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70 % des femmes mariées victimes de violences : histoires effarantes derrière le silence des chiffres

Auteur: Yandé Diop

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70 % des femmes mariées victimes de violences : histoires effarantes derrière le silence des chiffres

Derrière la froideur des statistiques et la rigueur des rapports techniques se cachent des destins brisés, des voix étouffées et des quêtes de justice inabouties. À Dakar, dans le cadre d’une journée de réflexion organisée par l’Association des Professionnels de l’Information et du Genre (APIG), en partenariat avec ONU Femmes et la Direction de l’Équité et de l’Égalité de Genre (DEEG), les acteurs du secteur ont lancé un défi aux médias : transformer les données brutes en récits humains capables d’interpeller l’opinion et les décideurs. Car derrière chaque pourcentage se cache une réalité souvent brutale pour les femmes.

Quand les chiffres racontent l’injustice

Au Sénégal, les textes juridiques et les engagements internationaux sont nombreux. Le pays a ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et adhéré à l'Objectif de Développement Durable n°5. Pourtant, derrière ces avancées législatives, les chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) révèlent des réalités préoccupantes : 31,9 % des Sénégalaises déclarent avoir subi au moins une forme de violence, et 70 % des femmes mariées affirment y avoir été exposées depuis leur premier mariage. Plus tragique encore, certaines violences surviennent avant l’âge de 12 ans.

Pour la sociologue Ndeye Fatou Cissé, experte en genre et inclusion sociale, ces données montrent les limites de l’arsenal juridique : « Les lois existent, mais les réalités sociales montrent que l’accès à la justice reste encore très inégal pour les femmes. »

L'économie et la terre : le règne de la précarité

Les inégalités frappent également le portefeuille.

Les femmes ne représentent que 31,3 % des propriétaires d’entreprises formelles. La grande majorité évolue dans l’informel (92,9 %), sans protection sociale. Dans le secteur agricole, le paradoxe est criant : les femmes constituent 70 % de la population active et assurent 80 % de la production alimentaire, mais elles ne dirigent que 11 % des exploitations et possèdent une part infime des terres.

Une parité de façade dans la gouvernance

Si la Loi sur la parité a permis aux femmes d'occuper 41 % des sièges au Parlement, le plafond de verre reste intact au niveau local. On ne compte que 18 femmes maires sur 558 communes et seulement 3 présidentes de conseils départementaux sur 43. Ces chiffres illustrent le fossé entre les promesses politiques et la réalité territoriale.

Médias : entre invisibilité et sexisme

L’espace médiatique n'échappe pas à cette tendance. Au Sénégal, les femmes n'occupent qu'environ 13 % de l'espace dans les contenus médiatiques. Pire, leur expertise est ignorée : durant la pandémie de Covid-19, seulement 27 % des experts interviewés étaient des femmes, alors qu'elles représentent 46 % du personnel de santé.

Ndeye Fatou Cissé dénonce également le traitement médiatique des violences sexuelles : « Lorsqu’un viol est évoqué, on interroge souvent la manière dont la victime s’habillait au lieu de se concentrer sur l’auteur du crime. Comment expliquer alors le viol d’une fillette de trois ans ? » s'interroge-t-elle avec amertume.

Donner un visage aux statistiques

Pour Adama Diouf Ly, présidente de l’APIG, l’enjeu est de « donner un visage à la statistique » pour que l'opinion ne puisse plus détourner le regard. Seynabou Sarr d'ONU Femmes renchérit : « Ces données ne changeront rien si elles restent enfermées dans les rapports techniques. C’est vous, journalistes, qui leur donnez vie. » Pour la DEEG, l'heure n'est plus au constat, mais à l'action pour que la justice de genre devienne une réalité mesurable.

Auteur: Yandé Diop
Publié le: Mardi 17 Mars 2026

Commentaires (4)

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    Hors sujet il y a 1 mois
    Mais est ce que l'agence est fiable déjà juste pour dénombrer la population du Sénégal ce n'est pas exact , moi je dirais il faut juste promouvoir l'accès aux femmes à l'éducation c tout , sexisme de quoi , ce terme existe que depuis 1965 , on es un monde où y'a que les meilleure qui gagnent , si y'a 2 garçons plus fort que toi on va pas juste te prendre parce que t'es une fille sachant que ta une sous moyenne , oui je dirais les femmes doivent être impliqué dans la gouvernance mais tombez pas dans la victimisation, parce que le féminisme prend cette tournure à tout dramatiser, et on ne sait même pas si ces femmes mentent puisqu'il y'a aussi des vicieuses même si on sait qu'il y'en a réellement qui ont subi moi je me méfie de l'ONU ce sont des lobby qui veulent influencer les femmes et adopter leur paradigme occidental , qu'est ce que l'ONU a fait au Sénégal absolument rien qu'ils dégagent chez eux , pour détruire un pays passer par ses femmes ils ont voulu faire la même en Iran et avec les pays musulman soyez pas dupes
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    @Hors sujet il y a 1 mois
    70% aussi ça en fait trop hein..!!
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    Musulmane il y a 1 mois
    Qu'est que le genre fait encore dans nos services étatiques ? l’Association des Professionnels de l’Information et du Genre (APIG), en partenariat avec ONU Femmes et la Direction de l’Équité et de l’Égalité de Genre (DEEG)
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    Ir il y a 1 mois
    Ca a commencé comme ça en iran.
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    Anna il y a 1 mois
    Maltraitance - violence verbale, violence économique, défaut d'entretien, adultère, tchey les hommes sénégalais, occupez vous de vos épouses et de vos enfants avant qu'il ne soit trop tard... vous allez brûler en enfer tellement vous êtes méchants, osb
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    Lucide! il y a 1 mois
    Li motakh des fois vos messages ne passent pas à cause de l’exagération. Il faut dénoncer certes la violence, il faut promouvoir l’égalité des chances, il faut aussi exhorter les femmes à postuler pour des élections. Cependant dire que 70% des femmes mariées ont été victimes de violence mom dou deugue c’est absolument faux. Certes il y a violence verbale et violence physique. Wayeh la vérité est que tu peux pas comptabiliser à chaque fois qu’il y a une prise de bec entre couple comme violence sur la femme parce que si c’est le cas alors 50% des hommes mariés aussi seront victimes de violence si on compte pour compter. Soyons sérieux.
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    Meuw il y a 1 mois
    Ces statistiques sont biaisées . On ne peut pas considérer le fait de leur crier dessus comme une violence quand même, on est au Sénégal, et même partout dans le monde. Les gens exagèrent. Dans ce cas combien d'hommes subissent d'autres formes de violences des femmes et d'autres hommes sans dire mot. Des gens normaux qui vivent ensemble se querelleront ,se battront même des fois et se réconcilieront. Mon épouse me crie dessus, me demande le divorce à chaque dispute, mais reste au foyer et y joue pleinement son rôle et ce depuis 17 ans . Si vous avez la chance d'avoir un enfant sage, surtout fille, tant mieux , sinon pour son éducation il faut une certaine rigueur . Et si c'est ce qu'on appelle violence alors tant pis.

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