Affaire Boffa Bayotte : René Capain Bassène brise le silence après sa sortie de prison
La libération de René Capain Bassène, journaliste d’investigation incarcéré depuis plus de huit années, marque un tournant symbolique dans l’affaire de Boffa‑Bayotte. Grâce à la décision du président Bassirou Diomaye Faye, qu’il qualifie lui‑même de « réparation d’une injustice », Bassène retrouve la liberté mais porte encore le poids des accusations et des souffrances endurées.
Dans ses premiers mots, le sieur Bassène a exprimé un profond mea culpa envers les familles des victimes : « Je demande pardon à ceux qui ont perdu leurs enfants, leurs frères, leurs épouses. Que Dieu les aide, qu’il les soutienne pour qu’ils puissent surmonter cette épreuve. » Ses paroles traduisent à la fois la douleur d’un homme brisé et la volonté de se rapprocher de ceux qui continuent de souffrir. Il insiste sur le fait qu’il n’a « rien fait », qu’il est « victime et témoin » de cette affaire, et qu’il n’a jamais cessé de clamer son innocence.
René Capain Bassène a dénoncé le traitement qui lui a été infligé, les étiquettes de « rebelle » ou d’« instrument politique » qu’on lui a collées, et rappelle que son combat est celui de la vérité. « Je ne vais pas mentir sur ma mère, je ne vais pas mentir sur mon frère, je ne vais pas mentir sur mon neveu. Il y a des choses qu’on ne peut pas faire. Je ne peux pas payer, je ne peux rien faire, mais je demande pardon », confie‑t‑il, soulignant la fatigue de sa famille et l’épreuve traversée par ses proches.
Au-delà du pardon, il a formulé une requête simple et humaine : pouvoir retourner travailler pour s’occuper de ses enfants et reconstruire sa vie. « Qu’on me laisse retourner travailler », implore‑t‑il, conscient que le temps perdu ne pourra jamais être rattrapé, mais déterminé à combler ce manque auprès des siens.
Sa déclaration est aussi un appel à la lumière et à la justice pour les victimes de Boffa‑Bayotte. « Je prie pour que la vérité soit faite », répète‑t‑il, insistant sur le droit des familles à savoir qui a réellement tué leurs proches. Pour lui, la grâce présidentielle ne doit pas clore le dossier mais ouvrir la voie à une vérité indispensable à la mémoire collective.
En affirmant que le président « a réparé une injustice », René Capain Bassène place son témoignage dans une perspective plus large : celle d’un État qui reconnaît les erreurs et d’un homme qui, malgré les blessures, choisit de pardonner et de continuer à réclamer justice. Sa libération est ainsi à la fois un acte politique fort et une étape dans un combat qui reste inachevé.
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