Israël : « Si nous baissons la garde, c’est la catastrophe », déclare le colonel Olivier Rafowicz
Le 7 octobre 2023 demeure une date charnière dans l’histoire récente d’Israël. Pour le colonel israélien Olivier Rafowicz, ancien porte-parole de l’armée israélienne, cet événement constitue un véritable « choc tectonique » qui a profondément ébranlé la société, l’armée et les services de renseignement du pays.
S’exprimant devant des journalistes de sept pays d’Afrique francophone en visite en Israël à l’invitation du ministère israélien des Affaires étrangères, le militaire est revenu sur les attaques menées ce jour-là par le Hamas et le Jihad islamique.
Selon lui, l’offensive a causé la mort de près de 1 200 personnes, l’enlèvement de 250 autres et le déplacement de plus de 143 000 Israéliens. Il qualifie cet épisode d’« échec colossal du renseignement et de l’armée israélienne », soulignant qu’il s’agit d’une faille sécuritaire sans précédent depuis la création de l’État d’Israël.
Une guerre sur plusieurs fronts
Pour le colonel Rafowicz, le conflit déclenché le 7 octobre ne se limite pas à Gaza. Il évoque une guerre menée sur « sept fronts » : Gaza, le Liban, l’Iran, la Cisjordanie, la Syrie, l’Irak et les Houthis au Yémen. À cela s’ajoute, selon lui, un huitième front, celui de la communication et de l’opinion publique internationale.
« On aimerait penser à autre chose que la guerre, mais le 7 octobre a démontré ce qui peut arriver lorsque nous baissons la garde », a-t-il déclaré au micro de Seneweb. Pour lui, la vigilance permanente est devenue une nécessité face aux menaces que représente l’axe soutenu par l’Iran.
Le Hezbollah au cœur des préoccupations
Concernant le Liban, le colonel affirme qu’Israël n’est pas officiellement en guerre contre l’État libanais, mais contre le Hezbollah, qu’il accuse d’avoir développé pendant des décennies une infrastructure militaire au sud du pays.
Il évoque notamment un réseau de tunnels profonds et des capacités militaires destinées, selon lui, à mener des incursions en territoire israélien. Israël est intervenu au Liban afin de neutraliser cette menace, soutient-il, alors que des discussions diplomatiques se poursuivent entre les autorités israéliennes et libanaises.
Un tournant stratégique en 2024
Le militaire estime que septembre 2024 a marqué un changement majeur dans la conduite de la guerre. Il cite notamment l’« opération Bipper », qui aurait porté un coup sévère à la chaîne de commandement du Hezbollah, suivie de l’élimination de son chef, Hassan Nasrallah.
Pour Olivier Rafowicz, cette séquence marque le passage à une nouvelle phase du conflit, dans laquelle Israël cherche à reprendre l’initiative stratégique face à ses adversaires.
« Si Tsahal baisse la garde, l’État d’Israël disparaît », a-t-il conclu
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