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GRANDE INTERVIEW : FIN DE L’ILLUSION SOUVERAINISTE ? LE PRESIDENT DIOMAYE OUVRE LA PORTE AU FMI (Par Pr Amath NDIAYE)

Auteur: Pr Amath NDIAYE

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GRANDE INTERVIEW : FIN DE L’ILLUSION SOUVERAINISTE ? LE PRESIDENT DIOMAYE OUVRE LA PORTE AU FMI (Par Pr Amath NDIAYE)

En reconnaissant, lors de sa grande interview, qu’un accord avec le Fonds monétaire international constituerait un atout et en soulignant la nécessité de financements concessionnels — tout en admettant que le Sénégal a besoin de ressources longues que le marché régional ne peut offrir — le président Bassirou Diomaye Faye envoie un signal fort. Une inflexion vers le réalisme économique face aux contraintes de financement.

Le FMI, pivot du retour à la crédibilité financière

Le propos présidentiel marque une rupture : la souveraineté financière atteint ses limites, notamment dans une économie structurellement déficitaire, marquée par un déséquilibre chronique de la balance commerciale et de la balance courante. Dans ce contexte, le financement en monnaie nationale ne constitue pas une solution suffisante, dès lors que les besoins en devises restent élevés.

L’évocation d’un accord avec le Fonds monétaire international constitue ainsi un signal clé. Un programme avec le FMI permet de restaurer la confiance, de réduire les primes de risque et de faciliter l’accès aux financements extérieurs. Il agit comme un véritable label de crédibilité macroéconomique.

Au-delà du financement, ce signal est indispensable pour attirer les investissements directs étrangers (IDE). Or, ces investissements sont eux-mêmes essentiels pour la transformation structurelle de l’économie sénégalaise et la mise en œuvre de l’agenda stratégique Sénégal 2050. Sans ancrage crédible, les IDE restent limités ou exigent des primes de risque élevées.

Cette reconnaissance traduit une inflexion majeure : le financement purement souverain, notamment via le marché régional, montre ses limites face à la hausse des taux, à la contrainte de refinancement et à la fragilisation de la signature souveraine.

Le besoin structurel de financements longs et concessionnels

L’autre message central du discours est encore plus structurant :

le Sénégal a besoin de financements longs et concessionnels que le marché régional ne peut offrir.

Les ressources mobilisées auprès de la Banque mondiale ou de la Banque africaine de développement offrent des maturités longues, des taux faibles et des périodes de grâce, adaptées à la structure des besoins publics.

À l’inverse, le marché régional propose majoritairement des financements à court et moyen terme, souvent plus coûteux et avec une capacité limitée. Il en résulte un désalignement structurel entre besoins (long terme) et instruments disponibles.

Dans ce contexte, l’accès à ces financements passe nécessairement par un programme avec le Fonds monétaire international, qui structure le cadre macroéconomique et catalyse l’appui des partenaires.

Enfin, un point reste en filigrane du discours : le Président n’explicite pas clairement que l’engagement avec le FMI s’accompagne souvent d’exigences fortes, notamment en matière de traitement de la dette. La question d’une restructuration, bien que non assumée publiquement, demeure centrale.

En ouvrant la porte au Fonds monétaire international et en reconnaissant les limites du marché régional et du financement en monnaie nationale dans une économie déficitaire, Bassirou Diomaye Faye acte un tournant vers le réalisme économique.

Reste désormais l’essentiel :

transformer ce diagnostic en stratégie cohérente, attirer les IDE et assumer les ajustements nécessaires, y compris sur la dette.

Pr Amath NDIAYE

FASEG-UCAD

Auteur: Pr Amath NDIAYE
Publié le: Lundi 04 Mai 2026

Commentaires (8)

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    Deug il y a 3 semaines
    Ça se fera.sand Ousmane Sonko,c est du sabotage après tant de sacrifices.
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    Mr A il y a 3 semaines
    Amath Franc CFA. Ca ce voit que tu n'as rien compris. Dis nous ton agenda.... Pseudo intel..
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    EAC CONSULT il y a 3 semaines
    Très bonne lecture. Bon texte. Fluide concis et qui aide à comprendre l'économie. Sans parti pris. JËRËJËF !
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    Boy Naar il y a 3 semaines
    Mr Ndiaye Le Sénégal n’a jamais refusé un programme avec le FMI Le Sénégal a seulement refusé un programme avec ajustement et le recours aux ressources domestiques a été une très bonne idée pour gouverner ce pays , le programme du FMI ayant trop tardé Quoi de plus normal que d’avoir desktop prix à des taux confessionnels ??? À défaut le recours aux ressources domestiques a été ex ex celants et à perdu au Sénégal de respecter ces engagements internationaux
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    Boy Naar il y a 3 semaines
    Le recours aux ressources domestiques a été excellent à l’absence de prêts du FMI à un taux bas et à longue échéance
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    dio il y a 3 semaines
    HOOOOOOO! on est pourtant sur la bonne voie!!!!!!!!! A cause des ambitions politiques on risque de tout perdre. Qu'Allah nous Assiste!
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    Elimane KANE il y a 3 semaines
    Le Pr Amath Ndiaye tient ce discours depuis que le gouvernement a commencé à parler de dettes cachées. Nous ne pouvons pas nous passer du FMI, c'est l'évidence. Heureusement que le Président Diomaye l’a enfin compris. Ce qui reste maintenant c'est qu'il ait le courage politique de rompre avec le PM qui n’est pas dans la même direction et de trouver un autre qui sera en mesure de finaliser les discussions en cours. Parce que le mandat quand même c'est celui du Président Diomaye. C'est son bilan que nous apprécierons en février 2029.
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    Quantbusiness il y a 3 semaines
    C'est le meilleur moyen de remettre de l'ordre dans l'economie du pays et le chemin le plus court pour retrouver une croissance solide et durable. Il suffit d'analyser le mode de financement du dernier pret pour payer la dette du Senegal en devises. Les conditions sont beaucoup plus draconniennes en sus d'une decote d'au moins 30%. J'ai du mal a avaler cette pilule des souverainistes qui vont jusqu'a utiliser des produits financiers derives ou synthetiques pour rembourser une dette.. Meme le Burkina Fasso a des relations avec le FMI. Je suis entrain de lire un rapport du FMI sur la situation de ce pays et l'extension des credits de facilite de cet organisme international pour le Burkina Fasso ( Third review under the extended credit facility arrangement, request for waivers of nonobservance of performance criteria,........etc). La relation des gouvernements dits populists avec les organisations internationales comme le FMI ou la BM me rappelle un le paradoxe de Jevons.

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