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Sachets d’eau : Le grand laisser-aller qui nous coûte cher (par Babacar Kébé)

Auteur: Babacar KEBE

Sachets d’eau : Le grand laisser-aller qui nous coûte cher (par Babacar Kébé)

Sachets d’eau : Le grand laisser-aller qui nous coûte cher (par Babacar Kébé)

Au Sénégal, le sachet d’eau est devenu un symbole du quotidien. On en trouve à chaque coin de rue, dans les bus, les marchés, les écoles, les hôpitaux et lors des cérémonies. Son prix abordable et sa disponibilité permanente en font un produit de première nécessité pour des milliers de citoyens. Mais derrière cette apparente banalité se cache une réalité beaucoup plus inquiétante : celle d’un risque sanitaire que nous semblons avoir fini par banaliser.

À force de rechercher le moins cher, nous oublions parfois l’essentiel : notre santé n’a pas de prix. Cette logique du coût immédiat nous conduit à fermer les yeux sur l’origine de l’eau que nous consommons, sur les conditions dans lesquelles elle est produite et sur les garanties sanitaires qu’elle devrait offrir.

Depuis plusieurs mois, les forces de défense et de sécurité multiplient pourtant les opérations de démantèlement d’unités clandestines de production d’eau en sachet. D’avril à juillet, plusieurs sites ont été découverts dans différentes localités, notamment à Keur Massar, Yeumbeul, Thiaroye, Pikine, leurs environs et même jusqu’à Thiès. Les images diffusées après ces opérations sont édifiantes : matériel insalubre, absence totale de normes d’hygiène, stockage dans des conditions déplorables et procédés de fabrication incompatibles avec les exigences sanitaires. Aujourd’hui, plusieurs régions du Sénégal abritent des unités de production similaires, où circulent parfois les mêmes marques d’eau en sachet pourtant jugées impropres à la consommation. Si les opérations de démantèlement menées à Dakar et à Thiès sont à saluer, elles ne doivent pas rester isolées. Cette lutte doit être étendue à l’ensemble du territoire national, sans aucune exception.

Le plus préoccupant est que ces découvertes ne relèvent plus seulement de simples soupçons. Elles sont désormais confortées par des données scientifiques. Selon une étude menée entre juillet et septembre 2025 par des chercheurs de l’UCAD, relayée par Le Soleil, 50 marques de sachets d’eau ont été analysées à travers 100 échantillons prélevés dans plusieurs villes du Sénégal. Les résultats sont alarmants : 80 % des échantillons présentent une forte contamination au FAMT à 37 °C, 84 % au FAMT à 22 °C, et surtout 82 % des échantillons ont été jugés impropres à la consommation.

Ces chiffres doivent provoquer un électrochoc. Ils rappellent que derrière un simple sachet vendu à quelques dizaines de francs peut se cacher un véritable danger pour la santé publique. Cette responsabilité ne repose pas uniquement sur les producteurs clandestins. Elle interpelle également l’État. Les ministères de la Santé et du Commerce, les services de l’Hygiène publique, les collectivités territoriales ainsi que les organismes de contrôle doivent renforcer leur présence sur le terrain. Les descentes ponctuelles sont nécessaires, mais elles ne suffisent plus. Il faut instaurer des contrôles permanents, assurer la traçabilité des unités de production, retirer systématiquement du marché les produits non conformes et appliquer des sanctions dissuasives à l’encontre des contrevenants.

Les citoyens ont, eux aussi, une part de responsabilité. Le réflexe consistant à acheter le produit le moins cher sans se préoccuper de son origine doit évoluer. La santé est une responsabilité collective. Chaque consommateur doit apprendre à reconnaître les produits conformes et à signaler les pratiques suspectes. Le défi est aussi culturel. Pendant trop longtemps, nous avons parfois toléré certaines dérives au nom de la solidarité, du ‘’ndimbal jaaboot’’ ou de la proximité sociale. Mais aucune solidarité ne peut justifier une activité qui met en péril la santé de toute une population. L’accès à une eau potable de qualité est un droit fondamental. Le protéger exige des décisions fortes, des contrôles rigoureux et une vigilance citoyenne de tous les instants. Car une nation qui laisse circuler une eau impropre à la consommation met silencieusement sa propre santé en danger.

Le sachet d’eau ne doit plus être seulement un produit bon marché. Il doit être, avant tout, un produit sûr. C’est à ce prix que nous préserverons la santé des Sénégalais.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- 80 % des échantillons de sachets d'eau analysés par des chercheurs de l'UCAD présentent une forte contamination bactérienne, et 82 % sont jugés impropres à la consommation. - Des unités clandestines de production d'eau en sachet ont été démantelées à Keur Massar, Yeumbeul, Thiaroye, Pikine et Thiès, avec des conditions d'hygiène déplorables. - L'article appelle à des contrôles permanents, une traçabilité des unités de production et des sanctions dissuasives, ainsi qu'à une vigilance citoyenne.
Auteur: Babacar KEBE
Publié le: Vendredi 10 Juillet 2026

Commentaires (10)

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    ZOO ⭐ Top commentaire il y a 11 heures
    Le Sénégal est un zoo à ciel ouvert. Un pays où l'état a abdiqué. C'est le sauve qui peut dans ce bled.
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    Darkpenguin il y a 10 heures
    Ce qui se passe au Sénégal avec l'exode d'un peuple venu de nos frontières Sud est un tragédie de histoire, une dialectique de la recherche de la terre promise. La question dépasse le cadre de la production artisanale de sachets d'eau, de pain et d'huile (souvent conditionnée dans des fûts de carburant de récupération) ou de l'omniprésence d'étrangers dans les moto-taxis (*Jakarta*) et de la vente de nourriture de rue. C'est un problème l'exode d'un peuple chez soi qui cherche à s'accaparer des moyens qui lui accessible pour dominer son nouvel espace conquis. L'exode d'un peuple a toujours mal fini pour les populations qui les ont accueillis. Lorsque les Irlandais ont fui vers de nouvelles terres comme l'Amérique et l'Australie en raison du mildiou de la pomme de terre, ils ont fini par massacrer les populations autochtones amérindiennes. Quant aux Juifs, ils ont d'abord tenté de dominer l'économie et les affaires en Europe ; face à la révolte des Européens, qui a abouti à l'émergence du Nazisme et la Deuxième guerre mondiale, ils sont partis en exil en Amérique et en Palestine. Aujourd'hui, sur ces deux territoires, ils ont conspiré pour contrôler l'économie et la politique et en Palestine, ils ont également massacré la population palestinienne autochtone. Un pays ne devrait jamais accueillir un autre peuple cherchant l'exil à l'intérieur de ses frontières. Le Sénégal paiera le prix fort pour ses erreurs concernant les Peuls du Fouta Djialon s'il n'organise pas leur retour dès maintenant, car ils sont venus sans aucune intention de repartir ; ce qu'ils recherchent, c'est un exode définitif.
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    Doudou il y a 10 heures
    Nous sommes dans un pays où chacun fait ce que bon lui semble Regardez ce qui se passe au rond point liberté 6 derrière les immeubles avec les mécaniciens les garages clandos les épaves de véhicule la vente et la consommation de drogue à ciel ouvert Les apprentis qui pissent dans la rue La voie parallèle au corridor du BRT qui est entrain d’être transformée en marche par les tabliers étrangers et sénégalais Les mécaniciens qui y réparent les cars clandos blancs en panne dans la rue avec une occupation de la voie publique Les riverains qui habite dans les villas situés derrière les immeubles du rond point liberté 6 ne peuvent même plus accéder à leurs maisons car les mécaniciens et les clandos ont transformé l entrée de la cité en garage de réparation automobile On se demande où le gouverneur le préfet et le maire des sicaps liberté Les habitants ne savent plus à quel saint se vouer et ce qui encore plus grave c’est que des gens qui habitent dans la banlieue qui sèment le bordel et qui rentre chez eux le soir venu
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    Cerd il y a 10 heures
    Ce pastefien n a rien a nous dire pas de leçon continue a leche les gars de pastef c est tout
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    Aamx il y a 9 heures
    Vraiment, un journaliste politicien qui indexe les responsabilités de tous sauf les tenants du pouvoir qui donne des instructions et les moyens d'exercer.
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    El Griot il y a 5 heures
    Une chose encore plus importante, l'immense pollution que cela occasionne, ces millions de sachets sont jeté n'importe où, ils finissent dans la mer, dans les bolongs, et leurs destruction peut prendre jusqu'à 400 ans pour que les molécules soient éliminées, 400 ans !! L'égoïsme et le jmanfoutisme d'aujourd'hui va laisser à nos enfants et petits enfants un pays de désolation par la pollution, et ce, accentué par le réchauffement climatique, les Sénégalais regarde ailleurs quand la maison brûle, c'est une honte d'ignorer cette situation, au même titre que boire cette eau complètement polluée, j'ai connu à saly un gros producteur de sachets d'eau, sa machine tournait 24h sur 24, en puisant de l'eau dans un puits entouré de 3 fosses septique, beurk !!!
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    DEUG il y a 11 heures
    Beau texte qui mérite une prise de conscience collective.
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    DEUG il y a 11 heures
    Beat texte qui mérite une prise de conscience collective.
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    Mifaye il y a 10 heures
    Un pays rideau maiga ne peut pas etre en SECRURITE!
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    allo il y a 7 heures
    Un pays toujours dirige par des nullards depuis son independance.

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