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DSK : pourquoi ils n'ont rien dit

Auteur: le figaro

DSK : pourquoi ils n'ont rien dit

Ceux qui savent ne parlent pas. Ceux qui parlent ne sont pas entendus. Connivence ? Autocensure ? LĂ©gitime respect de la vie privĂ©e et de la loi ? Le «cas DSK» pose la question de l'omerta Ă  la française. Dominique Strauss-Kahn en 2007. L'ancien ministre a su mobiliser ses rĂ©seaux pour Ă©viter les enquĂȘtes sur les sujets sensibles le concernant. (David Lillo/AFP) Quinze jours aprĂšs l'annonce de l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn par la police de New York, la stupĂ©faction a laissĂ© place Ă  la polĂ©mique. Pour la grande majoritĂ© des Français, c'est une certitude: journalistes et politiques savaient et n'ont rien dit. Ils ne pouvaient ignorer les pulsions de DSK mais, comme d'habitude, ont refusĂ© d'en parler dans leurs mĂ©dias, dans le seul but de le protĂ©ger. 

La rĂ©alitĂ© est Ă©videmment plus complexe. Cette censure volontaire de la presse n'est pas uniquement liĂ©e Ă  une volontĂ© de protĂ©ger les puissants. Elle est dictĂ©e par la nĂ©cessitĂ© de respecter la loi. L'article 9 du Code civil est souvent brandi pour empĂȘcher la parution d'articles ou de livres dĂ©voilant des secrets intimes: «Chacun a droit au respect de sa vie privĂ©e. Les juges peuvent, sans prĂ©judice de la rĂ©paration du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que sĂ©questre, saisie et autres, propres Ă  empĂȘcher ou faire cesser une atteinte Ă  l'intimitĂ© de la vie privĂ©e: ces mesures peuvent, s'il y a urgence, ĂȘtre ordonnĂ©es en rĂ©fĂ©rĂ©.» De quoi faire rĂ©flĂ©chir plus d'un directeur de rĂ©daction ou d'un Ă©diteur avant de faire tourner les rotatives. Ainsi, pour Dominique Strauss-Kahn, les rĂ©dactions n'ont-elles pas souhaitĂ© franchir le pas. Si le journaliste Jean Quatremer a publiĂ© sur son blog un article oĂč il explique que «le seul vrai problĂšme de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frĂŽle souvent le harcĂšlement», c'est parce que son journal, LibĂ©ration, n'a pas voulu le faire, «au nom de la loi sur la protection de la vie privĂ©e», explique Laurent Joffrin, son directeur Ă  l'Ă©poque. Quand Le Nouvel Observateur veut raconter en 1998 l'histoire du passage de DSK Ă  une soirĂ©e particuliĂšre dans un club Ă©changiste de la capitale, l'hebdomadaire prend bien soin de ne pas publier de nom. Mais procĂšde par allusions : «Ce soir, il y a un plus: le ministre doit venir. Un vrai ministre. (...) soudain il arrive. C'est bien lui. Un lĂ©ger frĂ©missement parcourt les troupes. Deux femmes l'accompagnent, jeunes, grandes et minces. "Il fait plus gros qu'Ă  la tĂ©lĂ©, tu trouves pas?" Son sourire est presque Ă©lectoral. Il entre dans le salon, serre quelques mains, l'habitude sans doute. Une blonde d'une cinquantaine d'annĂ©es le salue par son prĂ©nom.

 Il fait semblant de la reconnaĂźtre puis, sans plus s'attarder aux mondanitĂ©s, s'engouffre dans la piĂšce du fond, traĂźnant derriĂšre lui ses deux compagnes, dont une qu'il commence Ă  lutiner chaudement, dĂšs le couloir. (...) "Tu crois qu'il peut vraiment devenir prĂ©sident?" murmure une des spectatrices Ă  sa voisine.» Le Tout-Paris politique et mĂ©diatique comprend immĂ©diatement. Le lecteur, c'est moins sĂ»r. Bien sĂ»r, les couloirs des journaux bruissaient des rumeurs d'infidĂ©litĂ© chronique qui couraient sur le compte de DSK. Bien sĂ»r, les journalistes qui cĂŽtoyaient les services de police revenaient rĂ©guliĂšrement avec des «tuyaux» un peu particuliers. 

DSK aurait Ă©tĂ© surpris par une patrouille en mauvaise posture un soir dans un endroit frĂ©quentĂ© par des prostituĂ©es. Rien d'illĂ©gal, mĂȘme s'il s'agit d'un comportement peu compatible avec celui que les Français peuvent attendre d'un prĂ©tendant Ă  l'ElysĂ©e. Mais comment vĂ©rifier une telle information? Comment ĂȘtre sĂ»r qu'il ne s'agit pas d'une manipulation politique ? Officiellement, personne n'est au courant d'une telle histoire. Impossible d'avoir une confirmation de l'Ă©vĂ©nement. Jusqu'Ă  son arrestation Ă  New York, DSK a toujours su ou pu Ă©viter le grand dĂ©ballage. GrĂące Ă  ses communicants bien sĂ»r, mais aussi Ă  son rĂ©seau et ses amis. Il suffit de voir comment BHL, Jean-François Kahn et les autres se sont immĂ©diatement mobilisĂ©s, cette semaine, pour le dĂ©fendre, nĂ©gligeant la victime prĂ©sumĂ©e, une simple femme de mĂ©nage. Dans leur ensemble, les mĂ©dias français refusent de s'engager dans la voie des tabloĂŻds anglo-saxons pour lesquels la vie privĂ©e peut s'afficher en une. Au fond, mĂȘme les journaux people de France n'ont pas cherchĂ© Ă  enquĂȘter sur la vie secrĂšte des hommes politiques en gĂ©nĂ©ral et de DSK en particulier. Tout le monde s'en tient Ă  la ligne rappelĂ©e la semaine derniĂšre par Le Canard enchaĂźnĂ© : «DSK courait les jupons et les boĂźtes Ă©changistes. La belle affaire!

 C'est sa vie privĂ©e et elle n'en fait pas un violeur en puissance. Pour Le Canard, l'information s'arrĂȘte toujours Ă  la porte de la chambre Ă  coucher.» L'affaire Tristane Banon aurait certes dĂ» alerter davantage. Quand ce jeune Ă©crivain a racontĂ© l'agression dont elle assure avoir Ă©tĂ© la victime, peu de journaux ont relayĂ© son histoire. Elle l'a racontĂ©e dans l'Ă©mission de Thierry Ardisson sur Paris PremiĂšre en prĂ©sence de journalistes politiques, mais au fond, elle-mĂȘme ne souhaitant pas porter plainte contre DSK, comment embrayer sur ses attaques? D'autant qu'en face, les Ă©quipes de Strauss-Kahn ont su habilement dĂ©miner l'affaire. GrĂące Ă  ses communicants, DSK rĂ©ussit Ă  passer entre les gouttes. «On est restĂ© sur l'idĂ©e que ce n'Ă©tait pas une pathologie et que le comportement de DSK correspondait Ă  l'image d'Epinal de l'homme politique, le sĂ©ducteur», analyse un spĂ©cialiste en communication. Anne Sinclair, l'Ă©pouse de DSK, a elle-mĂȘme mis fin aux dĂ©bats en rĂ©pondant Ă  L'Express, qui lui demandait en 2006 si elle ne souffrait pas de la rĂ©putation de sĂ©ducteur de son mari: «Non, j'en suis plutĂŽt fiĂšre! 

C'est important de sĂ©duire, pour un homme politique. (...) Je suis un peu blindĂ©e sur le pouvoir de la rumeur.» Une rumeur qui ne l'a pas Ă©pargnĂ©e. Comment celle qui a Ă©tĂ© au cƓur de la vie politico-mĂ©diatique pendant plus de vingt ans pouvait-elle ignorer ce qui se disait ou s'Ă©crivait sur DSK? En 2000 sort le livre de deux journalistes, Vincent Giret et VĂ©ronique Le Billon, Les Vies cachĂ©es de DSK. Les auteurs racontent dans un chapitre qu'«un soir de septembre 1992, Dominique Strauss-Kahn, ministre de l'Industrie et du Commerce extĂ©rieur, et Martine Aubry, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle, sont les invitĂ©s d'honneur d'une rĂ©ception donnĂ©e par l'ambassadeur de France Ă  Tokyo. (...) Ces deux-lĂ  s'adorent. (...) Ils distillent un mĂȘme humour vachard, se relaient sans temps mort dans les karaokĂ©s de la capitale nippone jusqu'aux premiĂšres lueurs du jour et rejettent avec le mĂȘme dĂ©dain l'esprit de sĂ©rieux de leurs aĂźnĂ©s. Ils savourent la douce insouciance de ceux qui savent que l'avenir leur appartient. De cette folle Ă©quipĂ©e naĂźt une rumeur colportĂ©e dans toutes les salles de rĂ©daction: Martine et Dominique filent le parfait amour...» 

DSK se situe dans la lignĂ©e des grands hommes politiques français qui arborent leurs conquĂȘtes fĂ©minines comme les gĂ©nĂ©raux leurs mĂ©dailles. AprĂšs tout, pour ne parler que des prĂ©sidents de la Ve RĂ©publique, ValĂ©ry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac n'ont-ils pas aussi une rĂ©putation de grands sĂ©ducteurs? Bernadette Chirac a expliquĂ© dans son livre Conversation, paru en 2001, Ă  propos de son mari, qu'«il avait un succĂšs formidable. Bel homme, et puis enjĂŽleur, trĂšs gai. Alors les filles, ça galopait (...). Mon pĂšre m'avait dit: "Vous ĂȘtes son point fixe." La suite lui a donnĂ© raison. Mon mari est toujours revenu au point fixe.» Et François Mitterrand? L'homme qui a collectionnĂ© les conquĂȘtes et rĂ©ussi Ă  cacher pendant des annĂ©es l'existence de sa seconde famille. Cette histoire est emblĂ©matique du fonctionnement des mĂ©dias. Tant que c'est l'extrĂȘme droite et sa presse, comme Minute, qui Ă©voque ces sujets, aucune reprise n'est tolĂ©rĂ©e. 

Ce systĂšme a de nouveau fonctionnĂ© quand Marine Le Pen a mis en cause le comportement de FrĂ©dĂ©ric Mitterrand pendant ses voyages en ThaĂŻlande. Au lieu de s'intĂ©resser aux faits, la plupart des commentateurs se sont insurgĂ©s contre les attaques de l'extrĂȘme droite et ont sommĂ© les politiques comme les mĂ©dias de ne pas les suivre. Concernant François Mitterrand, les journalistes se sont retranchĂ©s derriĂšre ce prĂ©texte de la vie privĂ©e pour justifier leur refus de publier des informations sur l'existence de sa fille Mazarine. Occultant totalement le fait que le PrĂ©sident utilisait allĂšgrement les moyens de l'Etat, donc l'argent des contribuables, pour loger sa seconde famille. Et qu'il a Ă©tĂ© jusqu'Ă  mettre sur Ă©coute tĂ©lĂ©phonique des journalistes, notamment Edwy Plenel, alors auMonde, voire des artistes comme Carole Bouquet, totalement Ă©trangĂšre Ă  cette histoire... Seul moyen de contourner l'obstacle, le roman. Françoise Giroud publie en 1983 

Le Bon Plaisir, oĂč elle raconte l'histoire d'un prĂ©sident amenĂ© Ă  cacher sa double vie Ă  la presse. Toute ressemblance avec des personnages existants est-elle fortuite? La maison d'Ă©dition, Mazarine, est-elle une clĂ© de l'Ă©nigme? Difficile d'imaginer que Françoise Giroud, trĂšs introduite dans les cercles du pouvoir, ignorait totalement la situation de Mitterrand. Sa biographe, Laure Adler, assure que ce roman n'est pas inspirĂ© de la vie du PrĂ©sident mais raconte une histoire similaire vĂ©cue par un dirigeant socialiste encore en activitĂ©. Mais son nom ne sera pas dĂ©voilĂ©. Au nom du respect de la vie privĂ©e...

 Faute de pouvoir donner les informations, on s'en remet alors aux humoristes. Des «Guignols de l'info» Ă  Nicolas Canteloup, de Laurent Gerra Ă  StĂ©phane Guillon, ceux-ci s'en donnent Ă  cƓur joie. Puisant leur inspiration au cƓur mĂȘme des salles de rĂ©daction, Ă  l'affĂ»t de tout ce que peuvent leur raconter les journalistes. Ils sont d'autant plus drĂŽles que tout le monde devine que sous leurs exagĂ©rations perce un morceau de la vĂ©ritĂ©. 

Le 28 mars, Nicolas Canteloup-DSK explique qu'«au FMI, on (lui) a donnĂ© une mission en trois points: sauver le monde, aider les pays Ă©mergents et repeupler la planĂšte en fĂ©condant les femmes. C'est comme ça, je n'y peux rien, c'est ma mission». Eclats de rire dans le studio de la rue François-Ier. A RTL, Laurent Gerra n'est pas en reste. Le 26 avril, l'humoriste met en scĂšne le directeur du FMI le jour de PĂąques. «J'ai beau ĂȘtre directeur du FMI, je suis un homme comme tout le monde. Le week-end de PĂąques, je m'emmerde car le FMI est fermĂ© et les secrĂ©taires aussi. Alors j'attends mardi, la rĂ©ouverture des bureaux, car il y a des stagiaires, des interprĂštes Ă  talons...» LĂ  encore, les rires Ă©clatent dans le studio de la rue Bayard. 

Les humoristes Ă  la place des Ă©ditorialistes? En fĂ©vrier 2009, StĂ©phane Guillon n'hĂ©sitait pas Ă  endosser ce rĂŽle, quand il officiait sur France Inter le matin. Juste avant l'arrivĂ©e de DSK, invitĂ© de la matinale, au lendemain des rĂ©vĂ©lations sur l'affaire Piroska Nagy, l'humoriste Ă©crit un billet qui fera date: «Dans quelques minutes, Dominique Strauss-Kahn va pĂ©-nĂ©-trer (silence) dans ce studio. Evidemment, des mesures exceptionnelles de sĂ©curitĂ© ont Ă©tĂ© prises au sein de la rĂ©daction. Pardon, sein est un mot que je n'ai pas le droit de prononcer aujourd'hui pour ne pas rĂ©veiller la bĂȘte. Cinq seuils d'alerte sont prĂ©vus dans cette matinale. Le dernier Ă©tant l'Ă©vacuation pure et simple du personnel fĂ©minin d'Inter vers d'autres Ă©tages...» DSK est en route vers la station quand il entend la chronique. Son premier rĂ©flexe est de faire demi-tour et d'annuler sa participation. Finalement, le directeur gĂ©nĂ©ral du FMI se rend Ă  la radio mais commence par cette dĂ©claration : «J'ai assez peu apprĂ©ciĂ© les commentaires de votre humoriste.

 Les responsables politiques comme moi ont le droit, mĂȘme le devoir, sans doute, d'ĂȘtre critiquĂ©s par les humoristes. Mais l'humour, c'est pas drĂŽle quand c'est principalement de la mĂ©chancetĂ©.» «S'irriter d'un reproche, c'est reconnaĂźtre qu'on l'a mĂ©rité», Ă©crit Tacite dans les Annales. Est-ce pour cette raison que la rĂ©action de DSK est aussi virulente? En tout cas, il ne se contente pas de cette remarque et dĂ©cide de ne plus rĂ©pondre aux invitations de la station publique. MĂȘme quand les journalistes lui proposeront de l'inviter les jours oĂč StĂ©phane Guillon n'officie pas Ă  l'antenne. 

Refus catĂ©gorique. Pas question de revenir tant qu'il sera employĂ© par la radio. Cette stratĂ©gie du boycott est un moyen de pression relativement classique pour contraindre les mĂ©dias Ă  Ă©viter les sujets qui fĂąchent. Quand L'Express a publiĂ© la lettre de Piroska Nagy, son directeur, Christophe Barbier, a dĂ» affronter la colĂšre des communicants de DSK. Pressions sur les actionnaires, pressions par l'intermĂ©diaire de la publicitĂ©, toutes les armes sont utilisĂ©es par les politiques pour contraindre un mĂ©dia Ă  ĂȘtre plus comprĂ©hensif. Le contact direct est aussi efficace. Avant d'accĂ©der Ă  l'ElysĂ©e, quand Nicolas Sarkozy rencontrait un jeune journaliste, il ne manquait pas de lui dire sur un ton parfaitement courtois qu'il connaissait trĂšs bien son directeur de la rĂ©daction, voire son actionnaire. 

Mais il n'Ă©tait pas le seul Ă  user de cet artifice pour impressionner les journalistes. Lors de son dernier passage Ă  Paris, dans le but de prĂ©parer sa prochaine candidature Ă  l'ElysĂ©e, DSK a dĂ©jeunĂ© avec les rĂ©dactions de trois journaux:LibĂ©ration, Le Nouvel Observateur et Marianne. Son objectif Ă©tait clair, ainsi que Denis Jeambar l'a racontĂ© dans Marianne la semaine derniĂšre: DSK «dit que Mariannen'a pas d'autre choix que de le soutenir dans ce combat. Il se dĂ©couvre peu soucieux Ă  cet instant prĂ©cis de l'indĂ©pendance des journaux, pas du tout menaçant, mais pressant. Il est clair que son propos est dĂ©libĂ©rĂ© et pas du tout improvisĂ©. (...) Si la requĂȘte est choquante, elle a le mĂ©rite d'ĂȘtre claire et de montrer la conception qu'a Dominique Strauss-Kahn de la presse: c'est un rapport de soumission qu'il sollicite, un engagement militant.» En fin de compte, DSK demande Ă  ces journaux de ne pas entrer dans les polĂ©miques que pourrait lancer la droite pendant la campagne prĂ©sidentielle, mĂȘme si elles pouvaient ĂȘtre fondĂ©es sur des vĂ©ritĂ©s, au nom de leur volontĂ© commune de se dĂ©barrasser de Nicolas Sarkozy !

 Et, pour les convaincre d'adhĂ©rer Ă  sa stratĂ©gie, DSK leur rĂ©vĂšle, Ă  en croire les propos off qui lui sont attribuĂ©s, qu'effectivement il en a «sans doute fait un peu trop dans le passé» avec les femmes. Mais qu'au fond, ce n'est plus le sujet. Comme le confirme un dirigeant d'Euro RSCG: «Les Ă©tudes montraient que les Français savaient. Il n'y avait pas tromperie sur la marchandise puisqu'on n'a jamais cherchĂ© Ă  montrer DSK comme un homme vertueux.» Les amis politiques de DSK brossaient le portrait d'un sĂ©ducteur certes compulsif, mais jamais violent. L'un d'eux assurait mĂȘme rĂ©cemment qu'il s'Ă©tait «calmé» depuis l'affaire Piroska Nagy. «La vraie question, pour un spĂ©cialiste en communication, est de savoir pourquoi personne ne lui a conseillĂ© de se soigner si ces pulsions atteignaient de telles proportions.» «Cette page est tournĂ©e», assurait DSK. Comment, dĂšs lors qu'il ferme lui-mĂȘme la porte, entrer dans sa part d'ombre sans le froisser? A AndrĂ© Rousselet, qui estimait connaĂźtre 30 % de la vie de François Mitterrand, l'ancien PrĂ©sident rĂ©pondit: «30%, c'est beaucoup!» Pour un ami du couple, Anne Sinclair ne connaissait «que 40% de ce que faisait DSK».

Auteur: le figaro
Publié le: Mardi 31 Mai 2011

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