Calendar icon
Monday 13 April, 2026
Weather icon
á Dakar
Close icon
Se connecter

Consommer-local : « Aucune graine de riz entier ne sera importée au Sénégal tant que… » (Ministre)

Auteur: Thiebeu NDIAYE

image

Consommer-local : « Aucune graine de riz entier ne sera importée au Sénégal tant que… » (Ministre)

C’est un signal fort envoyé aux marchés internationaux. Le gouvernement sénégalais vient de franchir une nouvelle étape dans sa politique « d'import-substitution ». La mesure phare concerne la céréale la plus consommée du pays : le riz. Désormais, l’importation de riz entier est officiellement suspendue, et ce, jusqu’à l’épuisement total des stocks produits localement.

 « Aucune graine de riz entier ne sera importée au Sénégal tant qu’on n’aura pas épuisé les stocks de riz local », a déclaré, ce vendredi, le ministre de l’industrie et du commerce, Serigne Guèye Diop. Pour accompagner cette décision, un accord a été scellé avec les riziers nationaux, incluant la mise en place d'un fonds de subvention spécifique. L'objectif est, selon le ministre, de garantir un débouché aux producteurs de la vallée et de la Casamance, tout en rendant le prix du riz local plus compétitif pour le consommateur final.

« Les orientations de la politique sectorielle du ministère mettent en avant l’amélioration des chaînes de valeurs, la promotion du consommer-local et la relation des marchés. Dans cette dynamique s’inscrit la nouvelle politique d’import-substitution qu’on a bien réussi », a d’emblée souligné l’autorité qui présidait un atelier de validation du Plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030 de l’Agence de régulation des marchés (Arm) réalisé avec l’appui de l’Agence Belge de coopération international (Enabel).

Il s’est, en effet, félicité des premiers résultats de cette doctrine de souveraineté alimentaire. « C’est la première fois que nous sommes restés 11 mois sans importer un seul kilogramme de pomme de terre. C’est pour cela qu’on a fermé le marché pour permettre aux producteurs d’écouler leurs produits. On a fermé le marché d’importation de la pomme de terre, de l’ognon, de la banane », a-t-il martelé, signalant que ces mesures de fermeture du marché Sénégalais continueront pour protéger les producteurs locaux.

Dans la filière banane, le ministre a salué les excellents résultats enregistrés grâce à cette nouvelle politique. « Nous avons fermé les frontières pendant trois mois et 9 milliards de francs CFA (dépensés annuellement dans l’importation de banane, Ndlr) sont restés au Sénégal », confie le ministre qui ne compte poursuivre la même logique. « L’année prochaine on va passer de trois mois à six mois de fermeture de la frontière malgré les attaques de l’Omc et de la Cedeao. Mon rôle en tant que ministre est de protéger nos agriculteurs, nos industriels et on doit le faire quoi qu’il en coûte », fulmine-t-il.

Mieux, annonce-t-il avec fierté : « dans les trois ans à venir le Sénégal ne va plus importer ni de la pomme de terre, ni de l’ognon encore moins de la carotte ».

Quid des problèmes de stockage ?

Conscient que la protection des frontières ne suffit pas, le gouvernement mise sur une révolution logistique. Un plan d'investissement massif est en cours, selon le ministre, pour la construction de chambres froides d’une capacité globale de 250 000 tonnes.

Ces unités de stockage visent à désengager les agriculteurs des contraintes de commercialisation immédiate et des risques de pertes post-récoltes estimées selon une étude à 30 % des productions vivrières et 60 à 70 % pour les fruits et légumes.

« Nous sommes en train d’investir massivement dans la construction de chambres froides de 250 mille tonnes de capacités pour le stockage des produits agricoles. Il n’y a aucun pays au monde qui n’a pas d’unités de stockage. Cela permettra aux agriculteurs de ne plus s’occuper de la commercialisation de leurs produits. Cela doit incomber aux commerçants et aux importateurs », explique Serigne Guèye Diop. À l’en croire, cela permettra également de stabiliser les prix des produits alimentaires sur toute l’année afin d’éviter les tensions entre l’offre et la demande qui favorisent souvent les tendances haussières notées sur le marché à certaines périodes.

Pour le ministre du Commerce, la souveraineté alimentaire est un pilier essentiel du développement et le nouveau gouvernement en a fait une priorité, surtout en ces périodes de crise mondiale. « La souveraineté alimentaire n’a pas de prix. Aujourd’hui dans ce contexte de guerre dans le Golfe, tous les pays qui n’ont pas de stock de produits alimentaires sont des pays à risque », conclut-il.

Auteur: Thiebeu NDIAYE
Publié le: Vendredi 03 Avril 2026

Commentaires (10)

  • image
    Bravo il y a 1 semaine
    Excellente initiative.
  • image
    Bien il y a 1 semaine
    Bon boulot Sonko Diomaye
  • image
    Question il y a 1 semaine
    Est ce que nekh na comme importé bi? Est ce que c'est le meme prix? J'espere. sinon faudrait pas qu'une bataille perdue de la recherche agricole ne se transforme en dictature de l'assiette.
  • image
    Consommons local il y a 5 jours
    @Question  Perso, je préfère la qualité à la saveur. Le riz local est de meilleure qualité que le riz importé. Sachant que les asiatiques gardent la meilleur qualité de leur riz pour leur marché local.
  • image
    Anonyme il y a 1 semaine
    Il faut que les populations puissent avoir accès à ce riz pour cela essayez de travailler avec la grande distribution. Il faut faire une grande publicité sur les points de vente. C’est un point très important pour l’économie sénégalaise il faut coûte que coûte qu’on soit autosuffisant en riz.
  • image
    W il y a 1 semaine
    Tres bien
  • image
    Junior il y a 1 semaine
    Mais comment contrôler les subventions distribuées ? Les complicités existent et certains risquent s’enrichir en présentant des situations fausses. Trop d’argent est distribué !!
  • image
    Ndeje il y a 1 semaine
    Excellente initiative à haute portée économique et surtout d'équité sociale. Tout le monde mange le même riz !
  • image
    Amadou il y a 1 semaine
    Il a bien dit # Arrêt importation RIZ ENTIER # . A ce que je sache, les sénégalais c’est plutôt le # Riz BRISÉ # importé qu’ils ont l’habitude de manger comme par exemple le Riz Umbrella. . Si je me trouve qu’un sachant m’apporte des éclairages. Merci
  • image
    Awa il y a 1 semaine
    Le problème c'est que le riz entier sénégalais vendu actuellement devient de la bouillie à la cuisson. Celui qui était cultivé il y a une quinzaine d'années était excellent, mais j'imagine que les nouvelles variétés rapportent plus.....
  • image
    local il y a 1 semaine
    chez nous on mangeait que du "parfumé" y a quelques temps mais pour soutenir nos braves parents paysans et contribuer à l'oeuvre d'édification nationale on s'est mis entièrement au riz local et on ne retournera plus au produit importé. Imaginons un peu : si pour des raisons de crise géopolitique il ne restait que le riz local ou rien du tout, on se mettrait au local non?? Habituons nous au local, à ce que nous avons, à ce que nous produisons, aimons ce que nous avons, après tout cela a un sens non? (à croire que dans ce pays y a des gens qui n'aiment pas que les autorités réussissent, qu'il y a même des sénégalais qui n'ont pas aimé NOTRE coupe d'afrique très bien gagnée par les LIONS)
  • image
    Bene il y a 1 semaine
    En cette période de crise mondiale, il est très imprudent de tarir les stocks complètement. Il faut se laisser une marge de manœuvre et ne onpas être émotif en termes de politique économique. L'impact peut-être négatif si les stocks mondiaux s'amenuisent et que la demande soit plus forte que l'offre. Attention
  • image
    Diambar il y a 1 semaine
    Je ne suis pas Sénégalais. Mais chez moi le principe c'est la consommation du riz local . Je m2 rappelle quand les parents voulaient nous faire plaisir ils nous cuisinaient du riz parfumé importé. Tout est question d'habitude et de volonté

Participer à la Discussion

Règles de la communauté :

  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.