Affaire AEE Power contre ASER : Le bâtonnier blanchit Seydou Kane et dévoile « le nerf de la guerre »
Face à ce qu’il qualifie de « matraquage médiatique » et de campagne de dénigrement orchestrée depuis plusieurs mois, le bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Leity Ndiaye, a pris la parole ce mardi 5 mai. Aux côtés de ses confrères, il a pris la défense de l’homme d’affaires Seydou Kane, figure centrale du litige opposant AEE Power Sénégal à l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER).
Pour le patron du barreau sénégalais, son client est la victime d’un montage conflictuel. Si Me Ndiaye a réaffirmé que les différends devaient être tranchés par les juridictions compétentes, il a jugé nécessaire de « rétablir la vérité » devant l’opinion publique. « Il ne s’agit pas ici de polémiquer, mais d’informer juste », a-t-il martelé, dénonçant une tentative manifeste d’inversion des responsabilités.
Le rôle « déterminant » de Seydou Kane
Le cœur de la démonstration repose sur le rôle de Seydou Kane dans ce projet d’électrification rurale. Sénégalais établi en Espagne, l’homme d’affaires est l'initiateur de ce programme ambitieux visant initialement 922 localités, avant d'être étendu à 1 600 villages (Kaffrine, Kolda, Saint-Louis, Tambacounda et Kédougou). Un projet conçu dans le strict respect des règles relatives aux offres spontanées du Code des marchés publics.
Selon le bâtonnier, Seydou Kane a été le moteur du dossier : de la conception technique à la mobilisation des financements auprès d’une banque espagnole, dont un responsable Afrique aurait d'ailleurs officiellement salué son rôle clé.
« Le nerf de la guerre » : 36 milliards de francs CFA
Le litige a pris racine au moment du financement. Les partenaires espagnols exigeant une entreprise de droit local, un protocole d'accord est signé en novembre 2023 avec AEE Power EPC Espagne. Le contrat prévoyait qu'AEE Power Sénégal exécute 60 % des travaux.
C'est là que se situe le nœud du problème. Le projet, estimé à 140 millions d’euros, prévoyait une avance de démarrage de 40 %. En mars 2024, une somme de plus de 36 milliards de francs CFA est débloquée. Mais, selon Me Ndiaye, dès réception des fonds, la société espagnole aurait adopté une attitude « dilatoire », refusant de reverser à la partie sénégalaise sa quote-part contractuelle (environ 40 millions d’euros).
Après une mise en demeure envoyée le 18 juin 2024, la société étrangère a notifié une résiliation unilatérale du contrat trois jours plus tard. Pour la défense, la manœuvre est claire : évincer le partenaire sénégalais pour capter l'intégralité du financement.
Mise au point sur les affaires Intermaq et Passante
Me Leity Ndiaye a également balayé les autres accusations visant son client. Concernant l'affaire Intermaq, il précise que si Seydou Kane est l'actionnaire majoritaire, la société n'est pas signataire du marché public en question, attribué à une entité espagnole. Aucun flux financier n'aurait transité vers lui à titre personnel.
Quant au projet Passante, le bâtonnier souligne que son client n'y détient que 20 % du capital et n'y exerce aucun rôle opérationnel. Au contraire, Seydou Kane aurait injecté 237 millions de francs CFA de ses fonds propres pour sauver l'activité et les emplois.
« Seydou Kane est une victime »
En conclusion, le bâtonnier a posé une question restée sans réponse : « Où est passée l’avance de démarrage dans le dossier AEE Power ? ».
À sa suite, Me El Hadji Amadou Sall a fustigé la « brutalité » des attaques subies par leur client. « C’est devant l’opinion que nous avons été attaqués, c’est donc devant elle que nous venons rétablir la vérité », a-t-il conclu, déterminé à faire prévaloir « l’exacte matérialité des faits ».
Commentaires (6)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.