CAN 2025 : « Le droit est du côté du Sénégal », Me Doudou Ndoye démonte l'argumentaire de la CAF
Invité du Jury du Dimanche sur iRadio, Me Doudou Ndoye, figure emblématique du barreau, a livré une analyse juridique tranchée sur la décision du comité d’appel de la Confédération Africaine de Football (CAF) ayant retiré au Sénégal son titre de champion d’Afrique.
Qualifiant cette décision d'« injuste », l'avocat a d'emblée rappelé que des légendes du football mondial, telles que George Weah, Samuel Eto'o ou encore Didier Deschamps, ont exprimé leur totale incompréhension. Pour lui, leur position traduit une évidence universelle : « Le football se gagne sur le terrain, pas dans les bureaux. »
Le cœur du débat : une « mauvaise interprétation » de l’article 82
Pour Me Ndoye, l'édifice juridique de la CAF repose sur une erreur fondamentale. Le comité d’appel s’est appuyé sur l’article 82 du règlement de la CAN, qui prévoit l’élimination d’une équipe en cas de manquement. Or, l'avocat insiste sur une précision capitale du texte : l'expression « de la compétition en cours ».
« Une sanction ne peut s’appliquer que pendant le déroulement de la compétition. Une fois la finale jouée, la compétition n’est plus "en cours". Par conséquent, aucune sanction ne peut rétroactivement retirer un titre. Quand l’arbitre siffle la fin, le tournoi est terminé », martèle-t-il. Invoquant le principe de l'interprétation stricte du droit répressif, il ajoute : « On ne peut ni étendre, ni interpréter librement une règle qui sanctionne. Cela doit se faire sur un texte clair, appliqué à la lettre. »
Par ailleurs, Me Ndoye souligne un point de droit civil crucial : l'acquiescement. En acceptant de poursuivre le match, de reprendre le jeu et de participer à la séance des tirs au but, le Maroc aurait, selon lui, renoncé à sa contestation. « On ne peut pas accepter de jouer, puis contester après coup », tranche l'avocat.
Alors que le Sénégal a officiellement saisi le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), Me Doudou Ndoye estime que la défense sénégalaise est particulièrement solide. Pour lui, le TAS doit impérativement annuler cette décision pour éviter de créer un précédent dangereux.
L’avocat met en garde contre une décrédibilisation totale du football africain : « Si cette décision est maintenue, plus aucun joueur ne se battra sur le terrain si une décision administrative peut tout annuler après coup. » Pour Me Doudou Ndoye, le dossier est limpide : la CAF a mal appliqué son propre règlement et seule une correction par les juges de Lausanne peut préserver l’intégrité du sport continental.
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