Journée mondiale de la santé bucco-dentaire : Plus de 65 % des Sénégalais concernés, l’État renforce la riposte
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé bucco-dentaire, célébrée chaque 20 mars sous l’égide de la Fédération dentaire internationale, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur des maladies bucco-dentaires au Sénégal.
Selon les autorités sanitaires, plus de 65 % de la population est touchée. Un chiffre préoccupant qui place ces affections parmi les enjeux majeurs de santé publique.
Une problématique de santé publique sous-estimée
Carie dentaire, maladies des gencives ou encore noma : ces pathologies, souvent négligées, peuvent pourtant avoir de lourdes conséquences. Douleurs chroniques, troubles nutritionnels, difficultés scolaires chez les enfants… Autant d’impacts qui dépassent largement la simple sphère buccale.
Pire, ces maladies sont fréquemment associées à des affections graves comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires. Le thème de l’édition 2026, « Une bouche heureuse, c’est une vie heureuse », met ainsi en lumière le lien étroit entre santé bucco-dentaire et bien-être général.
L’État engage des réformes structurelles
Face à cette situation, les autorités sénégalaises annoncent une intensification des efforts. Plusieurs réformes ont déjà été engagées, notamment le renforcement des infrastructures et des équipements, la formation du personnel de santé et l’intégration des soins bucco-dentaires dans les services de santé primaires.
Des initiatives spécifiques ont également été mises en place pour améliorer la détection précoce des maladies, avec l’implication des agents communautaires et des praticiens de la médecine traditionnelle.
Par ailleurs, la lutte contre le noma, une maladie grave qui touche principalement les enfants, est désormais une priorité nationale. Des progrès notables ont été réalisés en matière de surveillance et de prise en charge précoce.
Un cadre juridique et environnemental renforcé
Le Sénégal a également consolidé son arsenal juridique avec l’adoption, en 2023, d’une loi encadrant l’exercice de la chirurgie dentaire et l’Ordre national des chirurgiens-dentistes.
Dans une dynamique de modernisation, le pays s’inscrit aussi dans une transition vers des soins plus sûrs et durables, notamment à travers l’élimination progressive des amalgames dentaires contenant du mercure, conformément à la Convention de Minamata.
Des défis persistants
Malgré ces avancées, plusieurs obstacles demeurent. Le déficit en ressources humaines qualifiées, l’accès encore limité aux soins dans certaines zones et le faible niveau de prévention restent des préoccupations majeures. À cela s’ajoutent des habitudes alimentaires marquées par une forte consommation de sucre et des pratiques d’hygiène insuffisantes.
Une campagne nationale après la Korité
Pour inverser la tendance, une vaste campagne nationale de communication sera déployée après la fête de la Korité. Elle comprendra des activités de sensibilisation, de dépistage et de soins gratuits dans les écoles, les Daaras et les espaces publics à travers le pays.
Le ministère appelle ainsi à une mobilisation collective des citoyens, des professionnels de santé et des décideurs afin de promouvoir de meilleures pratiques d’hygiène et de réduire durablement le fardeau des maladies bucco-dentaires.
Les quatre règles d’or à retenir
Le message clair : la santé commence aussi par la bouche.
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