Guerschon Yabusele: l’héritage congolais, la diaspora et un nouveau défi à New York
L’histoire de Guerschon Yabusele va bien au-delà d’un contrat NBA et des statistiques de basket. Né à Dreux, en France, de parents originaires de la République Démocratique du Congo, il incarne à la fois la réussite d’un enfant des diasporas africaines et la force de deux cultures qui s’entrelacent.
Dans une interview exclusive, nous l’interrogeons avant tout sur ce que son héritage africain représente pour lui.
« Beaucoup de choses. D’abord les valeurs. J’ai reçu énormément de mes parents, de tout ce qu’ils ont transmis à ma famille, à mes frères et sœurs. Ils ont apporté avec eux les valeurs du pays, la culture aussi. C’est ce qui me complète, ce qui fait qui je suis aujourd’hui. J’essaie de garder tout cela avec moi, chaque jour. »
Ses racines congolaises sont un pilier de son identité. Une force qui le suit dans tous les vestiges de sa carrière, mais aussi une responsabilité: représenter la diaspora, inspirer ceux qui rêvent de basketball en Afrique ou ailleurs. « Je viens d’un pays qui souffre beaucoup mais j’ai grandi dans une situation assez différente. C’est pour ça que, malgré tout ce qui arrive, j’essaye de rester positif et je garde le sourire. Et ça me fait avancer chaque jour dans la vie »
Le sport a été fondamental dans sa famille, avec un père ancien boxeur. C’est lui qui a transmis à ses enfants son énorme combativité et discipline.
« Depuis mon enfance, il nous a appris un peu ses valeurs de travailler dur dans les moments difficiles. J’ai beaucoup de souvenirs de quand j'étais petit, le week-end, où il nous réveillait tôt pour aller courir ou nous entraîner. Même quand on n'avait pas envie, il nous montrait que ce n’est pas toujours facile et qu’il faut travailler. Et aujourd'hui ça me sert beaucoup et je suis content d'avoir écouté ses conseils.»
Avant de devenir basketteur, Yabusele était lui-même boxeur.
Ce sport lui a transmis la mentalité de guerrier et beaucoup plus.
« Dans les entraînements de la boxe, on bouge beaucoup les pieds. Donc aujourd'hui, ça m'aide beaucoup aussi sur le basket. La rapidité des pieds, c'est quelque chose qu'on m'a souvent complimenté dessus. »
L’ailier fort vit avec enthousiasme son nouveau défi: jouer pour les Knicks de New York.
« Aujourd'hui j'essaie de trouver mon rôle le mieux que je peux. J'essaie d'aider l'équipe, que ça soit deux, trois minutes, dix minutes, j'essaie d'être à fond à chaque fois que je vais sur le terrain, je veux être prêt, apporter toute mon énergie et tout ce côté positif sur le terrain. »
New York est une scène immense, un environnement qui peut être intimidant, mais aussi un boost de motivation.
« Voilà New York, tout le monde sait ce que New York représente. C'est ma deuxième année que je suis revenu [dans la ligue] donc, je suis toujours dans cette montée où j'essaie de profiter un max. J'essaie d'être humble. Je ne m'occupe pas trop des médias, de ce qui se passe à l'extérieur et j'essaie de rester moi-même. »
Retrouver la NBA, c’est un rêve ravivé et un challenge qu’il veut honorer chaque jour après 5 ans passes loin de la ligue américaine. Revenir en NBA a été « incroyable […] Je vais essayer de me battre chaque jour sur le terrain pour prouver que je peux rester dans cette ligue […] je me motive chaque jour pour aller là-bas et donner tout ce que je peux. »
Le soutien de la diaspora le porte à chaque instant.
« Ça me fait vraiment plaisir. Je reçois beaucoup de messages positifs des gens qui me suivent, qui essaient juste de s'inspirer un peu de mon parcours. […] J'espère que tout le monde apprécie ce que je fais. Et puis, j'essaierai de faire mieux chaque jour. »
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