Pr Aliou Thiongane (Pnlp) : « Tout n’est pas encore gagné dans la lutte contre le paludisme »
À l’occasion de la Journée mondiale du paludisme, le professeur Aliou Thiongane, coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), revient sur les avancées enregistrées, tout en appelant à maintenir une vigilance maximale pour atteindre l’objectif d’élimination d’ici 2030.

Comment le PNLP compte-t-il marquer cette journée ?
Même si les activités physiques ont été différées, nous avons tenu à maintenir une forte mobilisation à travers les médias. Radios, télévisions, presse écrite et plateformes numériques sont mises à contribution pour sensibiliser et informer. L’objectif est de partager les résultats obtenus et de rappeler que la lutte contre le paludisme reste une priorité nationale.
Quels sont les progrès les plus marquants ?
Les résultats sont significatifs. En 2025, l’incidence du paludisme est passée à 12,8 pour mille habitants, contre 22,8 pour mille en 2024. La mortalité a été réduite de moitié, passant de 314 à 151 décès en un an. Sur le long terme, les progrès sont encore plus parlants : entre 2000 et 2025, la morbidité proportionnelle est passée de 35 % à 1,4 %, et la mortalité proportionnelle à 0,7 %. Aujourd’hui, plus de 92 % des districts sanitaires sont en phase de pré-élimination selon les critères de l’OMS.
On note encore des défis persistants, pouvez-vous y revenir ?
Certains foyers de transmission restent actifs, notamment à Touba, Diourbel, Kaolack, Kédougou, Tambacounda et Kolda. Des populations spécifiques, comme les transhumants, les orpailleurs et les talibés, sont également plus exposées. À cela s’ajoutent des défis émergents, notamment les effets du changement climatique et les risques de réintroduction du paludisme à travers les frontières.
Quelle est votre stratégie pour 2026 ?
Le thème de cette année, « Motivés pour éliminer le paludisme : maintenant nous pouvons, maintenant nous devons », traduit notre engagement. Nous mettons l’accent sur des gestes simples : dormir sous moustiquaire imprégnée, consulter rapidement en cas de fièvre et suivre correctement les traitements. Nous insistons aussi sur le rôle essentiel des médias et de la communauté dans cette lutte.
Est-ce que vous pouvez revenir sur les perspectives pour les années à venir ?
Notre ambition est d’atteindre un Sénégal sans paludisme. Cela nécessite de renforcer la surveillance, d’intensifier les interventions et d’encourager l’innovation. Les acquis sont importants, mais ils doivent être consolidés.
Le paludisme peut-il être évité ?
Oui, c’est une maladie évitable et curable. Mais cela exige une vigilance constante. J’appelle chaque citoyen à adopter les bons réflexes et à s’engager dans la lutte. Ensemble, nous pouvons atteindre cet objectif.
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