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Tabaski : On a troqué la foi contre le m'as-tu-vu (par Sokhna Isseu Samb)

Auteur: Sokhna Faty Isseu SAMB

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Tabaski : On a troqué la foi contre le m'as-tu-vu (par Sokhna Isseu Samb)

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À l’approche de la Tabaski, une fête pourtant censée célébrer la foi, la soumission à Dieu et la solidarité, notre pays plonge un peu plus dans une psychose collective. L’inquiétude se lit sur le visage des pères et mères de famille, et la peur a investi la rue. Désormais, sortir le jour est un risque, circuler la nuit est un acte de bravoure. Le Sénégal est en train de perdre son âme au rythme des sirènes de police et des cris des victimes d'agressions.

À quel moment notre pays a-t-il ainsi basculé ? Depuis quand cette fête si sacrée est-elle devenue la source des pires malheurs des Sénégalais ?

L'horreur ne s'arrête plus aux agressions de rue ; elle s’invite désormais dans les enclos et les foirails. Le vol de bétail est devenu une véritable industrie criminelle à l'approche du jour J. Des éleveurs qui ont sué toute l'année et des pères de famille qui ont longtemps économisé se voient dépouillés en une nuit par des bandes de criminels sans scrupules. Récemment, un vol spectaculaire de moutons a failli être commis dans la commune de Dinguiraye. Les gendarmes ont eu la bravoure de repousser les malfaiteurs. Aujourd'hui, posséder un mouton chez soi est devenu une source d'angoisse extrême, obligeant les citoyens à barricader leurs domiciles ou à dormir à la belle étoile pour veiller sur leur bête.

Pourtant, le Tout-Puissant, dans Sa miséricorde infinie, a tout simplifié. Le sacrifice d'Ibrahim est une tradition prophétique bien encadrée : que celui qui en a les moyens l'accomplisse ; que celui qui ne le peut pas s'abstienne. Dieu n'impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Nulle part il n’est écrit qu’un musulman doit s’endetter, s’humilier, voler le cheptel de son prochain, ou pire, agresser et tuer pour obtenir un bélier.

Malheureusement, dans notre société actuelle, la foi a été troquée contre le m'as-tu-vu. Le « qu’en-dira-t-on » est devenu notre nouvelle religion. On cherche à acquérir le plus gros mouton du quartier pour défier le voisinage. On exige le tissu le plus cher, les bijoux les plus étincelants, les coiffures les plus extravagantes, pour pouvoir poster des statuts qui durent 24 heures. Nous avons transformé un grand moment de piété en une compétition superficielle et matérialiste.

Dans cette dérive, la responsabilité des familles est immense. Il est temps que les parents arrêtent de se plaindre à tout bout de champ devant leurs enfants, en exposant des frustrations financières insoutenables à l'approche de la fête. Comment peut-on mettre une telle pression psychologique sur des jeunes qui, pour beaucoup, subissent le chômage et n’ont aucune source de revenus stable ? Ces complaintes permanentes et ces exigences démesurées finissent par résonner chez certains jeunes comme une injonction : il faut trouver de l'argent ou un mouton, par tous les moyens. Cette pression peut pousser certains esprits à la violence, au vol à main armée dans les bergeries ou à l'agression sauvage d’honnêtes individus.

Parents, il est temps de revenir aux fondamentaux de notre éducation. Apprenez à vos enfants la culture du Soutoura (la dignité dans la discrétion) et du Sante (la gratitude envers le Créateur). Apprenez-leur à se contenter de ce qu’ils ont. Personne ne vous oblige à porter la plus belle robe ou à immoler le mouton le plus cher pour être un bon croyant.

La réponse à la criminalité et aux rapts de bétail qui nous frappent à chaque veille de fête ne sera pas uniquement policière. Elle doit être morale et familiale. Si la Tabaski doit continuer à se préparer dans le sang, les larmes, le vol et la terreur, c’est que nous avons collectivement échoué.

Limitons-nous aux fondamentaux de la fête, et luttons contre ce matérialisme destructeur qui nous déshumanise. Que ce moment redevienne ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un instant de paix, de partage et de dévotion sincère. Pour que plus jamais un Sénégalais ne perde sa vie ou le fruit de son travail afin qu’un autre puisse feindre la réussite le jour de la fête.

Auteur: Sokhna Faty Isseu SAMB
Publié le: Lundi 25 Mai 2026

Commentaires (12)

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    Vrai il y a 8 heures
    Tres belle article. Faut retourner aux fondafentaux de l Islam
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    Très beau article il y a 8 heures
    Mme AMB 👌🏾👌🏾👌🏾🤲🏾
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    Nianthio il y a 7 heures
    Il faut aussi inciter a cette jeunesse de travailler pour assurer la relève. Cest au Sénégal qu on voit la plus part des jeunes vivre aux basques de leurs parents retraités. Des fainéants très actifs en politique, des leche Qs. Travaillez
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    Aamx il y a 7 heures
    Toujours la même chanson pour pointer du doigt accusateur sur les dépenses pour la tabaski le ramadan ou la korité…. Remarquez que ce sont uniquement les fêtes religieuses qui sont visées. Pourtant quand il s’agit de concert d’artistes ou de festivités de nouvel an …. Ces dépenses deviennent normales à la limite magnifique. Par moment il faut savoir laisser les gens leur liberté de choisir leur loisir, de dépenser leur argent comme bon leur semble et c’est tout. On en a marre de ces pseudos donneur de leçons qui ne se priveront jamais de bouffer de la viande de mouton bien gras sous prétexte que cela a coûté cher
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    Christian il y a 6 heures
    Chez les catholiques, le phénomène est aussi prégnant lors des "1ères communions" où les parents rivalisent de "prouesses financières" pour faire plaisir à leurs enfants communiants (vestes-nœuds papillons pour les garçons, robes de mariés pour les filles...). Sans compter les festivités dans des salles de spectacles huppés louées à coût de centaines de milliers de f cfa... Comment faire pour arrêter ce phénomène dont l'importance est certes reconnues (le mystère de l'Eucharistie) ? Les Conseils Diocésains du Laïcat (CD) et au-delà le Conseil National du Laïcat (CNL) ainsi les équipes pastorales paroissiales sont interpelés !
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    Shekhou il y a 6 heures
    Il y a aussi et surtout, dans ce dévoiement de la religion, la lourde responsabilité de la multitude de chefs religieux et autres khalifes généraux. En effet, ceux-ci ne se soucient plus d’enseigner les concepts et préceptes de l’islam à leurs talibés mais plutôt, exclusivement, des voies et moyens de préserver et de renforcer le statut social et les oripeaux proconsulaires (richesse essentiellement ) de l’audience héritée de leurs pères. Quel chef religieux penserait à recommander (au gouvernement ? ), compte tenu de la conjoncture économique difficile, de ne pas observer le rituel de la tabaski cette année ou, en tout cas, de ne pas sacrifier de mouton, comme l’a fait le roi du Maroc l’année passée en s’appuyant bien sur la Sunna du prophète PSL ?
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    pays virtuel il y a 5 heures
    En réalité le Sénégal est devenu un pays virtuel où le matériel domine tout .
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    Moi il y a 5 heures
    Je verrais bien par exemple pour les catholiques, que les communiant(e)s soient toutes et tous vêtu(e)s de tenues traditionnelles et que les festivités qui leur sont destinées soient organisées dans les paroisses, chaque parent apportant sa contribution !
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    Lamine il y a 4 heures
    Un Imam dans un quartier de Dakar a proposé que le jour de la Tabaski un Imam immole une chèvre devant tout le monde pour montrer que c'est permis par la religion. Car le faire dans un ménage à Dakar peut être source de divorce. Un mouton coutant entre 500 mille et 1 million ou plus et un taureau à 500 mille aussi. Quelle société!
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    Arame il y a 4 heures
    Très beau article ma grande dame Malheureusement, on a affaire à une jeunesse matérialiste qui à un point aime utilisé la voie facile que de se retrouver avec des sueurs au front. La jeunesse doit être conscientée pour qu’elle sache que la relève est à elle.
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    Citoyen il y a 3 heures
    Le phénomène n’est pas exclusivement lié à la Tabaski ; cette fête ne fait que le rendre plus visible et l’amplifier. Il faut plutôt se réjouir de voir les populations se mobiliser et faire des efforts pour célébrer dignement cette fête qui nous est chère. Certes, il est recommandé de sacrifier un bélier et de porter ses plus beaux habits — pas nécessairement neufs — dans la mesure de ses moyens. Cela relève à la fois d’une responsabilité individuelle et d’une solidarité collective. Cependant, nous vivons dans une société où les considérations matérielles occupent une place de plus en plus importante. Les amitiés, les relations entre parents et enfants, entre époux ou encore entre proches se trouvent parfois fragilisées par des questions financières, dans un contexte où chacun est davantage exposé au regard des autres et aux comparaisons sociales. Il serait donc réducteur d’établir un lien direct entre ces difficultés et la seule Tabaski. Cette période ne fait que révéler des réalités déjà présentes dans notre quotidien. Plutôt que de pointer la fête du doigt, il convient d’en saluer la ferveur tout en s’attaquant aux causes profondes du malaise : nos habitudes de vie, notre rapport à l’argent, nos comportements et la qualité de nos relations humaines. C’est à ce niveau qu’il faut agir pour combattre le mal à la racine. Je terminerai en rappelant que tout acte que nous posons devrait nécessairement s’appuyer sur un référentiel spirituel et des valeurs qui donnent du sens à nos choix, afin que le matériel demeure un moyen et non une finalité.
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    Mags Maguette il y a 3 heures
    Le manque de solidarité est également à déplorer pendant ces moments de communion. D'autre part je ne pense pas que ceux qui volent des moutons le font généralement pour perpétuer le sacrifice de Seydina Ibrahim. Ce sont, à mon avis, des malfaiteurs qui profitent juste de l'occasion pour s'adonner à leur activité favorite, le vol, pour probablement revendre le mouton dérobé à vil prix.

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