifération récente de cérémonies organisées par de jeunes non-initiés.
"Comment des garçons de 35 ans peuvent-ils prétendre diriger des leuls alors que, malgré plus de 70 ans, certains d’entre nous n’y ont toujours pas accès ?", se demande-t-il.
La collectivité mandingue rappelle que le Kankourang a été introduit à Mbour en 1904 et qu’il a toujours été géré exclusivement par les Mandingues jusqu’en 2023, avant la multiplication de pratiques parallèles.
"Notre responsabilité, confiée par nos ancêtres et reconnue par l’UNESCO, est de préserver l’authenticité du Kankourang pour les générations", déclare Mamadou Aidara Diop.
Commentaires (4)
Merci beaucoup le prefet ! la liberté d'association et d'organisation est garantie par la constitution !
Des profitards qui n attendent que se moment pour de remplir les proches Au lieu d Aller travailler
La communauté mandingue de Mbour a vendu sa culture depuis LOOONGTEMPS. Si tu as de l'argent, tu peux tout obtenir de cette communauté. Ils ne croient qu'à l'argent.
Beaucoup sont devenus "Sélbés" juste parce qu'ils ont de l'argent.
Les Paa Ibrahima Faye aujourd'hui décédé, Khadim Tabet, Malick Camara Ndiaye, Sarr Moussa et bien d'autres sont entrés dans la communauté socé par la porte de l'argent. C'est ça la Vérité.
Alors laissez Paa Cissé faire tranquillement son Kangkourang. Il est plus socé que vous.
Nous attendons avec impatience la sortie du Kangkourang.
Coach Titan, Zackaria, Laye Ndiaye, Max Sonko 🤣😂😂😂🤣
un heritage se conserve,un prefet doit absolument connaitre la base culturelle de sa ville des son implantation.
sa decision est une insulte a la communaute.
Aidara depose un recours et qu;une marche pacifique soit organisee.
Ils sauront la portee derriere cet engoument. Mandinka ya Alamouta.
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