Crise à l'UCAD : Le Pr Amath Ndiaye dénonce le sacrifice du social sur l'autel de la dette
Le climat social au Sénégal est marqué par une vive tension après le décès tragique, hier, d’un étudiant de la Faculté de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Ce drame est survenu lors de violents heurts avec les forces de l’ordre. Dans une tribune empreinte de gravité, le Pr Amath Ndiaye, de la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FASEG), livre une analyse critique de la situation.
Face à la répression, l'universitaire pose un constat clair : la force ne peut résoudre une crise dont les racines sont économiques. « Oui au maintien de l’ordre public, mais non au massacre des étudiants », martèle-t-il, avant de rappeler que « la sécurité ne doit jamais remplacer le dialogue social et la responsabilité politique ». Pour lui, le retard de paiement des bourses n'est pas qu'un simple problème technique, mais « une urgence sociale absolue » impactant des milliers de jeunes vivant dans la précarité.
Le poids de la dette et ses conséquences sociales
En tant qu'économiste, le Pr Ndiaye décrypte les causes structurelles de cette impasse budgétaire. Selon lui, les difficultés de l'État à honorer ses engagements sociaux découlent d'une gestion fragile des deniers publics et d'un endettement asphyxiant. « Lorsque la charge de la dette absorbe une part croissante des recettes fiscales et que l’État refuse de restructurer ses dettes, il se retrouve contraint de sacrifier ses obligations sociales et ses priorités essentielles au profit du service de la dette », explique-t-il.
Enfin, l'enseignant-chercheur pointe du doigt le décalage entre le train de vie des institutions et la détresse estudiantine. Il appelle les dirigeants à donner l'exemple pour rendre les réformes acceptables. « Oui au redressement économique, mais les élites au pouvoir doivent faire les premiers sacrifices », prévient-il.
Pour illustrer ce contraste frappant, il cite l'acquisition récente de véhicules de luxe au sommet de l'État : « Sur le plan symbolique, il était difficilement compréhensible d’acheter des véhicules à 50 000 000 FCFA pour les députés alors que les étudiants attendent leurs bourses et que les tensions sociales s’intensifient. »
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