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Quand les architectes du changement se déchirent : le Sénégal face à son plus grand défi (Par Dr Cheikhabdou Lahad MBACKE)

Auteur: Par Dr Cheikhabdou Lahad MBACKE

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Quand les architectes du changement se déchirent : le Sénégal face à son plus grand défi (Par Dr Cheikhabdou Lahad MBACKE)

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Le Sénégal vit aujourd'hui un moment politique historique dont les conséquences pourraient marquer durablement l'avenir de la nation. Le limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko par le président Bassirou Diomaye Faye et la nomination d'Ahmadou Al Aminou Lo à la tête du gouvernement ouvrent une nouvelle séquence politique pleine d'incertitudes, mais aussi de questionnements sur l'avenir du projet porté par le PASTEF depuis son accession au pouvoir en 2024.

Pendant plus d'une décennie, Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye ont incarné ensemble l'espoir d'un changement profond au Sénégal. Face à un système politique jugé épuisé par une grande partie de la population, notamment la jeunesse, ils ont porté un discours de rupture fondé sur la souveraineté nationale, la justice sociale, la transparence dans la gestion des ressources publiques et la lutte contre la corruption. Leur combat commun a suscité une mobilisation populaire exceptionnelle qui a permis l'alternance politique de 2024.

Aujourd'hui, cette alliance historique semble avoir volé en éclats. Les divergences qui étaient longtemps restées discrètes sont progressivement apparues au grand jour. Derrière les tensions personnelles souvent évoquées dans les médias se cachent en réalité des désaccords profonds sur la gouvernance de l'État, la gestion économique du pays et les orientations stratégiques à adopter face aux difficultés actuelles.

Le Sénégal fait face à une situation économique particulièrement délicate. Le pays est confronté à une dette importante, à des négociations complexes avec les institutions financières internationales et à une pression sociale croissante liée au chômage, à la hausse du coût de la vie et aux attentes immenses suscitées par l'alternance politique. Dans ce contexte, les choix économiques deviennent déterminants. Certaines voix défendent une approche de rupture visant à renforcer l'indépendance économique du pays, tandis que d'autres privilégient une stratégie plus prudente destinée à rassurer les investisseurs et les partenaires internationaux.

Le départ d'Ousmane Sonko constitue donc bien plus qu'un simple remaniement ministériel. Il symbolise une fracture au sommet de l'État entre deux visions du pouvoir et du développement. Pour ses partisans, Sonko demeure la figure politique la plus populaire du pays, celle qui a porté les aspirations profondes d'une jeunesse en quête de dignité, d'emploi et de souveraineté. Pour ses détracteurs, son style de gouvernance et certaines de ses positions auraient contribué à accentuer les tensions politiques et économiques dans un contexte déjà fragile.

La nomination d'Ahmadou Al Aminou Lo comme Premier ministre apparaît comme un signal fort envoyé aussi bien aux Sénégalais qu'aux partenaires internationaux. Économiste reconnu et ancien responsable de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, il incarne un profil technocratique dont la mission principale sera de restaurer la confiance économique, accélérer les réformes et accompagner le redressement des finances publiques. Son arrivée témoigne de la volonté du président Diomaye Faye d'ouvrir une nouvelle phase davantage centrée sur la gestion économique et la stabilité institutionnelle.

Cependant, la question essentielle demeure : cette nouvelle orientation permettra-t-elle de répondre aux attentes populaires qui ont porté le changement politique ? Les Sénégalais ne jugeront pas les dirigeants sur les discours ou les rivalités internes, mais sur leur capacité à améliorer concrètement les conditions de vie. Le chômage des jeunes, la précarité sociale, l'accès aux services publics, l'éducation, la santé et la valorisation des ressources naturelles restent les véritables priorités nationales.

L'autre défi majeur concerne la cohésion politique. Le risque aujourd'hui est de voir les divisions internes du camp au pouvoir fragiliser davantage les institutions et ralentir les réformes indispensables. Le Sénégal a toujours été cité comme un modèle démocratique en Afrique de l'Ouest. Cette réputation repose sur la solidité de ses institutions, le respect du pluralisme politique et la capacité des acteurs à privilégier le dialogue plutôt que l'affrontement. Il est donc impératif que les divergences actuelles soient gérées dans le cadre républicain afin de préserver la stabilité du pays.

Par ailleurs, le retour probable d'Ousmane Sonko au premier plan politique pourrait ouvrir une nouvelle étape de la vie démocratique sénégalaise. Son influence demeure considérable au sein du PASTEF et auprès d'une partie importante de la population. Beaucoup d'observateurs estiment déjà que les prochaines années seront marquées par une recomposition du paysage politique autour de la relation désormais conflictuelle entre les deux anciens alliés.

Au-delà des personnes et des ambitions politiques, c'est l'avenir du Sénégal qui doit rester au centre des préoccupations. Les citoyens attendent des résultats, de la transparence, de la responsabilité et une vision claire pour l'avenir. Ils souhaitent voir leurs dirigeants se concentrer sur les solutions plutôt que sur les querelles de pouvoir.

L'histoire retiendra peut-être cette période comme celle d'une rupture décisive au sein du mouvement qui avait incarné l'espoir du changement. Mais elle pourrait également retenir que les institutions sénégalaises ont su démontrer leur maturité en traversant cette crise dans le respect de la démocratie et de l'État de droit.

Le Sénégal possède les ressources humaines, économiques et culturelles nécessaires pour relever les défis qui se présentent à lui. Pour y parvenir, il faudra privilégier l'unité nationale, le dialogue politique, la rigueur dans la gestion publique et l'intérêt supérieur de la nation. Les hommes passent, les fonctions changent, mais le Sénégal doit demeurer plus grand que les ambitions individuelles.

L'heure n'est ni à la division ni aux règlements de comptes. L'heure est à la responsabilité, à la réflexion collective et à la construction d'un avenir à la hauteur des aspirations du peuple sénégalais.

Dr Cheikhabdou Lahad MBACKE

Docteur en politiques publiques et en macroéconomie appliquée Spécialiste en négociation et gestion des conflits Mbacke23@gmail.com

Auteur: Par Dr Cheikhabdou Lahad MBACKE
Publié le: Mercredi 27 Mai 2026

Commentaires (1)

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    Fabondi il y a 12 heures
    Le peuple sénégalais avait dans grande majorité pour le changement avec une grande attente en ce nouveau régime Mais aujourd’hui le peuple se rend compte qu il s est trompé dans son choix Les gens que nous avons porté au pouvoir s entredéchirent pour des intérêts crypto personnels les institutions sont piétinées la republique est à terre la médiocrité la méchanceté la jalousie l incompétence L’hypocrisie le mensonge sont devenues les critères de nomination à des postes de responsabilités L économie sénégalaise vit les pages les plus sombres de son histoire La médisance et la calomnie sont monnaies courantes dans les plus hautes sphères de l état Le bateau Sénégal n a presque plus de gouvernail Un individu qui en même temps premier ministre et président de l assemblée nationale alors qu il n’est même un député Il convoque les députés fait démissionner le président de l assemblée et se fait élire président de l assemblée nationale en faisant fi de la loi et du règlement intérieur de l assemblee Pendant ce temps le peuple vit dans la précarité le besoin et la pauvreté alors que les membres du pastef bénéficient de tous les privilèges au nom de la république C’est dans ce Sénégal que nous vivons aujourd’hui et nous prions le bon de remettre le Sénégal sur le droit chemin et nous doter de dirigeants capables de conduire les destinées de notre très cher pays

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