Saint-Sylvestre : Un record de 1 173 voitures brûlées en France
Quelques jours avant la nuit de la Saint-Sylvestre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez s’était préparé à un réveillon particulièrement difficile. En prônant une politique de « tolérance zéro » et en confiant aux forces de l’ordre des instructions de grande fermeté, les autorités espéraient contenir les débordements habituels. Pourtant, le bilan communiqué par le ministère de l’Intérieur fait état d'une réalité brutale avec 1 173 véhicules incendiés sur l’ensemble du territoire. Ce chiffre marque une hausse significative par rapport à l’année précédente, brisant le record de 984 voitures brûlées enregistré lors du dernier passage à l'an neuf.
Le déploiement massif des forces de sécurité n’a pas suffi à empêcher les violences urbaines ni les attaques ciblées contre les fonctionnaires. En réponse aux promesses d’interpellations immédiates formulées par le ministre, les opérations de police ont mené à l’arrestation de 505 personnes à l’échelle nationale, dont 403 ont été placées en garde à vue. Ce bilan est nettement supérieur à celui de l’an passé qui comptait 420 interpellations. Dans la capitale, le parquet de Paris a précisé que 125 personnes ont été placées en garde à vue, tout en soulignant que la ville a été relativement épargnée par les incendies de véhicules ou de mobilier urbain.
Plusieurs villes de province ont toutefois été le théâtre de tensions extrêmes. À Rezé, dans la Loire-Atlantique, le commissariat a été la cible de tirs répétés de mortiers d'artifice, tandis que vingt-quatre véhicules étaient détruits par les flammes dans le département. À Strasbourg, les sources policières décrivent une nuit chaotique avec plus d'une centaine de voitures incendiées, une trentaine d'interpellations et plus d'une vingtaine de policiers légèrement blessés. La ville de Rennes figure également parmi les points les plus agités de cette Saint-Sylvestre, où un groupe d’une centaine d’individus a pris pour cible les forces de l'ordre, blessant notamment un CRS à l'aide de mortiers et de projectiles divers.
Au-delà des voitures brûlées, la nuit du Nouvel An a été marquée par l’usage massif des mortiers d’artifice, détournés de leur fonction festive pour devenir des outils de confrontation directe avec la police. Dans les Yvelines, les contrôles ont permis de saisir un véritable arsenal pyrotechnique. À Buchelay, deux mineurs de 17 ans ont été interpellés alors qu’ils écoulaient un stock de 389 mortiers. Des saisies similaires ont eu lieu à Trappes, Guyancourt ou dans le métro parisien sur des adolescents parfois âgés de seulement 15 ou 16 ans. Les conséquences humaines de ces manipulations sont dramatiques, à l'image de ce garçon de 12 ans à Chelles qui s'est arraché trois doigts. Le ministère de l'Intérieur rapporte de nombreuses blessures graves, allant de plaies au visage jusqu'à des mains arrachées.
Enfin, les autorités ont multiplié les interventions liées aux usages détournés de produits festifs comme le protoxyde d’azote. À Paris, dix personnes ont été placées en garde à vue pour la détention de bonbonnes de ce gaz. Ce bilan global d'une nuit de la Saint-Sylvestre sous haute tension illustre la difficulté persistante pour l'État de contenir les violences urbaines malgré une préparation minutieuse et une présence policière record.
Source : Le Figaro
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