Agression présumée d'un enseignant au CEM Boucotte Sud : les dessous d’une affaire qui paralyse Ziguinchor
L’affaire de la présumée agression d’un enseignant par son élève au CEM Boucotte Sud prend une tournure inattendue. Si le système éducatif est paralysé ce mercredi 4 février 2026, les témoignages qui émergent dessinent un scénario bien plus complexe qu'une simple violence gratuite. L’enseignant C. Diatta accuse l’élève P. Dabo de l’avoir blessé avec un morceau de brique lors d’une altercation, une affaire qui a conduit le collégien en garde à vue avant sa libération.
Entre humiliations et harcèlement : le récit de l'élève
Selon plusieurs témoignages concordants, tout aurait commencé en classe. L’enseignant C. Diatta est accusé d'avoir publiquement humilié le jeune P. Dabo. Le collégien affirme avoir été placé au tableau devant ses camarades, où l'enseignant l'aurait traité de « vilain », comparant sa morphologie à celle du footballeur Krépin Diatta. Malgré les moqueries, l'élève soutient être resté calme jusqu'à la fin des cours.
La situation a dégénéré dans la cour de l'établissement à 13 heures. Une camarade de classe serait venue lui toucher la tête en se moquant, provoquant une altercation. Si l'enseignant affirme avoir reçu une pierre en tentant de séparer les deux élèves, P. Dabo soutient une version radicalement différente : il affirme avoir été passé à tabac par deux professeurs, dont M. Diatta. Ce dernier aurait également insulté sa mère, un outrage que le jeune homme de 17 ans dit n'avoir pu supporter, utilisant alors une « petite pierre » pour se défendre.
« Ils m’appelaient tous Krépin » : le poids des moqueries
Le témoignage de P. Dabo est renforcé par celui de ses camarades. Le surnom « Krépin » semble être devenu un outil de harcèlement régulier, utilisé tant par des élèves que par certains professeurs pour se moquer de sa morphologie. La mère de l'élève confirme cette ambiance délétère, précisant que ce terme a été utilisé dès le premier coup de téléphone l'informant de l'incident.
Certains élèves vont plus loin dans la dénonciation des violences subies par leur camarade : « Ils l’ont frappé et enfermé dans la salle. M. Diatta a insulté sa mère devant nous. P. Dabo s’est évanoui entre leurs mains après avoir reçu des coups au dos et au visage », confie un témoin oculaire sous couvert d'anonymat.
Un système éducatif à l'arrêt
En soutien à leur camarade, les élèves du CEM Boucotte Sud ont lancé un mouvement de grève de 48 heures, délogeant plusieurs autres établissements de la ville. Ils refusent de cautionner ce qu'ils qualifient d'actes de violence commis par leurs propres éducateurs.
Ce boycott des cours coïncide avec celui du syndicat G7, qui a également annoncé 48 heures de suspension des cours ce mercredi et jeudi en soutien à leur collègue enseignant. Cette convergence de crises illustre le fossé de méfiance qui s'est creusé entre les acteurs du système éducatif à Ziguinchor.
Commentaires (3)
En plus cet enseignant de 2nde zone se moque de quelqu'un (Krépin) mille fois plus connu ou de renommée mondiale que lui. Kabekouli!
Former un enseignant, c'est pas simplement lui presenter des contenus academiques.
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