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Assurance des risques pétro-gaziers : Vers la création d’une filiale nationale pour capter 13 milliards F CFA de primes par an

Auteur: Thiebeu NDIAYE

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Assurance des risques pétro-gaziers : Vers la création d’une filiale nationale pour capter 13 milliards F CFA de primes par an

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Ce sont près de 13 milliards F CFA de primes d’assurances qui passent sous le nez du Sénégal chaque année depuis l’entrée en exploitation des champs pétro-gaziers GTA et Sangomar. Pilier stratégique du contenu local dont l’objectif principal est de faire en sorte que le secteur privé national capte une partie des retombées de l’exploitation pétro-gazière, le secteur assurantiel sénégalais ne saisit que très peu de cette manne financière colossale.

En effet, malgré la création par anticipation (en 2024) du Pool d’assurance des risques pétroliers & gaziers par les compagnies d’assurances agréées au Sénégal en vue de disposer d’une capacité de couverture suffisante avec l’appui de la SEN-RE (Société sénégalaise de réassurance) et du marché international de réassurance, les assureurs sénégalais ne bénéficient que de 5 % des primes.

Une tendance que la Petrosen compte renverser en synergie avec le Secrétariat technique du Comité national de suivi du contenu local (ST-CNSCL) et la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances (FSSA). 

Lors d’un atelier de concertation sur le dispositif assurantiel dans le secteur extractif, ce jeudi, le directeur général de la Petrosen, Alioune Guèye, a annoncé la création prochaine d’une filiale qui permettra au Sénégal de capter 100 % des primes conformément aux dispositions de la loi sur le contenu local et du Code CIMA qui interdit, en son article 308, « toute souscription d’assurance directe à l’étranger pour des risques localisés dans un État membre ».

« Les primes annuelles d'assurance pour chaque champ tournent autour de 12 à 13 millions de dollars US. Comme vous le savez, on est en train d'exploiter deux champs : GTA et Sangomar. Donc, ça fait au moins 26 millions de dollars US (13 milliards F CFA) de primes d'assurance qui sont versées par les compagnies y compris Petrosen. On est en train de créer une captive d’assurances pour prendre ces primes-là », souligne le directeur de la compagnie pétrolière sénégalaise. Celle-ci sera opérationnelle dès juillet prochain.

Bien que l'ambition soit de faire profiter les acteurs locaux de cette manne, le secteur privé de l’assurance fait face à des contraintes juridiques de capacité technique et financière pour couvrir des risques de grande envergure, souvent réassurés à l'international. Ce qui limite la rétention locale de ces primes, selon le secrétaire technique du CNSCL, Dr Mor Bakhoum.

« Il y a une considération technique et juridique qu'il faut régler. Parce que dans la loi sur le contenu local, le secteur des assurances fait partie de ce qu'on appelle le régime exclusif qui est réservé exclusivement aux entreprises locales. Mais ce qu’on constate c’est que l'essentiel des sociétés qui sont actives au niveau national, sont des sociétés de droit sénégalais, mais qui ne répondent pas totalement à ce critère d'entreprise local qui exige que 51 % du capital soit détenu par des nationaux », confie-t-il.

Cette contrainte sera d’ailleurs un des principaux points qui seront discutés lors de cet atelier afin de voir comment réadapter « la notion d’entreprise locale » au contexte actuel.

Auteur: Thiebeu NDIAYE
Publié le: Jeudi 07 Mai 2026

Commentaires (1)

  • image
    DOFF il y a 3 jours
    Toujours dans le populisme, encore et encore dans le populisme. Il n’y a pourtant rien de nouveau dans cette initiative que je trouve, par ailleurs, très pertinente pour PETROSEN, une entreprise qui s’est déjà engagée dans une dynamique de diversification, d’ouverture et de croissance externe. Plusieurs sociétés nationales pétrolières à travers le monde l’ont fait ; pourquoi pas PETROSEN ? La véritable question est plutôt de savoir si le moment est opportun. Une telle démarche doit impérativement s’inscrire dans une stratégie claire et cohérente de croissance. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que l’exploitation n’a démarré qu’il y a à peine un an et demi, avec déjà de nombreuses contraintes, notamment le poids de la dette adossée aux ressources naturelles de PETROSEN, qui demeure une dette publique. Par ailleurs, alors que PETROSEN reste encore défaillante sur plusieurs appels de fonds dans le cadre des joint-ventures avec les compagnies pétrolières internationales, ces dernières accepteront-elles réellement d’assumer des millions de dollars de risques supplémentaires, avec la quasi-certitude qu’en cas de sinistre ou de réalisation du risque, les capacités de couverture des dommages et intérêts seraient insuffisantes ? Gérer, c’est prévoir ; prévoir, c’est anticiper ; mais surtout, c’est planifier, mes chers.

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