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Trafic de drogue dure : Le parquet financier requiert jusqu’à 3 ans ferme, délibéré le 21 mai

Auteur: Doudou Diop

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Trafic de drogue dure : Le parquet financier requiert jusqu’à 3 ans ferme, délibéré le 21 mai

La chambre correctionnelle du Pool judiciaire et financier a jugé, ce 26 mars, une affaire de trafic de drogue dure dont le réseau avait été démantelé aux Almadies par l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) en octobre 2024.

À la barre, ont comparu les prévenus B. Ndiaye, C. Tchania alias "Tom, K. Diarassouba" de nationalité ivoirienne, et C. V. Hoover, ressortissant américain. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs et offre ou cession de drogue. B. Ndiaye est en outre visé pour des faits de blanchiment de capitaux.

Les prévenus ont contesté les faits. B. Ndiaye a rejeté les accusations de blanchiment, tandis que Hoover a nié toute implication dans une offre de cigarettes électroniques contenant du cannabis.

Interrogé, B. Ndiaye a expliqué que B. Coly, employé comme technicien de surface à l’aéroport, s’occupait de l’entretien de son appartement. Absent de Dakar au moment des faits, il affirme lui avoir confié le nettoyage des lieux avant de se rendre à un rendez-vous avec Hoover pour discuter d’une vente de véhicules.

« En cours de route, un groupe de personnes nous a interpellés. J’ai cru à une agression. Ils ont brisé le pare-brise de mon véhicule, m’ont isolé et fouillé la voiture sans rien trouver », a-t-il déclaré.

Il dit avoir ensuite été violenté et contraint au silence sans la présence de son avocat. Il conteste également la saisie de 21 sachets de cocaïne que les enquêteurs affirment avoir trouvés dans la poche de son pantalon.

Reconnaissant toutefois la présence de trois millions de francs CFA dans sa voiture, il soutient que les policiers n’ont déclaré qu’un million. « Je ne connais même pas la cocaïne », a-t-il insisté.

Entendue, la dame K. Diarassouba a affirmé avoir été installée dans l’appartement par son fiancé, Ismaïla, absent au moment des faits. « Des individus ont fait irruption en demandant de l’argent. Ils ont fouillé sans jamais mentionner la découverte de drogue », a-t-elle déclaré, niant toute connaissance d’activités illicites.

C. Tchania dit "Tom" a également rejeté toute implication, évoquant une simple affaire de vente de véhicules. Il affirme avoir été contraint de signer des procès-verbaux sous la torture. Toutefois, ses déclarations à l’enquête préliminaire faisaient état d’activités liées à la revente de drogue après la perte de son emploi.

Le ressortissant américain C. V. Hoover a lui aussi contesté les faits, niant la détention de cigarettes électroniques incriminées.

Entendu à titre de renseignement, B. Coly a bénéficié d’un non-lieu. Il affirme n’avoir constaté aucune présence de drogue dans l’appartement et dénonce la saisie de son téléphone ainsi que de la somme de 100 000 F CFA qu’il venait de percevoir comme salaire.

Le réquisitoire corsé du parquet

Dans son réquisitoire, le procureur de la République financier, Ibrahima Faye, a rappelé que B. Ndiaye, également connu sous les alias "Ismaïla" ou "Khalifa Ababacar", avait été cité lors du démantèlement du réseau.

Selon le représentant du ministère public, les éléments matériels sont accablants : saisie de cocaïne placée sous scellés, exploitation de téléphones révélant des échanges relatifs à des produits codés « GG » et traces de transactions financières liées à un fournisseur basé en Guinée. Le parquet soutient que B. Ndiaye réceptionnait la drogue avant de la remettre à K. Diarassouba, tandis que C. Tchania assurait la livraison.

Estimant l’association de malfaiteurs constituée à l’exception de Hoover, le procureur a également retenu le blanchiment de capitaux contre B. Ndiaye. Il a requis la disqualification des faits reprochés à Hoover en tentative d’offre ou de cession de drogue et a demandé la condamnation des prévenus à des peines de trois ans ferme pour B. Ndiaye et deux ans ferme pour les autres.

Maitres Albert Thior, Michel Maechor Diouf, Ousseynou Gaye, Baboucar Cissé et Ciré Clédor Ly de la défense ont plaidé la relaxe.

Délibéré le 21 mai 2026.

Auteur: Doudou Diop
Publié le: Vendredi 27 Mars 2026

Commentaires (1)

  • image
    Rick Hunter il y a 1 jour
    Au niveau du PJF les peines ne doivent pas être inférieures à 10 ans de travaux forcés. 3 ans pour des trafiquants c’est vraiment peu.

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