Dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 avril, plusieurs responsables militaires et civils maliens ont été arrêtés à leur domicile par des hommes armés et conduits au camp militaire de Kati, situé à 15 kilomètres de Bamako. Parmi eux figurent l'ancien premier ministre Modibo Sidibé, le directeur général de la police, le général Mahamadou Diagouraga, l'ancien ministre de la défense, le général Sadio Gassama, et le général Hamidou Sissoko, chef d'état-major particulier de l'ancien président Amadou Toumani Touré, ont indiqué des sources proches de leur famille.
L'ancien ministre Soumaïla Cissé, l'un des principaux candidats à la présidentielle prévue le 29 avril, a lui aussi été arrêté mardi matin et emmené dans une ambulance à Kati, a-t-on appris auprès de sa famille qui craint qu'il ait été blessé. Un ancien conseiller à la présidence et représentant des intérêts libyens au Mali ainsi qu'un général de gendarmerie ont également été interpellés. D'autres personnalités recherchées n'étaient pas à leur domicile lors du passage des forces de sécurité pour les arrêter.
Aucune information sur la raison de ces arrestations n'a, pour l'heure, été donnée. Selon un officiel proche de la junte - qui a pris le pouvoir à Bamako, le 22 mars, pour le rendre trois semaines plus tard -, "le moment venu, on dira ce qu'on leur reproche". Neuf personnalités, dont cinq anciens ministres du régime Touré, avaient été libérées la semaine dernière après avoir été arrêtées lors du coup d'Etat du 22 mars.
DÉSIGNATION DU PREMIER MINISTRE DE TRANSITION
Cette vague d'interpellations intervient alors que le Mali attend, mardi, la désignation d'un premier ministre de transition dont la priorité sera de poursuivre le dialogue avec la rébellion touareg et des islamistes armés qui occupent et contrôlent le nord du pays depuis plus de deux semaines. Elle apparaît comme la volonté de l'ex-junte militaire qui avait renversé le régime du président Amadou Toumani Touré le 22 mars avant d'accepter de rendre le pouvoir aux civils, de montrer qu'elle n'entend pas se laisser marginaliser par les politiques, selon des observateurs à Bamako.
Auteur: lemonde.fr et france24
Publié le: Mardi 17 Avril 2012
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