Régulation des médias : Habibou Dia recadre les organisations professionnelles sur la nouvelle loi
Le débat autour de la nouvelle loi sur la régulation des médias continue de susciter de vives réactions. Intervenant sur le plateau de Seneweb, Habibou Dia, Directeur de la Communication, n’a pas mâché ses mots à l’endroit de certaines organisations de la presse, notamment le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) et le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (Cdeps). Selon lui, les critiques formulées contre la nouvelle instance de régulation reposent soit sur une mauvaise foi, soit sur une méconnaissance flagrante du processus.
« Le Synpics s’est trompé de bonne foi »
Pour Habibou Dia, le Synpics s’est probablement « trompé de bonne foi », tout en estimant que le syndicat manque de rigueur dans son analyse. Il rappelle que la transformation de l’organe de régulation répond à une évolution profonde du paysage médiatique.
« La Haute autorité de régulation de l’audiovisuel (Harca), telle qu’elle était conçue, avait atteint ses limites. Aujourd’hui, avec les nouveaux types de médias et l’émergence des créateurs de contenus, il fallait un organe capable de réguler l’ensemble de cet écosystème », explique-t-il. Le nouveau Conseil de régulation, récemment voté à l’Assemblée nationale, n’est pas une improvisation politique : « Cet organe était déjà annoncé dans le Code de la presse de 2017 », rappelle-t-il, précisant que l’objectif est de protéger l’espace médiatique contre les dérives.
Des acteurs impliqués dans les travaux préparatoires
Habibou Dia insiste sur le fait que l’élaboration de cette réforme a été inclusive. Selon lui, les organisations professionnelles étaient représentées lors des travaux préparatoires, rendant les critiques actuelles sur une prétendue exclusion difficiles à justifier.
Il cite notamment le cas du Cdeps : « Le Cdeps a été représenté par Bouna Manel Fall, avec une autorisation signée par Mamoudou Ibra Kane », affirme-t-il. Dans ces conditions, il estime que l’organisation manque de sérieux en prétendant aujourd'hui avoir été tenue à l'écart du processus.
Un problème de transmission interne au Synpics ?
Le Directeur de la Communication avance par ailleurs l’hypothèse d’un dysfonctionnement interne au Synpics. « Le secrétaire général du Synpics est peut-être victime d’un problème de transmission. Il a changé d’équipe et il est possible que les sortants n’aient pas correctement passé les dossiers », suggère-t-il. Pour lui, ces approximations fragilisent la crédibilité des organisations : « Quand je vois certains communiqués, je suis sidéré. La crédibilité des entités est en jeu », déplore-t-il.
Attendre la version définitive du texte
Face aux dénonciations de « précipitation », Habibou Dia appelle à la retenue. Il rappelle que le texte a été amendé durant les débats parlementaires et que la version définitive n’est pas encore publique. « Personne ne détient encore la mouture finale. Sur des questions comme le secret professionnel, il faut attendre le texte définitif ou suivre sérieusement les débats avant de publier un communiqué », soutient-il.
La régulation : un contrat synallagmatique avec l’État
Concernant la régulation de l’audiovisuel, Habibou Dia rappelle que le système repose sur un principe d’autorisation assortie d’un cahier des charges. Pour lui, il s'agit d'un véritable engagement mutuel entre la puissance publique et les opérateurs privés.
« Une autorisation d’émettre s’accompagne d’un cahier des charges. C’est un contrat entre l’État et les groupes de presse. Et comme tout contrat, il peut être amendé ou annulé », explique-t-il. Selon lui, cette logique contractuelle doit être comprise comme un mécanisme de régulation nécessaire et non comme une tentative de mise sous tutelle des médias.
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