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Le miroir des fragilités : L'Afrique à l'épreuve des chocs externes

Auteur: Aicha FALL

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Le miroir des fragilités : L'Afrique à l'épreuve des chocs externes

Un choc exogène désigne un événement extérieur à une économie qui vient en perturber le fonctionnement. Il peut s’agir d’une crise sanitaire mondiale, d’un conflit géopolitique, d’une flambée des prix des matières premières ou encore d’un durcissement brutal des conditions financières internationales. Ce type de secousse ne naît pas des déséquilibres internes d’un pays, mais de dynamiques globales sur lesquelles il n’a que peu de prise. Pourtant, ses effets peuvent être immédiats et profonds.

La pandémie de Covid 19 en offre une illustration marquante. En 2020, la croissance de l’Afrique subsaharienne s’est contractée d’environ 1,6 % selon la Banque mondiale, une première récession régionale depuis plus de vingt ans. La chute de la demande mondiale, la baisse des transferts de fonds et le ralentissement du tourisme ont fragilisé des économies déjà étroitement connectées aux flux internationaux. De même, la guerre en Ukraine a entraîné en 2022 une envolée des prix du blé, des engrais et des hydrocarbures, renchérissant la facture alimentaire et énergétique de nombreux pays africains importateurs nets.

Cette vulnérabilité tient d’abord à la structure productive. Plusieurs économies du continent reposent fortement sur l’exportation de matières premières dont les prix sont fixés sur les marchés mondiaux. Lorsque le baril de pétrole chute ou que le cours du cacao se replie, les recettes budgétaires se contractent rapidement. À l’inverse, une hausse des prix des produits importés alourdit les dépenses publiques et la facture des ménages. Cette double exposition accentue l’instabilité macroéconomique.

La dépendance alimentaire et énergétique accentue également cette sensibilité. De nombreux pays importent une part importante de leurs céréales, de leurs intrants agricoles ou de leurs carburants. Selon la Banque africaine de développement, le continent importe chaque année pour plus de 50 milliards de dollars de produits alimentaires. Une variation des prix internationaux se répercute alors directement sur l’inflation domestique, souvent sans que les autorités monétaires disposent d’instruments suffisants pour en atténuer l’impact.

Les marchés financiers constituent un autre canal de transmission. Un resserrement monétaire aux États Unis ou en Europe peut entraîner des sorties de capitaux des économies émergentes, une dépréciation des monnaies locales et une hausse du coût de la dette. En 2023 et 2024, plusieurs pays africains ont vu leurs primes de risque augmenter sensiblement dans un contexte de taux mondiaux élevés. Même sans crise interne, l’accès au financement peut ainsi se durcir du fait d’une décision prise à des milliers de kilomètres.

L’exposition accrue aux chocs extérieurs ne signifie pas absence de marges d’action. La diversification économique, le développement de chaînes de valeur locales et le renforcement des réserves de change peuvent amortir ces secousses. Toutefois, tant que la structure des échanges restera concentrée sur quelques produits et que la dépendance aux importations stratégiques persistera, les économies africaines demeureront particulièrement sensibles aux turbulences venues d’ailleurs.

Comprendre la nature des chocs exogènes permet de dépasser une lecture purement conjoncturelle des crises. Ce ne sont pas seulement des accidents, mais des révélateurs des fragilités structurelles. Pour le continent, l’enjeu consiste à transformer cette exposition en incitation à repenser les modèles de croissance afin de réduire la vulnérabilité face aux aléas du système économique mondial.

Auteur: Aicha FALL
Publié le: Dimanche 15 Février 2026

Commentaires (1)

  • image
    Amans il y a 2 heures
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