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Emprunts non divulgués du Sénégal : comprendre les causes, les coûts et l'opacité (Pr Amath Ndiaye)

Auteur: Pr Amath Ndiaye

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Emprunts non divulgués du Sénégal : comprendre les causes, les coûts et l'opacité (Pr Amath Ndiaye)

Selon le Financial Times, le Sénégal a mobilisé en 2025 près de 650 millions d'euros auprès de Africa Finance Corporation et de First Abu Dhabi Bank, à travers des instruments financiers complexes appelés Total Return Swaps (TRS). Ces opérations interviennent après la confirmation de l'existence d'au moins 7 milliards de dollars de dettes non déclarées, portant l'encours total à plus de 40 milliards de dollars, soit plus de 130 % du PIB.

Elles s'inscrivent dans un contexte marqué par la suspension du programme avec le FMI, la dégradation de la notation souveraine et des tensions croissantes sur les capacités de financement du pays.

Les causes : une contrainte de financement devenue critique

Le recours à ces emprunts non divulgués s'explique d'abord par une fermeture progressive des marchés internationaux. La perte de crédibilité budgétaire a entraîné une hausse des primes de risque, rendant les émissions d'eurobonds difficiles, voire inaccessibles. Dans le même temps, le marché régional UMOA-Titres ne dispose pas de la profondeur nécessaire pour couvrir des besoins de financement importants et répétés.

À cela s'ajoute la suspension du programme avec le FMI, qui prive le Sénégal non seulement de ressources financières, mais aussi d'un signal essentiel de confiance. La révélation des dettes cachées a renforcé la défiance, plaçant le pays dans une situation de tension de liquidité immédiate. Dans ce contexte, les TRS apparaissent comme un instrument de dernier recours : un financement déguisé où un pays obtient rapidement du cash en échange de ses obligations, tout en continuant à payer des intérêts et en prenant des risques supplémentaires.

Coûts et risques : un financement cher et porteur de fragilités

Le principal inconvénient des TRS réside dans leur coût particulièrement élevé. Contrairement à un emprunt classique, le Sénégal supporte un double niveau de charge : le rendement des obligations utilisées comme garantie et un taux de financement indexé sur l'Euribor auquel s'ajoute une marge. Au total, le coût peut atteindre environ 12 % par an, contre 6,4 % à 7 % sur le marché régional UMOA-Titres — soit un financement près de deux fois plus coûteux.

Ces opérations reposent sur une sur-collatéralisation, introduisent une hiérarchie implicite entre créanciers et exposent le pays à des appels de marge. Le risque n'est pas théorique : l'Angola en 2025 a dû faire face à un appel de marge d'environ 200 millions de dollars suite à un mécanisme similaire. Les TRS permettent de gagner du temps à court terme, mais au prix d'une fragilisation accrue à moyen terme.

Le pourquoi de l'opacité : entre technique et stratégie

L'opacité qui entoure ces opérations tient en partie à leur nature : les TRS sont des produits dérivés, souvent non comptabilisés comme des emprunts classiques. Mais cette opacité répond aussi à des logiques stratégiques : éviter d'envoyer un signal négatif aux marchés, respecter des clauses de confidentialité, ou préserver une marge de négociation avec le FMI. Cette absence de transparence finit par fragiliser la crédibilité financière du pays.

En conclusion, le Sénégal ne paie pas seulement un taux d'intérêt élevé. Il paie aujourd'hui le prix de l'érosion de la confiance. La priorité est claire : restaurer la transparence, rétablir la crédibilité et revenir à des modes de financement soutenables.

Pr Amath Ndiaye, FASEG-UCAD

Auteur: Pr Amath Ndiaye
Publié le: Mardi 24 Mars 2026

Commentaires (7)

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    Mr le Ministre debout ! il y a 2 heures
    Il faut que le Ministre des Finances réagisse plus frontalement en démenti clair et ferme et tape sur le le journal " Financial time". Si c'est un Mensonge, à qui profite le crime ? Le Ministre des Finances doit réagir plus vite et fermement, faut pas laisser l'occasion à l'opposition le soin de danser en pas endiablés de Mbalakh. Une opposition qui souhaite tout le malheur du monde à leur Pays à cause de....Sonko leur ennemi de cœur
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    Karim-USA il y a 2 heures
    Après la loi contre l'homosexualité, les médias occidentaux vont inventer toutes sortes d'histoires pour tenter de faire échouer ce gouvernement. Mais ils doivent se reposer, parce que quand Macky était encore au pouvoir, ils ont tout tenté pour combattre SONKO. Moi, un jour, sur une chaine française nommée LCI, j'entends une femme journaliste dire en toute tranquillité : "Ousmane SONKO est un Islamiste", ce jour là j'avais peur et j'étais en colère mais incapable de répondre à cette menteuse. Et pourtant aujourd'hui SONKO est au pouvoir, malgré tout ce qu'ils ont tenté pour l'en empêcher.
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    Julio il y a 2 heures
    Le ministre des finances n'a rien à démentir. Tout a été explique et dans la loi de finance 2025. Ce régime a juste trouvé un moyen d'emprunter pour payer ses dettes malgré le blocage mondial du FMI. On a un régime souverain et très intelligent qui contourne le FMI légalement. Tout le Sénégal doit les encourager. On avance., rien a voir ici.
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    Dette il y a 1 heure
    Dettes cachées Emprunts non divulgués lousi dess 6 moy 9 rek peulh moy sereer rek
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    bornés il y a 1 heure
    l'aveuglement de certains qui essaient de cautionner tout et n'importe quoi va nous couter cher. C'est quand même clair
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    Thiédo @ il y a 1 heure
    C'est une dette cachée et non divulguée de 650 millions d'euro. Et le parlement sénégalais n'a pas été informé, ce qui représente une violation flagrante et délibérée de nos lois et réglements.
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    Kopm il y a 1 heure
    Le ministre des finances kagne ne va pas réagir. C est le résultat de sa gestion "active" et "scientifique" de la dette... Ces gens là se paient de mots et vont finir par mener le pays dans le gouffre.
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    Parlez plus il y a 38 minutes
    Il n’est effectivement pas exclu que le lobby LGBT ne fasse plus de cadeaux à notre pays mais c’est leur problème ! Cela dit, le ministre des finances et d’autres devraient avoir l’habitude de s’expliquer un peu plus souvent devant leurs compatriotes. Ces gens n’expliquent jamais rien

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