Calendar icon
Wednesday 01 April, 2026
Weather icon
á Dakar
Close icon
Se connecter

Brèche de Saint-Louis : l'ADM, l'ANAM, et la SOGENAV scellent un partenariat historique pour un projet intégré

Auteur: Seneweb-News

image

Brèche de Saint-Louis : l'ADM, l'ANAM, et la SOGENAV scellent un partenariat historique pour un projet intégré

En marge de l'atelier national réuni à Saint-Louis autour de la problématique de la Brèche, trois institutions clés ont signé ce mercredi 25 mars 2026 un protocole de partenariat engageant la dynamique d'une solution intégrée et durable à l'une des crises environnementales et humanitaires les plus préoccupantes du Sénégal.

C'est sous les regards attentifs de l’adjoint au Gouverneur de la région de Saint-Louis, du Maire de Saint-Louis et de nombreux représentants institutionnels nationaux et régionaux, qu'un acte décisif a été posé en ce mercredi 25 mars. En effet, l'Agence nationale des Affaires maritimes (ANAM), l'Agence de Développement municipal (ADM) et la Société de Gestion et d'Exploitation de la Navigation (SOGENAV) ont officiellement apposé leur signature sur un protocole de partenariat destiné à coordonner leurs actions autour de la Brèche de Saint-Louis et à porter ensemble un ambitieux projet intégré.

Un fléau ouvert depuis 2003

Ouverte en octobre 2003 à travers la Langue de Barbarie pour préserver la ville de Saint-Louis d'une inondation imminente, la brèche s'est progressivement muée en une plaie béante de plusieurs kilomètres de large. Depuis lors, l'érosion côtière a ravagé des villages entiers comme Doun Baba Dièye et Pilote-Barre, l'intrusion saline a dévasté des terres agricoles, et la navigation à l'embouchure est devenue un véritable cauchemar. L'ANAM recense plus de cinq cents accidents et plus de quatre cents décès parmi les pêcheurs entre 2003 et 2024. Une tragédie humaine qui se répète, saison après saison.

Les experts néerlandais missionnés dès 2014 et 2015 avaient tiré la sonnette d'alarme sur la dégradation accélérée du site. Deux décennies plus tard, les constats de l'ANAM confirment l'aggravation de la situation : ruptures multiples menaçant la Langue de Barbarie, instabilité chronique du chenal, submersion progressive de zones habitées. Les travaux d'urgence de dragage et de balisage, bien que salutaires, demeurent insuffisants face à l'ampleur du phénomène.

La signature : un tournant institutionnel majeur

C'est précisément dans ce contexte d'urgence que la signature du protocole de ce mercredi prend toute sa portée. En réunissant sous un même accord l'ANAM, l'ADM et la SOGENAV, l'État du Sénégal franchit un cap décisif : celui de la coordination institutionnelle, longtemps identifiée comme le maillon manquant de la réponse à la crise.

Dans son allocution, Dr Mahmouth Diop, Directeur général de l'ADM, a souligné l'importance de cette démarche intégratrice : « Je ne doute point que ce protocole de partenariat va durablement participer à mettre en cohérence les initiatives et projets autour de la brèche et l'érosion côtière de Saint-Louis. » Fort de son expérience en tant que maître d'ouvrage de programmes structurants tels que le PROGEP et le SERRP, et de son expertise en matière d'urbanisme résilient, l'ADM s'engage à mobiliser tous les leviers à sa disposition pour l'opérationnalisation rapide du projet.

Le Directeur général de l'ANAM, Monsieur Bécaye Diop, , a quant à lui rappelé l'urgence d'une gouvernance forte et centralisée, seule à même d'apporter une réponse à la hauteur des défis multidimensionnels — sécurité maritime, stabilisation côtière, développement socioéconomique et résilience climatique — que pose la Brèche.

Un projet intégré aux ambitions multiples

Le protocole signé vient concrétiser un projet intégré articulé autour de trois piliers complémentaires. En premier lieu, le dragage et l'aménagement durable du chenal reliant la Brèche au port polonais, pour sécuriser la navigation et mettre fin aux hécatombes. En deuxième lieu, la construction d'un port de pêche moderne doublé d'une base logistique offshore, destiné à transformer Saint-Louis en véritable hub de l'économie bleue. Enfin, la création d'un centre de formation aux métiers de la mer, pour préparer la jeunesse sénégalaise aux emplois de demain.

Ce projet bénéficie du soutien actif du Royaume des Pays-Bas, dont la Commission nationale d'évaluation environnementale (CNEE) a dépêché une équipe d'experts pour partager les leçons tirées d'expériences similaires et accompagner la structuration de solutions fondées sur la nature. L'Ambassadeur des Pays-Bas au Sénégal, présente à la cérémonie, a réaffirmé l'engagement de son pays à accompagner le Sénégal dans cette bataille pour la résilience côtière.

Cap sur la mise en œuvre

L'atelier a regroupé l'ensemble des parties prenantes — institutions nationales, autorités régionales, collectivités locales, organisations de pêcheurs, université Gaston Berger, partenaires techniques et financiers — autour d'une feuille de route partagée. Les échanges, facilités par des experts sénégalais et néerlandais, ont permis d'affiner les orientations en matière de gouvernance et de consolider l'adhésion communautaire.

La signature apposée ce 25 mars à Saint-Louis ne constitue pas une fin en soi, mais bien le point de départ d'une dynamique nouvelle. Pour les milliers de pêcheurs, de riverains et de communautés vulnérables de la Langue de Barbarie, elle représente peut-être l'espoir le plus tangible qu'une réponse à la hauteur de la catastrophe est enfin en marche.

L’on rappelle que l’Adm met en œuvre à Saint-Louis le projet de relèvement d’urgence et de résilience à Saint-Louis (SERRP) qui constitue une  réponse aux conséquences dramatiques des aléas climatiques de 2017 et 2018 qui ont frappé la région de Saint-Louis. Le projet vise à reloger environ 𝟏𝟓 𝟎𝟎𝟎 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐬𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞́𝐞𝐬 de la Langue de Barbarie sur le site de Diougop, dans la Commune de Gandon.

Auteur: Seneweb-News
Publié le: Vendredi 27 Mars 2026

Commentaires (4)

  • image
    sambaffaye il y a 5 jours
    C triste....Voila, en rire ou en crier, l'un des problemes les plus importants du pays et meme pas 1 seul commentaire! L'exemple du laxisme legendaire senegalais qui finit d'engloutr plus de 500 dignes pecheurs destabiliser toute une villle, etc....avec breche ouverte a la hate par des politiciens ignards et personne ne s'en digne ou porte plainte contre les actions criminelles et negligentes des dirrigeants responsables......Tout comme le laxisme du bateau le Joola et les memes causes les memes efffets.....Aujourd'hui la meme chose avec la Terangau Senegalaise qui va finitr par ceder ce pays etrangers envahisseurs sans aucun controle , c l'insecurrite partout dans le le pays et le gouvernement ne fout Rien...C Triste!.......ne supprimer pas mon message...mais c incroyable mais j'oublie que c toujours le meme pays...comment suprrimer des idees des personnes? Du jamais vu!
  • image
    Bibi33 il y a 5 jours
    Avec cette brèche l'homme a profané la nature. Nous ne sommes rien sur cette terre et avons peu de pouvoir sur les océans. La Grande Côte du Sénégal est extrêmement agitée, c'est presque impossible de se baigner sur cette côte à cause de la force du courant. Tenter de modifier le cours naturel de l'eau vers l'océan a été une folie. Oui personne ne s'attendait à la réaction de la nature. Une nature qui nous montre chaque jour que nous sommes de simples et d'éphémères petits êtres prétentieux, de passage sur la terre ferme. Respect à la nature et à son Créateur.
  • image
    Savent fou il y a 4 jours
    Brèche bi dé erreur scientifique moko indi allez voir les vieux ya certains qui sont encore vivant il faut les juger. Mais pour le régler il faut de puissants modèles prédictifs basés sur des séries de données prises avec du gros matériel hardware pas de colobane sur au moins des temps de 6h, 12h, 24h, 48h, 7jours, 30jours, 3 mois, six mois...vous aurez le début du modèle. et dès études topobathymétriques très sérieuses qui coûtent la peau des fesses d'un état les bons profs savent. Après celà vous pourrez aller vers du génie civil serieux bien budgétisé pour des hyperstructures bien dimensionnée. Sinon vous le transformez en zone de préparation de commandos une zone militaire ou vous en faite un port Cest bien possible techniquement. Professeur Goumba Lo notre prof mofi sori rek. Et il na pas de releves. Pardonnez moi pour les fautes de français svp
  • image
    Batendeng il y a 3 jours
    A mon avis c'était une erreur politique et administrative. Les scientifiques sénégalais n’ont pas été associés à cette opération d’ouverture d’un passage pour évier l’inondation de Saint Louis du Sénégal. Les autorités d’alors (Président Abdoulaye Wade) ont fait appel à nos cousins Marocains (SOMAGEC) pour pour conseil en laissant les géomorphologue et géologues sénégalais (Pr Mamadou Moustapha Sall, Pr Amadou Tahirou Diaw, Pr Alioune Kane, Pr Isabelle Niang etc.) en rade alors qu'ils connaissaient mieux les flèches sableuses du littoral sénégalais et leur dynamique

Participer à la Discussion

Règles de la communauté :

  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.