Atelier d'écriture au nouveau lycée de Saly Vélingara : La littérature comme rempart à la baisse du niveau scolaire
Le nouveau lycée de Saly Vélingara a vibré au rythme des mots et de la créativité à l’occasion d’un atelier d’écriture animé par l’écrivain Paul Sédar Ndiaye, auteur du roman "Les larmes de Mossane". Une initiative saluée par les élèves et le corps enseignant, dans un contexte marqué par le recul de la lecture chez les jeunes.
Organisé en collaboration avec l’administration de l’établissement, cet atelier avait pour ambition de redonner goût à la lecture et à l’écriture, tout en sensibilisant les élèves à des problématiques contemporaines telles que la migration clandestine.
"La littérature restaure l’humanité là où les chiffres l’effacent", a rappelé l’auteur, pour qui son roman devait dépasser le cadre des pages pour devenir un espace d’échange avec la jeunesse.
Durant la matinée, les élèves ont d’abord pris part à une discussion ouverte autour du thème de l’"Eldorado" et des motivations qui poussent de nombreux jeunes à tenter l’émigration. Une immersion suivie d’un exercice d’écriture créative, où chacun était invité à se glisser dans la peau d’un candidat au départ, entre espoir et peur.
Pour Aïssatou Seck Seydi, censeure du lycée, cette initiative tombe à point nommé. "En tant que professeure de français de formation, ce type d’activité ne peut que nous réjouir. Elle contribue à renforcer les compétences des élèves et à raviver leur intérêt pour les livres", a-t-elle souligné, saluant également le don de livres et de matériel informatique offert par l’auteur.
Même satisfaction du côté des enseignants. Fatou Kiné Guèye Diop, professeure de français, insiste sur l’importance de ces cadres alternatifs d’apprentissage. "Ces activités complètent le programme scolaire et permettent aux élèves de révéler des talents insoupçonnés. Aujourd’hui, nous avons découvert de véritables génies en littérature", s’est-elle réjouie.
Les élèves, eux, en redemandent. À l’image de Ken Beugoul Guèye, élève en classe de terminale L et lauréate de l’atelier, qui voit dans cette expérience une source de motivation.
"La lecture est un voyage. Rien ne peut la remplacer. Cette activité m’encourage à lire davantage et à continuer à écrire. Il y a une baisse du niveau en français et les élèves lisent de moins en moins. On peut dire que ça a un rapport avec la nouvelle technologie, l'Internet. Mais il faut savoir que rien ne peut remplacer la lecture. Ce que la lecture peut faire en nous, il n'y a rien d'autre qui peut le faire. Donc, il faut se consacrer plus à la lecture et savoir que la lecture, c'est comme on le dit, un voyage. Donc, le cerveau a besoin de voyager aussi pour pouvoir donner plus", a-t-elle confié.
Au-delà de l’exercice pédagogique, l’atelier se veut un espace de réflexion sur des réalités proches des jeunes. À travers "Les larmes de Mossane", qui raconte le destin tragique de migrants en mer, les participants ont pu mettre des mots sur leurs perceptions, leurs doutes et leurs aspirations.
Fort de ce succès, Paul Sédar Ndiaye envisage déjà d’élargir l’initiative à d’autres établissements scolaires, voire à l’échelle nationale. Une manière de faire de la littérature un levier durable pour éveiller les consciences et redonner à l’école sénégalaise toute sa place dans la formation de citoyens éclairés.
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