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Tchad: des centaines d'exilés nigérians arrêtés et expulsés

Auteur: AFP

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Des réfugiés dans un camp — illustration (Pexels)

Des centaines de Nigérians, exilés au Tchad pour fuir l'insurrection jihadiste dans leur pays, ont été arrêtés et expulsés la semaine dernière, ont indiqué certains d'entre eux à l'AFP.

Le Nigeria est confronté depuis 17 ans à une insurrection jihadiste, déclenchée par de nombreuses violences commises par Boko Haram en 2009, qui s'est propagée au Niger, au Tchad et au Cameroun, posant un défi sécuritaire à ces pays voisins.

Ces expulsions interviennent alors que des experts de la région mettent en garde contre une recrudescence des violences liées au conflit jihadiste dans le nord-est du Nigeria au cours de l'année écoulée. Ce genre d'expulsions de ressortissants nigérians est toutefois relativement fréquente.

Deux Nigérians arrêtés au Tchad ont expliqué à l'AFP qu'environ 600 de leurs compatriotes avaient été arrêtés puis expulsés vers la ville camerounaise de Kousséri, tout près de la capitale tchadienne N'Djamena. Ils ont ensuite été conduits samedi par des agents douaniers tchadiens à Gamboru, au nord-est du Nigeria, selon ces mêmes sources.

"Vendredi, des agents de sécurité ont fait une descente chez nous", raconte Kyari Musa à l'AFP, un Nigérian qui vivait à N'Djamena. "Ils ont dit que tous les réfugiés nigérians appartenaient à Boko Haram et qu'ils devaient quitter le pays".

"Ils ont pris nos données biométriques" et "ont averti que quiconque revient et se fait arrêter écopera de 20 ans de prison", témoigne le Nigérian.

"Les arrestations massives ont commencé mercredi", relate de son côté Ari Modu, qui dit vivre toujours au Tchad grâce à la caution versée par son patron, qui lui a permis de sortir de prison.

Environ 227 personnes ont été arrêtées mercredi, estime ce dernier, et 371 autres vendredi, s'accordent à dire Ari Modu et Kyari Musa.

Le directeur général adjoint de la police nationale tchadienne, Paul Manga, a confirmé auprès de l'AFP que les forces de l'ordre avaient procédé à "une rafle" de "personnes en situation irrégulière", "toute nationalité confondue", sans donner de détails sur le nombre d'arrestations.

Les individus arrêtés "ont été reconduits à la frontière", a ajouté M. Manga, qui a souligné qu'il ne s'agissait pas "d'une chasse aux sorcières" mais d'une "opération de routine".

Les autorités camerounaises n'ont pas immédiatement répondu aux sollicitations de l'AFP.

De son côté, le Nigeria a rapatrié, ces dernières années, certains de ses ressortissants réfugiés vivant à l'étranger, dans un effort pour repeupler les campagnes et restaurer la "dignité" des personnes chassées de chez elles.

Un accord conclu en février 2025 entre le Nigeria, le Tchad et l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait permis le retour volontaire d'environ 8.000 réfugiés au Nigeria.

Mais des Nigérians rapatriés, interrogés par l'AFP en 2025, avaient confié qu'ils songeaient à quitter à nouveau leur pays. Fuyant l'insécurité dans leurs villages d'origine au nord-est du Nigeria et le chômage dans les grandes villes, certains ont même fini par retourner au Tchad, où ils ont vécu et travaillé pendant une dizaine d'années.

AFP

Auteur: AFP
Publié le: Mercredi 29 Avril 2026

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