Arguments en faveur des Lions face au tribunal CAF/FIFA (par Racine Assane Demba)
Après les incidents qui ont émaillé la victoire des Lions sur le Maroc en finale de la CAN ce dimanche, on s'achemine vers des sanctions à l'encontre de l'équipe du Sénégal. L'entraineur Pape Bouna Thiaw est particulièrement exposé. La fédération marocaine ayant déjà saisi la Confédération africaine de football et la FIFA en ce sens. Ces deux instances ont donné le ton en condamnant la décision du coach et d'une partie de l'équipe d'avoir momentanément quitté la pelouse du stade de Rabat.
Pape Thiaw et la Coupe du monde
Une suspension de Pape Thiaw se dessine. Toutefois cette sanction devrait seulement concerner les matchs sous la bannière CAF et non ceux organisés par l'instance suprême du football mondial, la FIFA, notamment la Coupe du monde prévue en juin prochain (États-Unis, Canada, Mexique) et les matchs amicaux.
En effet, en la matière, il existe la jurisprudence du Nigéria, tenant du titre après avoir gagné la CAN en 1994, qui avait refusé de prendre part à celle de 1996, en Afrique du Sud, en raison de tensions diplomatiques entre les deux États. Les Nigérians avaient été suspendus pour la CAN 1998 au Burkina Faso. Toutefois, cela ne les avait pas empêchés de jouer les éliminatoires de la Coupe du monde 1998 et de participer à la compétition en France.
Un autre cas est celui du Maroc suspendu par la CAF pour les CAN 2017 et 2019 après avoir refusé d'honorer son engagement d'organiser la CAN 2015 à cause de l'épidémie d'Ebola. Non seulement les sanctions ne concernaient pas les éliminatoires de la Coupe du monde mais le Tribunal arbitral du sport les avait annulées par la suite.
A ces contentieux sur le continent africain, peuvent être ajoutés le match Brésil-Argentine de novembre 2023, que certains médias ont rappelé, durant lequel Lionel Messi avait incité ses coéquipiers à quitter la pelouse du Maracana, juste avant le coup d'envoi, à cause de violences entre policiers et supporters en tribunes. Les sanctions avaient été somme toute légères : amende d'environ 14 millions de FCFA et Messi absous en plaidant avoir, par sa décision, voulu apaiser les tensions.
Ce qui s'est passé dimanche à Rabat est certes un cas de figure différent mais les précédents susmentionnés peuvent être évoqués, au besoin, dans la défense du Sénégal en direction de la Coupe du monde, surtout après que les Marocains ont porté plainte devant la FIFA en plus de la CAF.
Aussi, certains mots utilisés par le président de la FIFA, Gianni Infantino, après la finale, font-ils penser que, malgré cette saisine du Maroc, le Sénégal peut échapper à une sanction de la FIFA et donc aller à la Coupe du monde avec le coach Pape Thiaw, quitte à le voir purger sa suspension éventuelle (ainsi que celles qui pourraient s'abattre sur d'autres membres de l'équipe et sur la FSF) à partir des éliminatoires de la prochaine CAN.
Dans sa réaction, Gianni Infantino déclare : « J'attends que les organes disciplinaires de la CAF prennent les mesures appropriées ». En n'évoquant pas les instances disciplinaires de la FIFA, il nous fait espérer que celles-ci ne donneront pas suite à la saisine du Maroc et laisseront la CAF décider seule dans son champ de compétences (compétitions officielles en Afrique uniquement).
Sanctions contre le Maroc
Si le Sénégal s'est exposé a des sanctions, le Maroc ne devrait pas y échapper non plus. Les épisodes des lasers sur Édouard Mendy (l'usage de lasers depuis les tribunes contre Mohamed Salah avait valu au Sénégal des sanctions après le match de barrage retour contre l'Égypte pour la qualification à la dernière Coupe du monde), des jets de projectiles sur la pelouse, des images ahurissantes de vol des serviettes du gardien sénégalais et de violences physiques sur son remplaçant Yehvann Diouf qui ont fini de faire le tour du monde, devraient valoir au Maroc des sanctions si la CAF veut encore se prévaloir d’un semblant d’équité.
La Fédération Sénégalaise de Football aurait pu déjà exiger officiellement ces sanctions, en réaction au communiqué de son homologue marocaine. Mais il est clair que, pour l'instant, la diplomatie a pris le pas sur toute autre considération, avec les messages d'apaisement du ministère des Affaires étrangères rappelant les liens fraternels entre les deux pays. Cette posture peut s'expliquer par la nécessité de maintenir un dialogue apaisé et une collaboration étroite avec les autorités marocaines face à l'urgence de faire libérer nos compatriotes détenus à Rabat depuis dimanche et, plus largement, de protéger les ressortissants sénégalais présents au Maroc.
Commentaires (2)
Match Can organisé par Caf plainte d'un pays Maroc devant la Caf et ́la Fida rek nga beug raatalé? Mayniou waay
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