Conférence de l’Udofao (25 et 26 mars) : L’inclusion des femmes sera au cœur des débats fiscaux
La ville de Mbour abritera, les 25 et 26 mars 2026, la 12e Conférence annuelle internationale de l’Union des ordres fiscaux de l’Afrique de l’Ouest (Udofao), un rendez-vous majeur pour les professionnels de la fiscalité dans la sous-région.
En prélude à cet événement, la cérémonie de lancement a servi de tribune aux femmes fiscalistes pour faire entendre leurs préoccupations, notamment leur faible implication dans l’élaboration des politiques fiscales.
Cette prise de parole intervient en marge de la 3e Conférence annuelle internationale du groupement des femmes fiscalistes de l’Afrique de l’Ouest, prévue le 24 mars, autour du thème «Femme, politique et souveraineté économique en Afrique de l’Ouest : Harmoniser l’égalité du genre et la responsabilité fiscale».
Présidente de l’Association des femmes fiscalistes du Sénégal, Ndèye Fatou Cissé a souligné que cette rencontre vise à évaluer la place des femmes dans la souveraineté économique des États, tout en plaidant pour un renforcement de leur rôle dans la gouvernance fiscale.
«Durant cette journée, nos échanges porteront sur l’implication des femmes dans la souveraineté économique ainsi que sur leur contribution à la gouvernance fiscale. Une session de sensibilisation sur la santé des femmes, notamment la ménopause, est également prévue», a-t-elle annoncé.
Le choix du thème, selon elle, répond à un paradoxe persistant. Alors que les États mettent l’accent sur la mobilisation des recettes fiscales pour soutenir le développement durable et la souveraineté économique, les femmes restent largement en marge des politiques fiscales.
«Les études montrent que 90 % des femmes en Afrique de l’Ouest évoluent dans le secteur informel et les petites et moyennes entreprises. Elles sont pourtant au cœur du fonctionnement de nos économies, mais demeurent insuffisamment prises en compte dans les politiques fiscales», a-t-elle déploré.
Elle a également mis en lumière les obstacles structurels auxquels ces femmes font face : accès limité au financement, contraintes réglementaires et systèmes fiscaux parfois inadaptés, qui pèsent davantage sur les petites entreprises.
Pour Ndèye Fatou Cissé, ces assises doivent permettre d’instaurer un dialogue inclusif afin d’intégrer davantage la dimension genre dans les politiques fiscales. « Un développement économique durable ne peut se faire sans une participation pleine et entière des femmes aux processus décisionnels », a-t-elle insisté.
De son côté, le président de la section fiscale de l’Ordre national des experts du Sénégal, Dr Mouhamed Dièye, a rappelé les enjeux de cette 12e conférence. Il a souligné le rôle central de la section fiscale, qui regroupe près de la moitié des membres de l’ordre, dans l’encadrement de la profession, la formation et la lutte contre l’exercice illégal.
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