Centenaire d’Abdoulaye Wade : Ziguinchor consacre l'icône scientifique et politique
Un siècle d’existence, une trajectoire scientifique et politique hors du commun : Abdoulaye Wade, professeur-président, est célébré à Ziguinchor. Dans l’Université Assane Seck, temple du savoir qu’il a lui-même contribué à bâtir en 2006-2007, un panel scientifique s’est tenu pour honorer l’homme dont la pensée iconoclaste continue de marquer l’histoire du Sénégal et du continent africain.
Le géographe Omar Sadio, spécialiste en aménagement et développement des territoires, principalement en géofiscalité, a présenté son essai Icône Wade, paru le 2 mai dernier. Cet ouvrage consacre Abdoulaye Wade comme un intellectuel majeur, agrégé d’économie, dont la dimension scientifique précède et nourrit son action politique. « J’appelle à dessein Abdoulaye Wade le professeur, avant même l’homme politique, car sa dimension scientifique est trop souvent oubliée », a-t-il affirmé devant un auditoire composé d’universitaires, d’étudiants.
Le choix de l’Université Assane Seck de Ziguinchor, lieu hautement symbolique, traduit la volonté de rapprocher la recherche académique des enjeux de gouvernance. « Il n’y a pas mieux que de se retrouver ici pour honorer cet homme dont la multidimensionnalité n’est plus à démontrer », a insisté Omar Sadio.
Le panel a permis de créer un pont entre enseignants-chercheurs et autorités politiques, afin que les productions scientifiques ne restent pas cloisonnées mais irriguent les politiques publiques.
Les débats ont mis en lumière la vision panafricaniste de Wade, qui anticipait déjà les mutations du monde multipolaire. Omar Sadio a rappelé : « L’Afrique doit s’inspirer des modèles asiatiques et occidentaux, mais baliser sa propre trajectoire. J’ai conceptualisé la route transsaharo-atlantique pour transformer des routes chargées de négativité en leviers de développement. »
Dans un contexte marqué par l’émergence des BRICS+, les intervenants ont insisté sur les ressources immenses du continent : pétrole, gaz, minerais critiques, forêts et surtout jeunesse.
La jeunesse, décrite par Wade comme « le fer de lance du développement », a occupé une place centrale dans les échanges. « Dis-moi quelle jeunesse tu as, je te dirai quel peuple tu seras », rappelait-il. Les panélistes ont exhorté les autorités à investir dans la formation et l’innovation pour transformer cette énergie en moteur de progrès. Yves-Séphane Smith, cité lors du symposium, décrivait l’Afrique comme « un continent jeune mais révolté », exigeant une éducation de qualité et un accompagnement résolu.
Enfin, un appel fort a été lancé aux autorités étatiques actuelles : revisiter les grandes pensées panafricanistes de Wade à Nkrumah pour bâtir une Afrique industrialisée et créative. « Le problème de l’Afrique n’est pas seulement politique. Il est économique. Le développement passera par l’industrialisation et la création de champions économiques », a martelé Omar Sadio. Wade, homme de paix et de dialogue, reste une référence pour établir un climat politique apaisé et consensuel, inspirant une nouvelle génération de dirigeants.
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