34e édition Festival de jazz de Saint-Louis : entre mémoire, création et ambition mondiale
Du 13 au 17 mai prochains, la ville tricentenaire de Saint-Louis vibrera au rythme de la 34e édition du Festival international de jazz, un rendez-vous devenu incontournable sur les scènes africaine et internationale. Véritable carrefour des cultures et des sonorités, l’événement confirme, année après année, son rayonnement et son rôle de vitrine du dynamisme culturel sénégalais.
Porté par une vision alliant mémoire, création et dialogue, le festival mettra à l’honneur des artistes venus d’Afrique, d’Europe et des Amériques. Pour les organisateurs, il s’agit avant tout de célébrer le lien profond qui unit le jazz au continent africain. « Le jazz est une musique née de croisements, de mémoires et de résistances. Et cette mémoire nous ramène toujours vers l’Afrique », souligne Idriss Bengeloun, président de l’Association Saint-Louis Jazz qui faisait face à la presse ce samedi.
Depuis plus de trois décennies, le festival n’a cessé de se réinventer pour faire de Saint-Louis un espace de rencontre entre cultures, générations et imaginaires. « Ici, le jazz n’est pas simplement joué. Il est vécu, partagé et transmis », insiste-t-il, évoquant une édition 2026 résolument tournée vers la valorisation d’une Afrique créative et influente.
Une programmation riche et symbolique
Durant quatre jours, les festivaliers auront droit à une programmation éclectique réunissant des figures majeures et des talents émergents. Parmi les artistes attendus figurent notamment Kuba Stankiewicz, le Baobab Orchestra, Greg Lamy, Momi Maïga, Leïla Olivesi, le groupe Avalanche ou encore Abate and the Addis Ken Project.
L’un des moments forts de cette édition sera sans doute la prestation du groupe de Henry Corey, venu de La Nouvelle-Orléans. Une présence hautement symbolique qui illustre le jumelage historique entre Saint-Louis et cette ville américaine, deux cités portuaires unies par une histoire commune, marquée par les échanges culturels et la mémoire afro-atlantique. Plus qu’un concert, cette rencontre se veut un véritable pont entre deux rives, deux héritages et une même culture en mouvement.
Au-delà de la grande scène, le festival investira plusieurs lieux emblématiques de la ville. L’Institut français de Saint-Louis accueillera une seconde scène dédiée à des propositions plus intimistes, tandis que des événements labellisés se déploieront dans différents espaces culturels, notamment le Centre culturel Habib Faye et Jankom.
Des showcases et jam sessions sont également prévus au Hangar de Keur Thiane, contribuant à élargir le périmètre du festival et à toucher de nouveaux publics. Cette approche vise à rapprocher davantage l’événement des habitants et à renforcer l’ancrage local du jazz.
Valorisation des talents locaux et transmission
Fidèle à son engagement, le festival mettra en lumière les talents locaux et les traditions saint-louisiennes. Le Tambour-Major Khadim Niang, les artistes locaux ainsi que les chanteuses de fanal seront à l’honneur, illustrant la richesse d’un patrimoine culturel vivant. Ce dialogue entre jazz et traditions constitue l’une des signatures fortes de l’événement.
Parallèlement, des ateliers, masterclasses, forums et rencontres professionnelles viendront enrichir la programmation, faisant de Saint-Louis un véritable laboratoire culturel à ciel ouvert.
Une ambition internationale affirmée
Dans un contexte mondial marqué par les tensions, les organisateurs entendent faire du festival un espace de dialogue et de rapprochement entre les peuples. Le jazz, par essence, y est envisagé comme un langage universel capable de créer du lien.
Dans cette dynamique, Saint-Louis porte sa candidature pour accueillir la Journée internationale du jazz 2027, soutenue par l’UNESCO et le Herbie Hancock Institute of Jazz. Une ambition légitime pour une ville où, selon Idriss Bengeloun, « le jazz n’est pas un invité, il est chez lui ».
Au-delà de son impact culturel, le festival contribue significativement à l’économie locale, au tourisme et à la promotion des jeunes talents, tout en renforçant le rayonnement du Sénégal à l’international.
Considéré comme un « bien commun », le Festival international de jazz de Saint-Louis se positionne comme un projet structurant pour le développement culturel et économique. Les organisateurs lancent ainsi un appel aux institutions, aux entreprises et aux partenaires internationaux pour soutenir cette dynamique.
« Soutenir le festival, c’est investir dans la culture, la jeunesse et l’image d’un continent en mouvement », conclut Idriss Bengeloun.
Plus qu’un événement, le festival de jazz de Saint-Louis s’impose comme une histoire, une mémoire et surtout une ambition collective tournée vers l’avenir.
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