Mauritanie: deux députées de l'opposition condamnées pour avoir accusé le président de discrimination
Deux députées de l'opposition en Mauritanie ont été condamnées lundi soir à quatre ans de prison ferme pour avoir accusé le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani de discrimination raciale envers les Noirs et les descendants d'esclaves dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.
Mariem Cheikh et Ghamou Achour, qui ont été condamnées par la chambre pénale de la Cour de Nouakchott, étaient poursuivies pour "atteinte aux symboles de l'État et diffusion de propos à caractère raciste".
Il leur était notamment reproché d'avoir qualifié sur les réseaux sociaux le président Ghazouani de mentor de "l'apartheid en Mauritanie".
Elles étaient également poursuivies pour "atteinte aux symboles nationaux et diffusion de propos à caractère raciste sur les réseaux sociaux".
Les deux femmes sont membres de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), une organisation des droits humains.
Le tribunal a également ordonné "la suppression des contenus numériques, la confiscation de leurs téléphones et la fermeture de leurs comptes en ligne".
Leur détention et leur procès - qui s'est déroulé sous haute surveillance sécuritaire - ont été vivement dénoncés par l'opposition mauritanienne, qui a dénoncé une "séquestration" et une "utilisation abusive de la procédure de flagrant délit pour contourner l'immunité parlementaire".
Officiellement aboli en 1981, l'esclavage perdure en Mauritanie et reste un sujet sensible dans le pays, bien que les sanctions aient été durcies en 2015.
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