Tunisie: rassemblement de soutien à l'ancien commentateur sportif sur Canal +, Mourad Zeghidi
Le procès en appel de M. Zeghidi, ex-commentateur sportif sur Canal +, ainsi que de son confrère Borhen Bsaies, pour des accusations de "blanchiment d'argent" et d'"évasion fiscale" doit reprendre mardi prochain.
En première instance en janvier, ils ont été condamnés à trois ans et demi de prison.
"Liberté pour la presse tunisienne", "des innocents sont en prison", scandaient les manifestants, qui brandissaient des pancartes "Free independent press".
"Le journalisme est en danger", a lancé Zied Dabbar, président du syndicat des journalistes tunisiens SNJT. Il a évoqué notamment un risque de dissolution d'une association éditant le site d'information Inkyfada lors d'une audience judiciaire le 11 mai. "C'est un média qui dérange c'est pour ça que les autorités veulent le fermer", a-t-il dit à l'AFP.
Hamma Hammami, figure de la gauche, a estimé que "l'objectif est clair: tuer la vie politique et civique en Tunisie pour instaurer un régime autoritaire". "Le fascisme envahit le pays et dévore tout sur son passage: politiciens, syndicalistes, journalistes, militants de droits de l'homme", a ajouté cet ancien prisonnier politique sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali.
MM. Zeghidi et Bsaies avaient été placés en détention en mai 2024 pour des déclarations considérées comme critiques du pouvoir du président Kais Saied, dans des émissions de radio et télévision et sur les réseaux sociaux.
Condamnés à un an de prison en vertu d'un décret-loi présidentiel visant officiellement à lutter contre "les fausses informations", mais sujet à une interprétation très large dénoncée par des défenseurs des droits humains, ils avaient vu leur peine réduite à huit mois en appel.
Ils auraient dû être libérés en janvier 2025 mais sont restés emprisonnés après le déclenchement des poursuites pour "blanchiment d'argent" et d'"évasion fiscale", des malversations contestées par leurs avocats qui évoquent uniquement des déflarations fiscales incomplètes.
Des ONG nationales et internationales dénoncent régulièrement une "régression" des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force du président Saied en juillet 2021 par lequel il s'est octroyé les pleins pouvoirs.
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