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Réparations pour l’esclavage : le Ghana évoque une ouverture française dans un contexte de pressions croissantes en Afrique de l’Ouest

Auteur: Seneweb-News

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Réparations pour l’esclavage : le Ghana évoque une ouverture française dans un contexte de pressions croissantes en Afrique de l’Ouest

Une déclaration venue d’Accra relance un débat sensible entre l’Afrique et ses anciennes puissances coloniales. À l’issue d’une rencontre tenue le 8 avril 2026 à l’Élysée entre le président ghanéen John Dramani Mahama et Emmanuel Macron, les autorités ghanéennes affirment que la France s’est dite ouverte à un dialogue sur les réparations liées à la traite transatlantique. Une annonce inattendue dans un contexte marqué par la prudence affichée récemment par Paris sur ce dossier.

Le ministre ghanéen des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa a évoqué un « dialogue ouvert et honnête » mentionné par le président français lors de cet entretien. Cette position contraste avec l’attitude adoptée par la France quelques semaines plus tôt aux Nations Unies. Le 25 mars 2026, Paris s’était abstenu lors du vote d’une résolution portée par le Ghana au nom du Groupe africain, qualifiant la traite des Africains réduits en esclavage comme l’un des crimes les plus graves contre l’humanité. Le texte avait été adopté par 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions. Cette abstention avait suscité de vives réactions, y compris en France, où plusieurs voix s’étaient élevées pour dénoncer une position jugée difficile à comprendre. 

La Fondation pour la mémoire de l’esclavage avait notamment appelé à l’ouverture d’un débat national sur la question des réparations. Son président, Jean-Marc Ayrault, a estimé qu’après la reconnaissance du crime, il était désormais nécessaire d’engager une réflexion concrète sur les mesures réparatrices, soulignant que « maintenant, il faut réparer ce qui a été fait ».

Du côté de l’Élysée, aucune confirmation officielle n’est venue préciser la portée réelle de cette supposée ouverture. Emmanuel Macron aurait rappelé que la France a reconnu dès 2001 la traite négrière comme crime contre l’humanité à travers la loi Taubira, tout en insistant sur la complexité historique du phénomène, impliquant divers acteurs. Une position qui témoigne d’une prudence persistante face à la question des réparations financières.

Pour John Dramani Mahama, chargé par l’Union africaine de porter le dossier des réparations sur la période 2026-2035, l’enjeu dépasse largement la seule dimension symbolique. Le débat englobe également la restitution des œuvres culturelles et la lutte contre les formes contemporaines de racisme structurel. Sur ces questions, la France a déjà amorcé certains gestes, notamment en matière de restitution d’artefacts africains.

Dans ce contexte régional, le cas du Sénégal illustre de manière concrète les enjeux économiques et historiques liés aux réparations. Le pays fait face à une situation financière tendue, marquée par la révélation d’une dette cachée accumulée entre 2019 et 2024, mise en lumière après une mission du Fonds monétaire international achevée en novembre 2025. Cette fragilité budgétaire renforce les débats autour des responsabilités historiques et des compensations potentielles.

Le massacre de Thiaroye, survenu le 1er décembre 1944 près de Dakar, reste au cœur de ces revendications. Ce jour-là, des tirailleurs africains ayant combattu pour la France durant la Seconde Guerre mondiale ont été exécutés par l’armée coloniale après avoir réclamé le paiement de leurs soldes. Malgré la reconnaissance officielle de cette tragédie par Emmanuel Macron en 2024, aucun mécanisme de réparation n’a été engagé. Pour de nombreux acteurs sénégalais, cette reconnaissance sans compensation demeure insuffisante.

Aujourd’hui, dans un contexte où Dakar continue de solliciter des financements extérieurs pour stabiliser ses finances, la question des réparations prend une dimension économique directe. Une indemnisation pourrait contribuer à réduire le poids de la dette et offrir au pays des marges de manœuvre pour investir dans des secteurs essentiels comme l’éducation, la santé ou les infrastructures.

Au-delà du Sénégal, la dynamique en faveur des réparations gagne en intensité à l’échelle du continent. Elle s’inscrit dans une volonté plus large de rééquilibrer des relations héritées de l’histoire coloniale. De plus en plus de voix africaines estiment que la reconnaissance symbolique ne suffit plus et que les anciennes puissances coloniales devront, à terme, répondre de manière concrète à ces revendications.

Auteur: Seneweb-News
Publié le: Mardi 28 Avril 2026

Commentaires (5)

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    DAFall il y a 1 mois
    Indemniser les victimes de la traite atlantique revient à indemniser leurs propres citoyens aux Antilles. C'est une affaire interne. Maintenant exclure délibérément la traite orientale me dérange.
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    Alhass-one il y a 1 mois
    Oui les Arabes, Berbères, Turcs et Perses sont responsables d'une traite négrière plus longue et avec un nombre de déportés et de morts plus important que la traite atlantique. C'est la traite négrière dans son ensemble qu'il faut reconnaître comme un crime contre l'humanité. Il n'y a pas de bons esclavagistes.
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    Alhass-one il y a 1 mois
    tous les états d'europe et d'amerique n'ont pas de loi équivalente à la loi taubira donc il y a du travail encore à faire. des pays importateurs comme les états-unis de trump ou l'argentine de milei sont très opposés à cette reconnaissance. je pense que le brésil bloquera aussi.
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    Leuk il y a 1 mois
    Parler de réparation pour l'Esclave des Nègres c'est plus qu'une hérésie. C'est insulter la Mémoire Négro-africaine. ** Et cela n'a pas commencé avec les Européens. Avec les Arabes c'était pire encore ! Aujourd'hui encore, il y a quelques survivance à travers le mépris, le racisme. ** A la limite, Demande de Pardon, Reconnaissance ... dans cet ordre d'idée là, OUI, OK
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    mamadou le fou il y a 1 mois
    Des pays du MO ont passé des contrats avec des pays africains pour des employées de maison parce que les pays asiatiques interdisent dorénavant aux femmes d' y aller travailler comme domestiques.Ce n'est pas fini, Il faut plutôt essayer de comprendre ce qui dans la culture, la mentalité a permis ça, essayer de le changer
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    lavérité il y a 1 mois
    Arrêtez de vouloir vous faire de l'argent sur le dos de pauvres africains. Tout est de la faute des chefs africains. Il y a eu dles razzias mais les Européens ont commencé à se défendre et à attaquer , ont organisé des missions pour racheter les leurs etc Pourquoi les Africains n'ont rien organisé ? En ce moment il y a des ados , des femmes sénégalaises envoyées SEULES au MO, détenues en AS, Mbayang Diop . Elles ont interdiction de communiquer sur leur condition , certaines ont expliqué qu'elles n'avaient droit qu'à de l'eau chaude (dans un pays au climat désertique!) . Les chefs nègres égoistes et superstitieux qui voient en eux des prophètes ou demi dieux , livrent leur peuple.

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