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Archive 2006 Méga-réflexion pour méga-problème...

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Méga-réflexion pour méga-problème... Posté le : 20 juil. 2001, 11:13
Une leçon d'histoire, une leçon de sociologie, une leçon de philosophie, une leçon d'humanisme,..., le professeur O. Kane n'a rien laissé au hasard dans sa contribution parue dans le quotidien sénégalais "Le Soleil" du 17 juillet 2001.A vrai dire,il était tant que les intellectuels, à défaut des politiques, remettent à l'ordre ces fonctionnaires de l'ambassade de France au Sénégal,trop bornés, arrogants, méprisant les règles élementaires de la diplomatie, se croyant tout permis avec ceux qui leur offre l'hospitalité .Et pourtant ceux qui servent dans les consulats de France dans les autres pays européens sont en général,très conscienceux et serviables. Grand paradoxe pour une nation qui aime chanter les vertus de l'humanisme. Alors quelques minutes pour lire et réagir à cette très pertinente lettre ouverte de O. Kane,chef du département de philosophie de l'universite Cheikh Anta Diop de Dakar. L'insolite ---------------------------------------------------------------------------------------------------- Lettre ouverte à l'Ambassadeur de France au Sénégal: Que fait encore la France au Sénégal ? EXCELLENCE, au moment où le Président de la République, Me Abdoulaye Wade vient d'achever à Paris une visite officielle pendant laquelle ont été magnifiées " l'étroitesse et l'excellence des liens " entre nos deux pays, souffrez que, au rebours des usages diplomatiques auxquels vous êtes plus habitué, je vous pose à contre-courant une question brutale. La question est la suivante : que fait encore la France au Sénégal ? Je partirai d'un fait simplement anecdotique. Père d'un élève en classe de Première sélectionné par son lycée, avec cinq autres jeunes sénégalais pour assister, dans le cadre des Ecoles Associées de l'UNESCO, à la " Rencontre internationale de la Fraternité : le sport au service de la culture et de la paix " qui se tenait à Dinard et Saint-Malo, en France, du 12 au 17 juin 2001, j'ai été étonné de voir avec quel acharnement vos services consulaires ont tenté, jusqu'au dernier moment, de leur refuser un visa. Malgré la lettre officielle de la Commission Nationale Française pour L'UNESCO, datée du 16 mai 2001 à Paris, confirmant l'invitation et la prise en charge intégrale pour le voyage comme pour le séjour de ces jeunes, dont le plus âgé n'a pas encore dix-sept ans et le plus jeune à peine quatorze, malgré les coups de fil et les fax des autorités françaises de tutelle et les multiples démarches de leurs homologues sénégalaises, l'Ambassade de France à Dakar a multiplié les tracasseries de toutes sortes au point de ne laisser partir la délégation que le mercredi 13 juin au soir, qui arrivera donc à Saint-Malo trois jours après l'ouverture de la rencontre et deux jours avant sa clôture ! Mais le plus incompréhensible, c'est qu'en plus des justifications officielles, on aura tout demandé : une autorisation de délégation parentale au profit de la personne chargée d'encadrer la délégation et une autorisation de voyage à l'intention des autorités consulaires, signées par le père, le tout " certifié conforme " dans un commissariat de police. Puis convoqués à la Commission nationale du Sénégal pour l'UNESCO le mercredi 13 juin à 10 heures pour un " briefing " (j'ai cherché l'équivalent français de cet anglicisme, mais il semble qu'il n'y a en pas…) avant le départ des enfants prévu dans la soirée, les parents ont appris avec stupéfaction que l'Ambassade de France posait de nouvelles conditions, demandant le même jour, pour délivrer les visas, une autorisation parentale signée cette fois-ci par la mère, une attestation d'inscription pour l'année scolaire en cours et une attestation de pré-inscription pour l'année 2001-2002 délivrées par leurs établissements d'origine, ainsi que la présence des intéressés devant ses services, le tout avant midi ! Les pères sont partis à 10 h 30 à la recherche des " mères " qui pour la plupart étaient au travail ou en train de faire les courses, pour faire signer ce document et trouver un commissariat de police où le faire certifier, étant entendu que le service ouvert à cet effet s'arrête à 11 H, pendant que les agents de la Commission couraient d'établissement en établissement aux quatre coins de Dakar et de sa banlieue pour les attestations scolaires. Personne ne sait par quel miracle tous les papiers ont pu être rassemblés dans les délais et comment les enfants, qui ont encore dû attendre près de trois heures devant les grilles du consulat de France avant d'être reçus, ont pu finalement s'envoler vers Paris à 23 H. Car on a appris par la suite que le consulat a exigé au dernier moment que les visas soient payés, alors que l'UNESCO pour cette rencontre entre jeunes préconisait l'exonération complète et a même tenu à rembourser à la délégation sénégalaise les sommes versées. Est-il acceptable, Excellence, que la première leçon donnée par la France à ces enfants qui prennent contact avec elle pour la première fois, conviés en plus à une rencontre sur la fraternité dans un pays qui en a fait sa devise, soit celle de la xénophobie, de l'intolérance et du mépris ? Aussi zélés soient-ils, vos fonctionnaires barricadés derrière leurs guichets et leurs textes peuvent-ils penser un seul instant que ces " gosses " dont certains n'avaient pas encore terminé leurs compositions semestrielles et que leurs parents n'ont laissé partir qu'avec une extrême réticence, s'évanouiraient dans la nature à peine arrivés comme l'a fait, paraît-il, une délégation africaine qui n'est jamais arrivé à Saint-Malo, une partie s'étant volatilisée à l'escale de Rome, la deuxième à l'aéroport de Roissy ? Mais ces enfants-ci ont été choisis parmi les meilleurs de leurs écoles et leurs parents rêvent sans doute pour eux d'un autre avenir que celui de sans-papiers condamnés à se terrer dans un HLM lépreux de Garges-lès-Gonesse. Il fallait d'ailleurs les voir à leur descente d'avion au retour, médailles de l'UNESCO autour du cou et superbe coupe à la main, fiers comme des olympiens triomphants, pour comprendre qu'ils n'étaient certainement pas partis pour rester et que l'envie de voir la tour Effel les grisait bien moins que l'ivresse d'un simple baptême de l'air. Dommage que quand ils se sont présentés au consulat pour bien montrer qu'ils étaient de retour, il n'y ait eu que les gendarmes français pour les recevoir. Et puis, si on ne veut pas s'arrêter à ces considérations factuelles, comment justifiez-vous, Monsieur l'Ambassadeur, que vos services se moquent si ouvertement des lois et règlements de notre pays, en faisant signer par exemple à des officiers de police judiciaire des papiers qui n'ont aucune valeur légale, tant il est vrai qu'au Sénégal la puissance paternelle est exclusivement du ressort du père qui ne peut en être dépouillé ou la déléguer volontairement que par l'intermédiaire d'une procédure judiciaire particulièrement complexe ? Qu'ils fassent délibérément établir des actes fictifs, comme les attestations de " pré-inscription " qui n'existent pas dans nos établissements d'enseignement public ? Et tout cela en fin de compte pour un visa de six jours, qui ne couvrait même pas la durée de leur séjour, car lors de leur départ de Paris décalé de deux jours en raison du retard initial, ces jeunes voyageurs étaient déjà depuis près de vingt-quatre heures en situation irrégulière sur le territoire français. En cas de contrôle, nous les aurait-on ramenés scotchés et bâillonnés dans quelque charter fantôme ? Nous savons clairement Excellence que vous ne voulez plus de nous dans votre pays. C'est une constante dans la position des gouvernements qui se sont succédés à Paris depuis plus de deux décennies, quelle que soit par ailleurs leur coloration idéologique, et ce n'est pas seulement par la bouche bavant la haine de Monsieur Le Pen, c'est d'abord dans le camp de la rose au poing même que l'un des plus grands symboles du socialisme en France, Michel Rocard, a déclaré que " la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde. " En oubliant p

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