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Thiès : L'envers du décor et les sacrifices extrêmes des pères de famille pour la Tabaski

Auteur: Ablaye Gadiaga Sarr

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Thiès : L'envers du décor et les sacrifices extrêmes des pères de famille pour la Tabaski

À quelques jours de la Tabaski, la pression monte d’un cran dans les foyers sénégalais. À Thiès, comme partout ailleurs dans le pays, les chefs de famille multiplient les efforts pour réunir l’argent nécessaire à l’achat du mouton, des condiments et des vêtements destinés aux enfants. Entre petits boulots, privations et sacrifices personnels, beaucoup vivent cette période comme une véritable épreuve de force.

Au marché central de Thiès, l’ambiance est déjà électrique dès les premières heures de la matinée. À 8 heures, les commerçants, conducteurs de motos-taxis Jakarta, chauffeurs, vendeurs ambulants et autres travailleurs informels sont déjà à pied d’œuvre. Tous partagent le même objectif : maximiser leurs gains pour faire face aux dépenses colossales de l’Aïd el-Kebir.

Un panier de légumes en équilibre sur la tête, Aïssatou se dépêche de rejoindre son étal. Veuve et mère de cinq enfants, elle dit vivre une pression permanente à l’approche de la fête. Chaque jour, elle quitte son domicile du quartier Kaosara Fall pour vendre ses produits jusqu’en soirée, dans l’espoir de subvenir aux besoins de sa progéniture.

« Actuellement, tous les pères et mères de famille sont sous pression. Chacun cherche de l’argent pour les besoins de la Tabaski », confie-t-elle, les traits tirés par la fatigue. Malgré les difficultés, elle affirme avoir déjà sécurisé un mouton, mais il lui reste encore à financer les vêtements de ses filles ainsi que les condiments pour le jour J. « Je me sacrifie tous les jours pour éviter que mes enfants n'envient les voisins », lâche-t-elle.

Des sacrifices parfois extrêmes

Les témoignages recueillis sur place montrent jusqu’où certains parents sont prêts à aller pour préserver la dignité familiale pendant cette grande fête religieuse.

Galaye, un retraité de la place, raconte ainsi avoir dû vendre par le passé son réfrigérateur et son téléviseur pour acheter un bélier. « Je ne voulais demander de l’aide à personne », explique-t-il pour justifier son geste. Cette année encore, il prévoit de vendre son mouton de race Ladoum afin d’en acheter un autre plus abordable et pouvoir payer les frais annexes liés à la fête.

Selon lui, la pression sociale pousse malheureusement certaines personnes vers des dérives regrettables. « On entend parler de vols et d’agressions à cause de la Tabaski. Les gens doivent garder leur dignité et faire strictement selon leurs moyens », conseille-t-il.

Même constat chez Assane, un jeune maçon fraîchement marié. Déterminé à offrir un mouton et des tissus de valeur à son épouse pour sa première Tabaski en tant que chef de famille, il accepte tous les contrats possibles, sans distinction.

« Si je ne trouve pas de chantier de maçonnerie, je fais autre chose. Je n’écarte aucun travail qui peut me rapporter de l’argent », affirme-t-il. Il confie même avoir accepté récemment de déboucher une fosse septique seul pour empocher une petite somme. « Tout ce qu’on veut, c’est réunir le budget nécessaire avant le jour de la Tabaski », dit-il.

Père de famille à la tête d'un ménage polygame de deux épouses, Daouda reconnaît que cette année est particulièrement lourde sur le plan financier. Vigile de profession, il explique que son faible salaire, couplé aux conséquences économiques des dernières années, complique fortement les préparatifs.

« Pour le moment, je n’ai réglé que les vêtements de mes deux épouses. Il me reste ceux des enfants, le mouton et les condiments », énumère-t-il, un brin anxieux.

« Tout le reste n’est que du divertissement »

Face à cette forte pression sociale, certains acteurs clés rappellent cependant les véritables recommandations de l’islam concernant la Tabaski. Selon un religieux interrogé, la fête ne comporte en réalité que deux obligations fondamentales : accomplir la prière de l'Aïd et procéder au sacrifice d’un animal conformément aux prescriptions islamiques.

« Tout le reste, c’est du Ada, c’est-à-dire des coutumes sociales. Personne n’est obligé d’acheter des vêtements neufs ou un mouton hors de prix », explique-t-il avec pédagogie. Il insiste sur le fait qu’une seule personne peut sacrifier un animal pour l'ensemble de la concession et que chacun doit agir selon ses capacités financières.

« On ne doit pas copier les voisins. La Tabaski passe, mais les factures d’eau et d’électricité restent », rappelle-t-il avec lucidité, appelant les populations à éviter l’endettement systématique et les dépenses ostentatoires.

Auteur: Ablaye Gadiaga Sarr
Publié le: Mardi 26 Mai 2026

Commentaires (1)

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    Gorgui il y a 1 jour
    Sans pression j'ai acheté 6 kilos de viande pour célébrer la tabaski faute de m'acheter un mouton.... M'endetter pourquoi faire.... quémander non .....

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