Cancers du sein et col de l’utérus : La thèse de Mory Diallo atteste les coûts onéreux des traitements au Sénégal

Le terme de coûts directs recouvre les dépenses supportées directement par le patient au sein de la structure sanitaire comprenant l’achat des tickets, les examens médicaux, le bilan sanguin, la mammographie, la biopsie, les scanners... « Tous ces paquets-là d'examens qui permettent d'abord aux médecins de diagnostiquer la maladie. Il y a également la chimiothérapie, qui est également très coûteuse. Malgré la subvention de la chimiothérapie par l’Etat qui est entrée en vigueur en octobre 2019, il y a la chirurgie », a énuméré Dr Mory Diallo qui avait également comme encadreur, feu professeur Cheikh Niang, un anthropologue très connu pour ses travaux sur la santé.
S’agissant du cancer du col de l’utérus, les coûts directs moyens sont estimés entre 4, 5 millions et 4, 7 millions de Francs C FA pour une durée moyenne de 19 mois. « Pour les malades atteints de cancer du col de l'utérus, il y a le frottis vaginal. Malgré toutes ces dépenses, le coût du traitement moyen direct médical oscille entre 4,5 millions et 4,7 millions francs CFA. Donc, vous voyez un peu si vous comparez ce coût moyen par rapport au revenu moyen du Sénégalais », a déduit Dr Mory Diallo, auteur de plusieurs articles scientifiques.
Face à ces coûts exorbitants hors de portée de la masse des Sénégalais, le chercheur recommande fortement la mise en place d’une stratégie agressive de sensibilisation. Autrement dit, la bataille contre les cancers se gagnera par la sensibilisation et l’éveil de conscience. A cela s’ajoutent la vaccination contre le virus du HPV pour le cancer de l’utérus et l’autopalpation du sein pour le cancer du sein…. « Le salaire moyen des Sénégalais tourne autour de 150. 000 francs CFA. Donc, c'est un coût qui est difficilement supportable par les malades. L'autre aspect qui est ressorti de notre thèse, c'est-à-dire, au-delà de ces coûts que nous venons d'évoquer, il y a des coûts qui ne sont pas visibles par le médecin traitant. Il s’agit entre autres des coûts de transports, du logement et de la nourriture pour les malades qui viennent de l’intérieur du pays », a ajouté le candidat qui a été évalué par un jury composé par Pr. Souleymane Gomis, président du Jury, enseignant à la Faculté des Lettres de l’Ucad, Professeur Mbaye Diène de la Faculté des sciences économiques et de Gestion ( FASEG/Ucad, Pr François Joseph Cabral de la FASEG, Pr. Cheikh Diop de la Faculté des Sciences et Techniques de l’Ucad, Pr Ahmadou DEM de l’Institut Joliot Curie de l’Hôpital Aristide Le Dantec, par ailleurs enseignant à la Faculté de Médecine de Dakar, Pr Fatoumata Hane de l’Université Alassane Seck de Ziguinchor. Cette thèse a été préparée et soutenue à l’Ecole Doctorale sciences de la Vie, de la Santé, et de l’Environnement de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
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