Lutte contre le paludisme : Un nouvel élan pour l’introduction du vaccin en Afrique de l’Ouest et du Centre
Au Sénégal, la prévalence du paludisme connaît une baisse significative, passant d’environ 23 à près de 12 cas pour 1 000 habitants, entre 2024 et 2025. Une évolution encourageante qui s’inscrit dans une dynamique de renforcement des stratégies de lutte, désormais appuyée par l’introduction progressive du vaccin antipaludique dans les programmes de santé publique.
En ce sens, une rencontre régionale consacrée à l’introduction du vaccin antipaludique, dans le cadre du projet OPT-MVAC, se tient au Sénégal.
Cette initiative, portée notamment par l'université Iba Der Thiam de Thiès, regroupe 14 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre engagés dans la lutte contre le paludisme.
Coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), le professeur Aliou Thiongane a souligné l’importance de ce projet qui vise à faciliter l’intégration du vaccin dans les programmes élargis de vaccination.
Selon lui, cette innovation vient combler un retard observé dans le volet préventif, jusque-là dominé par la chimioprévention saisonnière, les traitements préventifs chez la femme enceinte et l’utilisation des moustiquaires imprégnées.
"La lutte contre le paludisme comporte plusieurs volets : la prévention, la promotion, le diagnostic et la prise en charge des cas, mais également le volet suivi et évaluation. Mais jusqu'ici, c'est le volet préventif, notamment la mise en place et l'introduction du vaccin antipaludique qui était un peu en retard par rapport aux autres stratégies préventives. Donc, c'est un projet qui arrive à son heure, d'où son importance, puisque, en plus de ce qui existait déjà, notamment la prévention médicamenteuse, la CPS, la chimioprévention du paludisme saisonnier, le traitement préventif intermittent chez la femme enceinte, l'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticides, la vaccination vient compléter ces moyens existants et permet d'être beaucoup plus efficace et de tendre vers l'élimination du paludisme à l'horizon 2030", dit-il.
Les résultats enregistrés au Sénégal confortent cet optimisme. La mortalité a connu une baisse significative, passant de 314 décès à moins de 200.
Pour la professeure Fatou Bintou Sarr, directrice de la Recherche et de l’Innovation scientifique à l’université Iba Der Thiam de Thiès, ce projet illustre le rôle déterminant de la recherche dans la résolution des problématiques de santé publique.
"Le paludisme est une maladie dont la mortalité est encore élevée, surtout chez les populations vulnérables, notamment les femmes enceintes et les enfants. Et l'université Iba Der Thiam est honorée d'accueillir ce projet qui vise à introduire le vaccin contre le paludisme au Sénégal, en sachant qu'en dehors du projet pour l'introduction du vaccin, d'autres projets ont également été accueillis par l'université de Thiès et ces projets visaient à introduire soit des médicaments pour lutter contre le paludisme ou en tout cas d'autres stratégies de prévention. Donc, il est important que la recherche et l'innovation scientifique soient orientées vers la résolution des problématiques des populations, notamment ici une problématique de santé qui est très importante", indique-t-elle.
Le projet OPT-MVAC bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires techniques internationaux, dont le programme TDR de l’OMS. Sa représentante, docteure Corinne Merle a expliqué que l’objectif est d’accompagner les pays à travers la recherche de mise en œuvre afin d’optimiser l’introduction du vaccin.
Ce consortium mobilise également des expertises variées, notamment en pharmacovigilance, en analyse statistique et en communication, afin de lever les obstacles liés à l’acceptabilité du vaccin et d’améliorer la couverture vaccinale.
Au-delà de l’introduction du vaccin, cette rencontre annuelle vise à partager les expériences nationales, renforcer les capacités des acteurs et définir des priorités de recherche adaptées aux contextes de chaque pays.
Avec l’arrivée du vaccin antipaludique, les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre disposent désormais d’un levier supplémentaire pour accélérer la lutte contre le paludisme et se rapprocher de son élimination d’ici 2030.
D'après la Dre Merle, dont l'OMS TDR est basé à Genève et est un des partenaires techniques de ce projet OPT-MVAC, il était "nécessaire de mettre en place un projet qui pourrait permettre aux pays qui ont introduit le vaccin de voir un petit peu comment cette production a été faite et de voir des stratégies pour optimiser l'introduction du vaccin. C'est tout un ensemble de partenaires qui œuvrent dans des axes différents pour mettre à bien ce projet et pour aider chaque pays à comprendre un peu où ils en sont dans l'introduction de leur vaccin et trouver des stratégies innovantes pour améliorer la couverture vaccinale".
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