Ziguinchor : Les étudiants de l’ENO en détresse interpellent l’État
Le malaise est palpable au sein de l’Université virtuelle du Sénégal (UVS). Étudiants et mouvements citoyens haussent le ton pour dénoncer une situation jugée « scandaleuse » : près d’un an après leur admission, les étudiants de la promotion 13 n’ont toujours pas reçu leurs ordinateurs ni les moyens promis pour poursuivre leurs études.

Mariama Diëité Faty, présidente de l’ENO de Ziguinchor, s’indigne : « Comment comprendre que des étudiants orientés dans une université numérique restent onze mois sans outils de travail, sans cours, sans rien ? Nos machines sont nos salles de classe. Sans elles, impossible d’apprendre. » Elle rappelle que les autorités avaient promis une allocation de 250 000 F CFA dès avril 2025. « Depuis, nous ne recevons que des promesses. Aujourd’hui, on parle de paiements progressifs, mais la réalité est que des centaines d’étudiants sont laissés sur le carreau. »

Au-delà des équipements, l’ENO de Ziguinchor attend toujours son siège définitif. « Depuis octobre 2025, on nous annonce un déménagement imminent. Mais nous sommes toujours coincés dans un bâtiment loué, exigu, où les examens deviennent un casse-tête. La saison des pluies approche, et le risque est grand que les travaux se dégradent encore », alerte Mariama Faty.

Madia Diop Sané, coordonnateur national du mouvement Vision Citoyenne, dénonce un sacrifice : « Les UVS étaient une bonne idée, mais aujourd’hui elles ressemblent à des universités de vie sacrifiée. Comment peut-on laisser des jeunes sans outils pendant onze mois, alors que l’État dépense des milliards pour des véhicules de luxe ? » Il interpelle directement le président Bassirou Diomaye Faye et son ministre de l’Enseignement supérieur : « L’État est une continuité. On ne peut pas sacrifier une génération pour des promesses non tenues. Ces étudiants doivent recevoir leurs fonds et leurs machines immédiatement. »

La crise de la promotion 13 illustre un paradoxe : l’UVS est la deuxième université du pays en termes d’effectifs, mais ses étudiants restent les plus fragilisés. « Ici, il faut une connexion, une machine, des conditions minimales. Sans cela, l’UVS n’est qu’un slogan creux », martèle Vision Citoyenne. Étudiants et mouvements citoyens exigent des réponses claires et des actes rapides. «Dis-moi quelle est ta jeunesse, je te dirai quel avenir tu auras», rappelle Madia Diop Sané. Pour l’UVS, l’avenir de milliers de jeunes dépend désormais de la volonté politique de mettre fin à ce blocage.


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