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Chambre criminelle de Mbour : La jeune fille, le jeune tailleur, le viol contesté et la grossesse avérée

Auteur: Khady Ndoye

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Chambre criminelle de Mbour : La jeune fille, le jeune tailleur, le viol contesté et la grossesse avérée

La chambre criminelle du tribunal de grande instance de Mbour a jugé une affaire mêlant accusations de viol, de pédophilie et de grossesse, mettant en cause un jeune tailleur de 22 ans. Le dossier est marqué par des versions radicalement opposées.

M. Ngom, qui affirme être âgée de 15 ans, accuse M. M. Bousso d’avoir abusé d'elle, après lui avoir offert une boisson. La jeune fille déclare s’être endormie après l’avoir consommée. À son réveil, elle affirme avoir retrouvé son corps ensanglanté, tandis que l’accusé était encore présent, assis sur une chaise. Elle lui aurait alors demandé ce qui s’était passé.

Selon ses propos, ce dernier lui aurait avoué les faits. Elle l’accuse également de menaces de mort, affirmant qu’il lui aurait demandé de l’épouser sous peine de représailles si elle révélait l’affaire à sa famille.

"Un jour, il m’a dit qu’il était amoureux de moi. Je lui ai répondu que je ne voulais pas entretenir de relation amoureuse, car mon père me l’interdisait", a-t-elle déclaré à la barre. Interrogée sur la boisson en question, elle a indiqué ne pas en connaître ni la couleur ni le goût.

De son côté, le père de la plaignante explique que sa fille est tombée malade. Après plusieurs consultations chez des marabouts, il a décidé de l’emmener à l’hôpital, où une grossesse de cinq mois a été découverte.

A. Ngom affirme que sa fille est née en 2008, ce qui ferait d’elle une mineure au moment des faits. Il évoque également des antécédents violents de l’accusé, notamment des menaces, des jets de briques sur son domicile et une agression au couteau.

"Il a été arrêté après avoir entretenu des relations avec la femme d’autrui. Après règlement, je lui ai demandé de ne plus fréquenter ma maison, car je n’ai que des filles. Il a jeté des briques sur mon toit à deux reprises. Lors d’une altercation, il m’a porté un coup de couteau au front. Plus tard, il m’a de nouveau menacé", a-t-il relaté.

L’accusé rejette tout en bloc

"Je ne l’ai jamais forcée à avoir des relations sexuelles avec moi. Je lui ai exprimé mon intention de l’épouser. Nous sortions ensemble et avons eu plusieurs relations consenties. J’entrais librement chez elle", s’est-il défendu.

Il conteste également l’âge avancé par la partie civile : "Elle est née en 2003. Elle tente de réduire son âge pour me faire condamner".

L’accusé nie avoir donné une quelconque boisson à la plaignante. Il affirme au contraire qu’elle s’occupait de lui et qu’il lui remettait de l’argent pour la préparation des repas. Il évoque une première relation intime un 31 décembre à Saly et assure que la jeune fille s’est rendue à plusieurs reprises chez lui.

Selon lui, l’affaire aurait pris une autre tournure après l’intervention d’un tiers venu de Thiès, ce qui aurait suscité des tensions familiales. Il affirme que la jeune fille lui a elle-même annoncé sa grossesse, en présence d’un témoin, et insiste sur le fait que leur relation était connue de la famille.

L’âge de la plaignante constitue un point central du dossier. Alors que le père évoque une naissance en 2008, la défense souligne l’absence d’acte d’état civil et s’appuie sur les déclarations d’une sage-femme ayant estimé l’âge de la jeune fille à 18 ans. La plaignante, pour sa part, affirme ne pas disposer de document officiel.

Dans son réquisitoire, le procureur a reconnu l’existence de relations sexuelles ayant conduit à une grossesse, mais a exprimé des doutes sur les accusations de viol, faute de preuves suffisantes. Il a requis l’acquittement pour ce chef, tout en demandant une peine de cinq ans de prison pour pédophilie.

La défense, de son côté, a plaidé le doute, évoquant des contradictions sur l’âge de la plaignante et des pressions sociales liées à une grossesse hors mariage. Elle a également mentionné l’existence de deux autres prétendants. "On cherche à diaboliser ce jeune homme et à laver à grande eau la fille", ont soutenu les avocats, réclamant un acquittement pur et simple.

Après des débats marqués par de nombreuses zones d’ombre et des versions contradictoires, le tribunal a mis l’affaire en délibéré au 17 avril prochain.

Auteur: Khady Ndoye
Publié le: Mardi 31 Mars 2026

Commentaires (1)

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    Seck Mamadou il y a 1 mois
    Franchement le juge doit l’acquitter purement et simplement on parle de droit pénal de la preuve. On ne peut pas condamner sans preuve ce serait injuste. Vu que la fille n’a pas d’acte de naissance ce serait injuste de retenir la pedophilie comme charge.

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