Crédits BE YES : la DER/FJ appelle à rembourser pour poursuivre les financements
La deuxième journée de la tournée nationale du programme BE YES a conduit la délégation de la Délégation générale à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ) dans plusieurs départements de l’intérieur du pays. Conduite par le délégué général, Dr Aïssatou Mbodj, cette mission de terrain s’est déroulée dans la continuité des objectifs fixés depuis le lancement de l’initiative, avec des visites d’antennes, des présentations de résultats et des remises de financements.
Tambacounda : des résultats présentés et un appel au remboursement

À Tambacounda, la délégation a visité l’antenne et le Fablab avant de se rendre sur plusieurs sites de projets. Le chef d’antenne a présenté les résultats du programme dans le département. Les données de la première phase font état de 276 bénéficiaires formés, 22 entreprises individuelles et 23 GIE financés. Le volume de financement s’élève à 62 118 000 FCFA, pour 252 emplois consolidés. Le taux de remboursement atteint 38%. Le volume global concerne 23 GIE et 22 entreprises individuelles. Les emplois créés s’élèvent à 252, dont 64% occupés par des femmes et 7% par des personnes en situation de handicap. Le nombre de personnes formées est de 276, dont 63% de femmes et 6% en situation de handicap. Le montant recouvré est de 8 301 310 FCFA, soit un taux de 38%. Le chef d’antenne a invité les bénéficiaires à restituer les fonds prêtés afin de permettre le refinancement d’autres porteurs de projets.

La représentante du maire de Tambacounda a également pris la parole. Elle a invité les bénéficiaires à rembourser les crédits afin de pérenniser l’initiative. Elle a sollicité la signature d’un partenariat entre la mairie de Tambacounda et la DER pour développer d’autres projets. Jean-Pierre Bindia, président d’un GIE intervenant dans le recyclage de déchets plastiques, le reboisement et l’aménagement des espaces verts, a évoqué l’impact du financement sur ses activités : « lorsque j’ai obtenu mon financement cela m’a permis de dérouler mes activités. Grâce à ce financement, on crée de l’emplois et forme des jeunes ».
Par la suite, Dr Aïssatou Mbodj, délégué général, a salué l’implication du préfet dans la mise en œuvre du programme. Elle a déclaré : « Vous êtes très proche de ce qui se passe et vous savez ce qui se passe au niveau de la DER ». Elle a évoqué le taux de remboursement et a précisé : « Pour que la DER continue d’aider, il faut payer (…) L’argent de la DER est un denier public. Il faut que l’on recouvre cet argent ». Si le délégué général insiste tant sur le remboursement, c’est pour une raison précise : « si un département recouvre à hauteur de 70%, on le refinancerra pour la deuxième phase ».
Dans ses propos, le préfet de Tambacounda, Alioune Badara Mbengue, a évoqué les difficultés liées au recouvrement : « c’est une habitude qui est là. Quand les gens obtiennent des subventions de l’Etat, ils pensent que c’est un don et ils ne payent pas. Mais, nous n’allons pas laisser cela se dérouler ainsi. On a un rôle à jouer dans la sensibilisation et on le fera ». Ainsi, il promet de mettre un coup de fouet dans le processus au cours des jours à venir : « Dès la semaine prochaine, je vais travailler avec le chef d’antenne en convoquant toutes les personnes qui ont des dettes pour accélérer le recouvrement ». Le représentant du chef de l’Etat dans le département de Tambacounda espère qu’une fois ces fonds recouvrés, la phase 2 du projet pourrait être mis en œuvre : « Peut-être qu’aujourd’hui nous n’allons pas bénéfice de financement mais on espère que lorsque tout sera réglé, vous reviendrez pour nous financer ». La délégation a ensuite visité plusieurs projets exposés dans un stand qui s’activent dans les domaines de la transformation de produits locaux, du maraîchage, de la climatisation mais aussi dans la fabrication de pavés à base de matériaux recyclés.

Goudiry : des activités diversifiées et des remboursements attendus

La Délégation générale à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes a repris la route en direction de Goudiry. Sur place, le chef d’antenne a présenté les données relatives au programme. La première phase a permis de former 275 bénéficiaires, de financer 23 entreprises individuelles et 25 GIE. Le volume de financement atteint 64 999 850 FCFA. Les emplois consolidés s’élèvent à 273. Le taux de remboursement est de 57%. Le volume global concerne 25 GIE et 23 entreprises individuelles. Les emplois créés sont au nombre de 273, dont 71% occupés par des femmes et 4% par des personnes en situation de handicap. Les personnes formées sont 275, dont 71% de femmes et 4% en situation de handicap. Le montant recouvré est de 12 430 001 FCFA, soit un taux de 57%. Ici également, le recouvrement des fonds de lancement se déroule difficilement. Ainsi, le chef d’antenne a invité les bénéficiaires à procéder au remboursement des crédits.
Thiédel Diallo empêché, son représentant maire a salué la visite de la délégation dans le département : « On se félicite de votre venue à Goudiry. Car on est conscient de toutes les bonnes choses que vous êtes en train de faire à la DER ». Il a profité de l’occasion pour lancer un appel aux bénéficiaires sur la problématique de l’heure : « c’est l’occasion de demander à la population de Goudiry qui a bénéficié du financement de la Der de procéder au remboursement car le taux est très faible. Il faut rembourser pour bénéficier d’autres financements dans le futur ».

Pour Dr Aïssatou Mbodj, le développement de ce département pourrait entraîner une dynamique vertueuse dans l’économie sénégalaise : « Goudiry est éloigné de Dakar, si on réussit à créer des unités d’emplois, cela va beaucoup soulager l’Etat central (…) Mais pour cela, il faut que vous vous mettez sérieusement au travail et que l’on vous refinance. Mais pour cela, il faut que vous payez vos dettes afin que vous ayez droit à la 2e phase ». La visite du stand dédié aux projets financés a permis de présenter des activités de transformation de produits locaux, de fabrication de détergents et de couture.

Bakel : des financements en cours et un suivi annoncé

À Bakel, la délégation a visité l’antenne et l’espace de créativité. Le chef d’antenne a présenté les résultats de la première phase. Le département compte 420 bénéficiaires formés, 25 entreprises individuelles et 22 GIE financés. Le volume de financement est de 64 999 850 FCFA. Les emplois consolidés sont au nombre de 245. Le taux de remboursement atteint 59%. Les financements en cours s’élèvent à 28 900 000 FCFA, pour 170 emplois en création et 17 GIE financés. Le financement global est de 93 899 850 FCFA. Les emplois créés atteignent 415, dont 77% occupés par des femmes et 5% par des personnes en situation de handicap. Le nombre de personnes formées est de 420, dont 76% de femmes et 6% en situation de handicap. Le montant recouvré est de 15 266 231 FCFA, soit un taux de 59%.
Le représentant du maire, El Hadji Doudou Diop, a déclaré : « Au regard de ce que j’ai vu ici, ces braves dames méritent votre appui pour faire éclore leur potentiel. Vous pouvez miser sur le département de Bakel. Je vous remercie pour tous les efforts que vous êtes en train de faire pour mettre le département de Bakel sur la rampe de l’émergence ». Un bénéficiaire en situation de handicap a plaidé pour une augmentation du quota de 5% réservé à cette catégorie.
Prenant la parole lors de la rencontre, Dr Aïssatou Mbodj est revenue sur le traitement de faveur accordé à Bakel dans ce programme en espérant un changement de paradigmes des bénéficiaires : « aujourd’hui, le programme connaît une deuxième phase mais on a repêché Bakel. Mais, normalement , on se doit de repêcher ceux qui ont dépassé le taux de 70% ». Elle ajoute : « nous pensions qu’avec ce repêchage, cela allait booster le recouvrement ». Le délégué général a conclu en demandant aux bénéficiaires de procéder aux remboursement des crédits octroyés afin d’étendre le projet dans la communauté. Pour ce faire, Dr Aissatou Mbodj n’écarte pas de faire recours aux forces de l’ordre et à la justice en saisissant le procureur et la gendarmerie.
Sur ce point, Daouda Sene, préfet de Bakel, s’est voulu rassurant : « on a fait la liste de toutes les personnes qui n’ont pas payé et dès aujourd’hui, on va s’activer dans le recouvrement ». Une remise symbolique de financements a eu lieu. La visite des stands a permis de présenter des activités de transformation, de maraîchage et de boulangerie.

Kanel : accueil des populations et rappel des engagements

C’est à travers un accueil chaleureux tant par la température qui affichait 40 degrés Celsius que par l’enthousiasme des populations à travers des chants et des pas de danse, que la délégation a fait son entrée à Bakel. Maître des lieux, le maire Haymouth Abdoul Daff a souhaité la bienvenue à la forte délégation de la Der et félicité Dr Aissatou Mbodj pour le leadership qu’elle a insufflé depuis son accession à la tête de l’institution.
Entrant dans le vif du sujet, le chef d’antenne a présenté les résultats du programme Be Yes dans le département. La première phase a permis de former 248 bénéficiaires, de financer 23 entreprises individuelles et 20 GIE. Le volume de financement est de 47 055 000 FCFA. Les emplois consolidés sont au nombre de 223. Le taux de remboursement est de 38%. Le financement global est de 47 055 000 FCFA. Les emplois créés s’élèvent à 223, dont 73% occupés par des femmes et 4% par des personnes en situation de handicap. Le nombre de personnes formées est de 248, dont 74% de femmes et 4% en situation de handicap. Le montant recouvré est de 4 942 995 FCFA, soit un taux de 38%. Concernant cette dernière donnée, le chef d’antenne a invité les bénéficiaires, en particulier les femmes, à rembourser les crédits.
Aider les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap à conquérir le marché local. A en croire Aissatou Mbodj, c’est l’ambition qui anime la Der/FJ. Mais pour atteindre cet objectif, des préalables doivent être respectés. « Ce crédit appartient à l’Etat. En le payant, vous permettrez à d’autres femmes d’en bénéficier, lance-t-elle à la foule. Ceux qui sont motivés par le travail, prendront ce crédit et le rendrons ». Malgré ce taux de recouvrement de 38%, le délégué général reste optimiste : « Je garde espoirs que dans quelques temps, le préfet me rappellera pour me dire de venir apporter la deuxième car les crédits auront été payés ».
Dans cette quête au recouvrement, la DER peut compter sur l’implication du préfet. « J’invite le chef d’antenne à nous dentifier les GIE qui sont à défaut de paiement et tout sera mis en œuvre pour que le remboursement soit fait », a lancé Cheikh Ahmadou Ndoye. Une note plus positive, le préfet a exprimé sa satisfaction quant aux résultats du programme dans le département. Dans le but d’accroître la réussite des projets engagés dans le programme Be Yes, le préfet a proposé au chef d’antenne de se rapprocher des autorités publiques pour un accompagnement. Car selon lui, un GIE dont le projet réussi a beaucoup plus de chances de rembourser plus facilement.
Le programme BE YES, financé par la Fondation Mastercard à hauteur de 10 millions USD pour une durée de deux ans, prévoit la mise en place de sept plateaux d’innovation et de quatorze espaces de créativité dans les quatorze régions du Sénégal. Il vise à stimuler les capacités entrepreneuriales et l’innovation multisectorielle chez les jeunes, avec une attention portée aux jeunes filles, aux personnes en situation de handicap et aux migrants de retour.

Commentaires (3)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.