Ce n’est pas tous les jours qu’un leader politique et ancien Premier ministre change de confrérie, de guide spirituel ou embrasse une obédience religieuse autre que celle pour laquelle il est connu et reconnu. Pour le cas d’Idrissa Seck, changer de confrérie n’est pas aussi anodin que quitter le PDS pour créer le Rewmi, un cadre d’hébergement provisoire devenu définitif. Et les motivations supposées ou avérées laissent perplexes ces observateurs, militants ou simples citoyens qui douteraient de la sincérité d’un tel acte. Comme s’il était politiquement correct, au Sénégal, de déclarer ouvertement sa «mouridité», un raccourci pour accéder au pouvoir, à la magistrature suprême selon certaines croyances.
Pourtant, l’ex-maire de Thiès n’a jamais caché son appartenance, son attachement à la confrérie de Cheikh Ahmed Tidiane. Et Tivaouane se glorifiait même de compter parmi les siens, un membre de la confrérie dans les plus hautes sphères de l’Etat.
Aujourd’hui, dans sa quête effrénée d’un pouvoir qu’il cherche à reconquérir, le président du Conseil départemental de Thiès a changé d’itinéraire ; il s’est trouvé un nouvel allié avec qui il entretenait déjà de bonnes relations. Mais de là à embrasser la voie de Cheikh Ahmadou Bamba, à faire acte d’allégeance (diébelou) au Khalife général des Mourides, pour un responsable politique de la dimension d’Idrissa Seck, il y a un pas et pas des moindres qui vient d’être franchi. De la critique à l’admiration, le geste est ouvert à toute interprétation possible et imaginable. D’aucuns trouveraient des soubassements politiques voire politiciennes à cet acte d’allégeance sans précédent dans l’histoire politique du Sénégal.
Car en enfilant le manteau de talibé de Serigne Cheikh Sidy Makhtar Mbacké, khalife de Touba, Idrissa Seck renonce dans le même temps à la confrérie tidiane, de manière volontaire. Il quitte les siens et brise le seul lien qui le maintenait encore dans une famille religieuse souvent présentée comme le concurrent direct de Touba. Une reconversion polémique qui pourrait être interprétée tel un reniement que Tivaouane appréciera à sa manière. Serait-il exagéré toutefois de parler d’apostasie, puisqu'il n'a pas changé de religion. Pour le cas précis d'Idrissa Seck, le nouveau mouride, on peut parler, pourquoi pas, d' «apos-tariqa».
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