« Bolle Jos » en Sierra Leone : Le plus grand trafiquant d'Europe est-il le gendre caché du président Bio ?
Le chef de l'opposition au Parlement en Sierra Leone a exprimé sa « profonde inquiétude » concernant plusieurs affaires « liant » le pays au « trafic de drogue international et aux réseaux criminels organisés », dans une lettre ouverte au président transmise à l'AFP lundi.
Sa lettre ouverte intervient après la saisie record, le 7 mai, par la police espagnole de 30 tonnes de cocaïne d'une valeur de 812 millions d'euros, ainsi que d'« armes à feu », à bord d'un bateau battant pavillon des Comores et qui naviguait dans l'océan Atlantique.
Le bateau était parti de Freetown, la capitale sierra-léonaise, et naviguait à destination de Benghazi en Libye. Parmi les personnes arrêtées, 17 sont de nationalité philippine, cinq sont Néerlandais et le dernier vient du Suriname.
Pour Abdulai Kargbo, leader de l'APC, principal parti d'opposition au Parlement, cette affaire « suscite de vives inquiétudes quant aux failles de (notre) dispositif de sécurité nationale et à l'éventuelle infiltration de réseaux criminels transnationaux dans (nos) couloirs maritimes ».
« Les services de police internationaux semblent désormais considérer la Sierra Leone comme un corridor logistique émergent au sein des vastes réseaux transnationaux de trafic de stupéfiants », interpelle M. Kargbo dans ce courrier adressé au président du pays, Julius Maada Bio.
Les autorités sierra-léonaises ont annoncé jeudi dernier que des « enquêtes sont en cours » pour « déterminer la totalité des circonstances » de l'affaire de la saisie record de cocaïne.
La présence en Sierra Leone attestée depuis plus d'un an de Jos Leijdekkers, un des trafiquants de drogue les plus recherchés d'Europe, a soulevé de nombreuses interrogations sur ses liens avec le pouvoir.
M. Kargbo a dénoncé le « silence persistant du gouvernement » sur ces affaires, renforçant « les soupçons selon lesquels des réseaux criminels pourraient opérer en bénéficiant d'une protection institutionnelle ou d'une influence politique ».
Des images montrant Jos Leijdekkers en compagnie de hauts responsables de ce pays d'Afrique de l'Ouest, dont le président Bio, ont fait naître des suspicions selon lesquelles le trafiquant se serait rapproché de la classe politique sierra-léonaise, dont la fille du chef de l'État.
« Cela soulève de nombreuses questions, notamment parce que cette information intervient alors que des rumeurs persistantes laissent entendre que le baron de la drogue le plus recherché d'Europe se cacherait en Sierra Leone, où il serait marié à un membre de la famille présidentielle », a ainsi commenté lundi sur Facebook le journaliste Umaru Fofana.
Surnommé « Bolle Jos » (« Jos le joufflu », en français), le trafiquant néerlandais est considéré par Europol comme « l'un des acteurs majeurs du trafic international de cocaïne ».
L'homme de 34 ans a été condamné, en son absence, par un tribunal de Rotterdam (Pays-Bas) en juin 2024 à 24 ans de prison pour avoir organisé le transport de près de sept tonnes de cocaïne et avoir commandité un meurtre.
L'Afrique de l'Ouest est « une région qui sert de relais pour le trafic international de cocaïne entre les pays cultivateurs d'Amérique latine et les pays consommateurs en Europe », note l'Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée (GI-TOC), une ONG suisse.
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