Des Sénégalais, regroupés au sein de l'Assemblée des Sénégalais de l'extérieur, appellent à l'accréditation des Sénégalais de France comme Consuls honoraires à la place des Français qui occupent ces postes honoraires. Pour eux, il y a suffisamment de compétences pour assumer cette fonction. Par ailleurs, ils demandent la redéfinition de la consulaire du Sénégal en France.
(Correspondant permanent à Paris) - Dans le mémorandum qu'ils ont envoyé au président Macky Sall par la valise diplomatique, un point concerne les consuls honoraires. Pour les membres de l'Assemblée des Sénégalais de l'extérieur (Ase), on ne doit plus confier les consulats honoraires à des étrangers. Pour eux, il faut «sénégaliser» ces postes. Ils estiment que la diaspora sénégalaise aimerait «désormais voir confier les consuls honoraires à des Sénégalais de France selon leurs compétences et non plus à des avocats français comme c'est le cas partout en France», citant ainsi les villes de Nantes, de Lilles, Nancy, Strasbourg etc. L'Ase estime qu'il y a suffisamment de compétences au sein de la diaspora pour fournir des Consuls honoraires.
L'autre point concerne le découpage des consulats du Sénégal en France. Les membres de l'Ase appelle à une «redéfinition des espaces consulaires pour mieux répondre aux besoins de la diasporas sénégalaise de France». Car, selon eux, le découpage consulaire actuel ne correspond plus à «l'implantation migratoire de la communauté sénégalaise dans bien des villes françaises. Il y a l'exemple de Rennes qui demande une représentation consulaire pour ne plus dépendre de Paris», distant de la capitale française de 349 km. D'après le document de l'Ase, les Sénégalais veulent être rattachés au consulat honoraire du Sénégal à Nantes. On note également Perpignan qui est à 688 km de Paris et qui dépend du consulat général du Sénégal à Paris. Ces Sénégalais de Perpignan doivent parcourir 688 km pour venir à Paris et faire un extrait de naissance ou un certificat de mariage, par exemple. Pour l'Assemblée des Sénégalais de l'extérieur, il suffit seulement de rattacher Perpignan à Marseille pour résoudre cette question de distance.
Mais c'est le cas de Lille qui intrigue le plus de l'Ase. «Le cas de Lille, souligne-t-il, et plus globalement la région Nord-Pas-de-Calais, illustrent bien le déséquilibre qui prévaut dans les attributions consulaires. En effet, comment concevoir qu'une telle région aussi importante par la présence sénégalaise (surtout familiale) ne bénéficie encore que d'un consul honoraire et non d'un consul général ?», s'interroge-t-on dans le mémorandum. Qui ajoute : «Le découpage consulaire et les missions accompagnatrices novatrices sont d'autant plus importants qu'ils doivent intégrer les nouvelles dynamiques migratoire qui s'inscrivent beaucoup plus dans le double espace que dans des projets de retour. S'y ajoutent des processus de familiarisation accrus en terre d'accueil dans laquelle la deuxième voire la troisième génération revendique plus fortement son appartenance identitaire au pays d'origine des parents», explique l'Ase.
Si les membres de l'Ase ont posé ces différents problèmes que rencontre la diaspora sénégalaise dans l'Hexagone, c'est qu'ils estiment que «nos compatriotes sont très mécontents du fonctionnement général des services consulaires, en particulier de la qualité et des horaires d'ouverture qui sont, très souvent, en inadéquation avec les rythmes professionnels de la plupart d'entre eux». D'où la nécessité, selon eux, de «repréciser les missions consulaires afin d'y instituer une véritable culture de service, seule à même de répondre à la demande de la diaspora».
Pour l'Ase, cela est d'autant possible que le président de la République compte redéfinir la carte diplomatique et consulaire du pays. Et ce serait l'occasion de prendre en compte ces revendications dont certaines appellent à la création de nouvelles circonscriptions consulaires pour rapprocher les Sénégalais de France de leur administration. Mais en cette période de diète budgétaire, alors que le président Macky Sall veut rationaliser les dépenses publiques, l'espoir semble mince de voir réaliser ces revendications, notamment la création de nouvelles circonscriptions consulaires.
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