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Afrique de l’Ouest : 70 % des enfants privés du préscolaire, l’UNESCO appelle à investir d'urgence dans la petite enfance

Auteur: Adama Sy

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Afrique de l’Ouest : 70 % des enfants privés du préscolaire, l’UNESCO appelle à investir d'urgence dans la petite enfance

Investir dans la petite enfance n’est plus une option, mais une urgence stratégique. C’est le message fort qui réunit experts, décideurs publics et partenaires internationaux à Dakar pour une réunion régionale sur l’éducation et le développement de la petite enfance (EDPE) en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Insécurité persistante, changements climatiques, déplacements massifs de populations : l’Afrique de l’Ouest et du Centre traverse des bouleversements majeurs qui exercent une pression croissante sur les systèmes éducatifs. Au cœur de ces défis multidimensionnels, la petite enfance s’impose comme le socle déterminant du développement humain, de la stabilité sociale et de la prospérité future. C'est dans ce contexte que l’UNESCO, en partenariat avec le Réseau africain de la petite enfance (AfECN), l’OMS, la CEDEAO, la CEEAC et l’UNICEF, organise à Dakar du 20 au 22 janvier 2026, une réunion régionale d’experts sur l’éducation et le développement de la petite enfance (EDPE) sous l’égide du ministère de l’Éducation nationale du Sénégal. Cette rencontre constitue une étape clé en prélude à une conférence ministérielle régionale prévue à la mi-2026.

Des crises multiples qui fragilisent l’éducation

À l’ouverture des travaux, Dimitri Fanga, directeur régional de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest, a dressé un diagnostic sans complaisance.

"Nous faisons face à des problèmes d’insécurité et de changements climatiques qui provoquent des déplacements massifs de populations, internes ou transfrontaliers. Ces dynamiques créent des défis majeurs pour nos systèmes éducatifs", a-t-il déclaré.

Selon lui, ces crises se traduisent par l’arrivée de cohortes de plus en plus importantes d’enfants et de jeunes dans les systèmes scolaires, du préscolaire à l’université, posant la question cruciale des capacités d’accueil. "Tout le développement de nos pays dépend de ce que nous faisons aujourd’hui pour ces cohortes. Avons-nous suffisamment d’infrastructures ? Avons-nous suffisamment d’enseignants qualifiés ?", s’est-il interrogé.

La petite enfance, fondation de tout le système éducatif

Pour l’UNESCO, l’éducation doit être pensée comme un continuum indissociable où chaque niveau conditionne le suivant. "Ce qui se passe à l’université, dans la recherche et l’innovation, dépend de ce qui se passe à tous les niveaux d’éducation. Et la fondation de tous ces niveaux, c’est la petite enfance", a insisté M. Fanga.

C’est précisément pour renforcer cette fondation que des experts de toute l’Afrique de l’Ouest et du Centre sont réunis à Dakar avec pour objectif d’accélérer les investissements, d’améliorer la qualité des encadreurs et éducateurs afin de garantir à terme des parcours éducatifs solides, inclusifs et durables.

Des chiffres alarmants qui appellent à l’action

Les données présentées au cours de la rencontre confirment l’urgence. En Afrique subsaharienne, près de 70 % des enfants n’ont pas accès à l’enseignement préprimaire. Les investissements publics restent très en deçà des engagements internationaux, avec à peine 0,2 % du PIB et entre 1,4 % et 2,4 % des budgets de l’éducation consacrés à la petite enfance, loin de l’objectif recommandé de 10 %.

Par ailleurs, seuls 48 % des enfants censés être enrôlés au préscolaire le sont effectivement tandis que 22 % seulement des enseignants du préscolaire sont qualifiés dans la région. "Ce sont des chiffres sur lesquels nous devons impérativement nous pencher pour inverser la tendance", a martelé le Directeur régional de l’UNESCO.

L’engagement du Sénégal : investir dans l’avenir dès les premières années

Dans son allocution, la directrice de cabinet du ministre de l’Éducation nationale, Khady Diop Mbodj a réaffirmé l’engagement ferme des autorités sénégalaises en faveur de la petite enfance. "Investir dans la petite enfance, c’est investir dans l’éternité de nos nations", a-t-elle déclaré, inscrivant cette rencontre dans la dynamique du nouvel Agenda national de transformation Sénégal 2050.

Le Sénégal ambitionne ainsi de bâtir une société éducative, inclusive et efficiente capable de former à l’horizon 2035, un citoyen nouveau solidement ancré dans ses valeurs africaines et spirituelles tout en étant préparé aux défis du numérique et du développement durable.

Un impératif éducatif, économique et de paix

Pour les autorités sénégalaises comme pour l’UNESCO, l’éducation et le développement de la petite enfance ne relèvent ni du luxe ni du choix secondaire. "Ce ne sont pas des options, ce sont des impératifs", a souligné Khady Diop Mbodj.

Un impératif éducatif, car la stimulation précoce des capacités cognitives et sociales réduit significativement les échecs scolaires futurs. Un impératif économique et social, car des services de garde de qualité favorisent l’autonomisation des femmes et leur insertion professionnelle et enfin, un impératif de paix. "En réduisant les inégalités dès la naissance, nous semons les graines de la tolérance et de la cohésion sociale", a-t-elle ajouté.

De l’expertise à l’action politique

La réunion de Dakar rassemble environ 100 à 150 participants issus des ministères de l’Éducation et de la Santé, des organisations régionales, des agences onusiennes, de la société civile et des partenaires techniques et financiers. Les travaux portent notamment sur l’analyse des systèmes nationaux d’EDPE ; le renforcement de la coordination multisectorielle ; l’identification des priorités d’investissement ainsi que  l’élaboration de feuilles de route régionales et de plans d’action nationaux.

Les recommandations issues de cette rencontre alimenteront directement la conférence ministérielle régionale de mi-2026 appelée à renforcer les engagements politiques et financiers en faveur de la petite enfance.

À Dakar, un message s’impose avec clarté : accélérer l’investissement dans la petite enfance, c’est accélérer le développement, la stabilité et la prospérité de toute l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Auteur: Adama Sy
Publié le: Mardi 20 Janvier 2026

Commentaires (4)

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    DEUG il y a 1 jour
    On ne veut pas apprendre les langues inutiles, on veut apprendre d'abord nos langues Africaines après on ajoute l'anglais comme première langue étrangère, pas comme langue officielle comme en Asie, Éthiopie, Érythrée, Somalie.
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    xal il y a 1 jour
    Commence par transcrire tes langues qui ne dépassent même pas ton village
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    Gabriella Rawling il y a 1 jour
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    il semble il y a 1 jour
    que dans notre bled sénégalis les priorités sont ailleurs ....bamboula sportive , la marmaille attendra ...
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    La honte il y a 1 jour
    L’Afrique de l'ouest est la honte du monde par la manière dont ces enfants sont traités. Shame on you!

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