Insuffisance rénale : L’alerte sonnée chez les étudiants et les populations jeunes à Ziguinchor
L’Association sénégalaise des hémodialysés et insuffisants rénaux (ASHIR) a mené une double campagne de sensibilisation et de dépistage combinée à des dons de sang à Ziguinchor. À cet effet les étudiants de l’université Assane Seck et les jeunes populations ont été mobilisés et sensibilisés pour faire face au « tueur silencieux ».
« Le problème de l’insuffisance rénale n’est pas seulement celui du ministère de la Santé. C’est une lutte multisectorielle », rappelle Saër Seck, le secrétaire général de l’ASHIR. Il souligne que la maladie progresse de façon exponentielle et frappe désormais les bancs des universités.
À l’UASZ, les étudiants ont été ciblés comme relais intellectuels capables de démultiplier l’information autour du dépistage précoce, de la sensibilisation et des messages de prévention. « Un dépistage peut retarder la dialyse, parfois sauver une vie », insiste Seck, évoquant le cas tragique d’une élève qui avait refusé le test avant de tomber malade un an plus tard.
Le lendemain, le centre hospitalier régional de Ziguinchor a accueilli une vaste opération ouverte à la population générale. Dépistage, démonstration de dialyse « en concret vivant » et surtout campagne de don de sang ont marqué cette étape.
« Donner son sang, c’est sauver des vies. Les patients dialysés en ont un besoin vital », rappelle M. Seck. Les transfusions deviennent indispensables, notamment face au coût exorbitant des médicaments comme l’Epéro ou le Mycéra.
Le professeur Yaya Kane, néphrologue à l’UFR Santé, a rappelé les règles d’or : pratiquer une activité physique régulière, réduire le sel, contrôler la glycémie, éviter le surpoids, bannir le tabac, refuser l’automédication et s’hydrater correctement. « Ces gestes simples doivent être mémorisés et transmis », exhorte‑t‑il, tout en appelant les médias à jouer leur rôle de relais.
Ainsi, la capitale méridionale a vécu une mobilisation sur deux fronts : les étudiants comme première cible, la population générale comme seconde ligne de défense. Deux lieux, deux publics, une même bataille contre l’insuffisance rénale. Et face à ce "tueur silencieux", chaque don de sang devient une arme de survie.


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