Attaque jihadiste sur une base militaire nigériane — Nigeria nord-est
Des jihadistes ont pris d'assaut jeudi une base militaire du nord-est du Nigeria, tuant plusieurs soldats et un général de brigade, le deuxième à périr dans une attaque en cinq mois dans le pays.
Ce bilan porte à près de cent le nombre de personnes tuées depuis dimanche dans le nord du Nigeria par des jihadistes et bandes criminelles, qui ont intensifié depuis l'an dernier leurs raids contre des bases militaires et villages dans ces régions proches du Sahel.
Le pays le plus peuplé d'Afrique est confronté depuis 17 ans à une insurrection jihadiste, déclenchée en 2009 des violences du groupe armé Boko Haram, et également nourrie par des factions dissidentes puissantes comme l'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP).
"Des assaillants ont pris d'assaut la base militaire de Benisheikh détruisant plusieurs véhicules militaires", a déclaré par téléphone à l'AFP Zannah Lawan Ajimi, chef de l'administration locale de Kaga. "Malheureusement, le commandant de brigade, le général de brigade O.O. Braimah, a perdu la vie", a-t-il ajouté.
L'attaque a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi dans cette base située à environ 75 kilomètres de Maiduguri, capitale de l'État de Borno, a précisé une source du renseignement à l'AFP, en indiquant que les jihadistes, non identifiés, y ont tué au moins 18 soldats et incendié des véhicules.
Cette source et une autre au sein du renseignement ont confirmé à l'AFP le décès du général de brigade.
"Ils ont pris le dessus sur la brigade", a souligné la première source. La seconde a indiqué que "les terroristes ont tué plusieurs soldats" et "incendié des véhicules et des bâtiments avant de se replier", sans fournir de bilan précis.
Le décès d'O.O. Braimah intervient après celui du général de brigade Musa Uba, tué par l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) en novembre, l'officier militaire nigérian le plus gradé à avoir péri depuis 2021.
Selon l'armée, les assaillants "ont tenté de franchir le périmètre défensif de l'installation militaire", mais ont été "vigoureusement combattus et contraints de battre en retraite en désordre".
Elle a déploré dans un communiqué "la perte de quelques soldats courageux et valeureux", sans donner de chiffre précis.
— Raids et enlèvements —
Avant cette attaque, au moins 90 autres personnes avaient déjà été tuées depuis dimanche dans plusieurs villages isolés du nord-ouest, selon un décompte de l'AFP basé sur des bilans fournis par des sources locales et humanitaires.
Le bilan d'une de ces attaques, perpétrée mardi dans l'État de Niger, s'est alourdi jeudi de 20 à 50 morts.
Les violences qui se multiplient ces derniers mois dans le nord du Nigeria sont nourries à la fois par des groupes jihadistes et des bandes criminelles, appelées localement "bandits". Ils y attaquent fréquemment des villages, enlevant régulièrement des personnes par dizaines et réclament des rançons pour les libérer. Ces attaques provoquent régulièrement des mouvements de populations massifs.
Mercredi, les Etats-Unis ont annoncé autoriser le départ du personnel gouvernemental non essentiel basé dans la capitale fédérale Abuja, "en raison de la dégradation de la situation sécuritaire".
L'observatoire des conflits ACLED a aussi pointé du doigt une recrudescence des violences dans la région, imputée à des groupes liés à Al-Qaïda et à l'État islamique.
En décembre, les États-Unis, avec l'appui du Nigeria, avaient bombardé le nord-ouest de l'État de Sokoto, également au nord, ciblant des combattants de l'Etat islamique au Sahel (ISSP), habituellement présents au Niger voisin, ainsi qu'au Mali et au Burkina Faso.
Washington a depuis commencé à déployer 200 soldats au Nigeria pour soutenir et former les soldats nigérians dans leur lutte contre les groupes djihadistes.
AFP
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