Affaire des 619 millions F CFA : les avocats de Maodo Malick Mbaye vont demander au juge de…
Après neuf mois de détention provisoire, Maodo Malick Mbaye, ancien directeur général de l’Agence nationale de la maison de l’outil (ANAMO), n’a toujours pas été entendu sur le fond de son dossier. Placé sous mandat de dépôt le 22 juillet 2025, il fait face à de lourdes accusations : détournement de deniers publics portant sur plus de 619 millions de francs CFA, escroquerie, association de malfaiteurs, faux et blanchiment de capitaux.
Face à cette situation, révèle L'Observateur dans son édition de ce mercredi, ses avocats annoncent la saisine imminente du juge du deuxième cabinet d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF). Citée par le journal, la défense, composée de Mes Baboucar Cissé, Alassane Cissé, El Hadji Omar Youm et Ndiaga Dabo, dénonce une gestion « déséquilibrée » du dossier et la lenteur de la procédure.
« Son dossier est depuis lors entre les mains du juge d’instruction, qui doit programmer son audition, et nous mettons tout en œuvre pour qu’il le fasse », confie l’un de ses conseils dans les colonnes du quotidien du Groupe futurs médias (Gfm).
D'après la même source, le dossier suscite d’autant plus de controverse qu’il repose sur un rapport privé contesté. L’accusation se fonde sur une plainte de son successeur, appuyée par un audit réalisé par un cabinet privé après la démission du responsable de l'APR en juin 2024.
Ses soutiens dénoncent l’absence de tout rapport émanant d’institutions officielles comme l’IGE ou la Cour des comptes. Ils soulignent également que « le principe sacro-saint du contradictoire dans tout audit n’a pas été respecté », l’ancien DG n’ayant jamais pu répondre aux griefs formulés.
Au-delà du volet juridique, relève le titre de Gfm, la question sanitaire suscite une vive inquiétude. Plusieurs expertises médicales ont conclu à une condition « incompatible avec le milieu carcéral ». Souffrant notamment d’une neuropathie, d’une ostéonécrose des têtes fémorales et d’un adénome prostatique, son état est jugé préoccupant.
Dès août 2025, le médecin-chef de l’administration pénitentiaire alertait qu’« aucune structure pénitentiaire n’était en mesure d’assurer sa prise en charge », notamment en raison de la sévérité de son apnée du sommeil. Un constat partagé par le Pavillon spécial, qui évoque des « difficultés réelles » de prise en charge.
Cette situation s’inscrit dans un bras de fer judiciaire. Bien qu’une ordonnance de mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire ait été rendue le 31 décembre 2025, l’appel du parquet a conduit la Chambre d’accusation à l’infirmer.
Maodo Malick Mbaye, qui continue de clamer son innocence, demeure donc incarcéré dans l’attente de la suite de la procédure.
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