Finance islamique : « Un marché mondial de 4 000 milliards de dollars en pleine croissance », selon Mouhamadou Lamine Mbacké
Le développement de la finance islamique dans le monde ouvre de nouvelles perspectives économiques, mais il reste fortement dépendant de la disponibilité de compétences spécialisées. C’est l’avis du président de le président de l’Institut africain de finance islamique (AIIF), Mouhamadou Lamine Mbacké,
« Si on parle de finance islamique au niveau mondial, on parle de 4 000 milliards de dollars d’actifs avec un taux de croissance entre 15 et 25 % », a indiqué l’invité de Seneweb Eco de ce dimanche 15 mars 2026. Pour lui, cet essor s’explique en grande partie par l’attrait d’une finance reposant sur des principes éthiques et équilibrés.
« Même les non-musulmans sont plus favorables à la finance islamique qu’à la finance conventionnelle, parce que la finance islamique a une éthique qui permet de s’assurer que ni la banque ni le client ne sont lésés », a soutenu Mouhamadou Lamine Mbacké.
Le président de l’Institut africain de finance islamique souligne également la résilience de ce modèle face aux crises financières internationales. « Les banques islamiques sont sorties indemnes de la crise », a-t-il affirmé, estimant que ce système contribue à « mettre en place une économie stable, où il n’y a pas de bulle spéculative ni de taux d’intérêt composé qui finit par éclater ».
Cependant, malgré ce potentiel, le développement de la finance islamique reste confronté à un déficit de compétences spécialisées. « Le manque de banquiers et d’experts qualifiés est aujourd’hui l’un des principaux obstacles », a déclaré Mouhamadou Lamine Mbacké.
Selon lui, l’expérience de certains pays montre l’importance de bâtir rapidement une masse critique de spécialistes. « C’est l’expertise qui a manqué », a-t-il expliqué, prenant l’exemple du Maroc qui, depuis l’introduction de la finance islamique en 2017, a réussi à structurer un écosystème solide grâce à des compétences dédiées.
Au Sénégal, l’AIIF affirme avoir déjà contribué à la formation de nombreux professionnels. « Nous avons formé plus de 2 000 experts en la matière, mais cela aurait pu être soutenu davantage par l’État », a-t-il regretté.
Pour le président de l’Institut africain de finance islamique, la montée en puissance de ce secteur passe nécessairement par un investissement accru dans la formation et la valorisation de l’expertise locale. « Pour mettre en place un sukuk, il faut un spécialiste du marché des capitaux formé à la finance islamique », a-t-il insisté, soulignant que la demande pour ces compétences reste forte à l’échelle internationale.
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