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Autosuffisance en riz : Tambacounda et Kédougou se dotent d’un cadre de concertation

Auteur: APS

Autosuffisance en riz : Tambacounda et Kédougou se dotent d’un cadre de concertation

La zone agro-écologique du Sénégal oriental regroupant les régions de Tambacounda et Kédougou a mis en place jeudi, son comité local de concertation sur le riz (CLCR) et une Task Force composée de 14 membres représentant l’essentiel des acteurs qui interviennent dans la production du riz, a constaté l’APS.

La mise sur pied de cette instance sous l’égide du directeur régional du développement rural (DRDR), Pierre Diouf, s’est effectuée en présence d’un représentant du ministère de l’Agriculture, Cheikh Thioune, qui sera le principal interlocuteur du département de l’Agriculture dans le cadre de son Programme national d’autosuffisance en riz (PNAR).

Lancé en 2008 dans un contexte de crise alimentaire, le PNAR avait comme objectif d’atteindre une production d’un million de tonnes de riz à l’horizon 2012.

Dans l’entendement du ministère de l’Agriculture, les producteurs et acteurs privés doivent être ‘’à forces égales’’, au sein du cadre local de concertation sur le riz (CLCR), a laissé entendre Cheikh Thioune à l’ouverture d’un atelier de lancement au cours duquel cette structure a vu le jour.

La Task-Force (comité technique restreint) du CLCR est composée, entre autres, des DRDR de Tambacounda et Kédougou, de l’ANCAR, de Bamtaare (pour la Sodefitex) des deux antennes du PAPIL dans les deux régions, de la Fédération des GPF de Kédougou, de la Fédération des riziculteurs de Kédougou, de l’Association des riziculteurs de Gouloumbou, de l’Association des riziculteurs de Bakel, du service régional de commerce de Tambacounda.

L’esprit de cette démarche consiste à ‘’rechercher la complémentarité, la synergie et à éviter les duplications (entre les différents acteurs) afin de concrétiser le PNAR au niveau local’’, a expliqué Souleymane Diouf, consultant et facilitateur de la rencontre.

Il s’agit de corriger un ensemble de ‘’manquements’’ qui empêchaient une efficacité et une efficience du programme dans les zones où il devait s’implanter, a-t-il expliqué, ajoutant que les autorités se sont rendu compte que malgré le lancement depuis 2008 du PNAR, la production rizicole n’a pas encore atteint le niveau souhaité.

La mise en place de ces cadres dans trois zones agro-écologiques où se pratique la riziculture, le Nord (vallée du fleuve Sénégal), le centre (régions de Fatick et Kaolack), l’Est du pays (Tambacounda et Kédougou) est une recommandation issue de la rencontre sur la redynamisation du PNAR qui a eu lieu du 22 au 24 septembre, à Dakar.

Pour Thioune, le transfert de ce ‘’programme phare’’ aux producteurs locaux permettra à chaque région d’élaborer sa politique rizicole, en fonction de ses spécificités. Cette approche devrait favoriser une allocation des ressources plus efficiente. ‘’Notre (le ministère de l’Agriculture) position à Dakar, sera celui d’arbitre’’, a-t-il indiqué.

Le Cadre local de concertation sur le riz aura six tâches principales, qui consisteront, entre autres, à cartographier tous les acteurs de la chaîne de valeur riz à l’échelle locale, répertorier les différentes interventions en cours et futures, y compris leurs zones, sources de financement ainsi que leur horizon temporel.

La Task Force devra également travailler à l’appropriation au niveau local des priorités nationales en matière de riziculture. Elle devra, vers fin novembre, définir lors d’une ‘’semaine de travail’’, les gaps (écarts) existant entre la situation sur le terrain et les priorités.

Après avoir réalisé tout ce travail, l’instance devra relayer l’information, à la coordination nationale du PNAR, afin de parvenir à des actions concrètes.

Les trois objectifs recherchés sont ainsi d’atteindre une meilleure connaissance des acteurs et de leur intervention, une facilitation de l’harmonisation des interventions pour une meilleure synergie, et enfin, une meilleure coordination aux niveaux local et national.

Cinq principaux problèmes ont été identifiés lors de la rencontre de Dakar, selon M. Thioune. Il s’agit du manque d’équipement adéquat, de la mise à disposition de semences adaptées, et d’engrais, du manque de crédit, des difficultés d’adéquation des aménagements.

Certaines de ces difficultés ont été déplorées par les femmes productrices de riz présentes, qui ont exprimé leur besoin en décortiqueuses, motofaucheuses et la mise en place à temps des engrais.

S’accordant tous sur l’existence d’un potentiel dans la zone en matière de riziculture, avec la disponibilité de terres et d’eau, les acteurs de la filière ont estimé que le Sénégal oriental pourrait contribuer à l’autosuffisance en riz, si des solutions étaient trouvées à ces problèmes.

Auteur: APS
Publié le: Jeudi 27 Octobre 2011

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